Samedi le 5 octobre, le Collectif Emma Goldman a organisé un souper spaghetti suivi par une projection d’un documentaire à la vieille prison de Chicoutimi. Il s’agissait du dernier événement de ce marathon d’occupations de divers terrains du centre-ville. [1] 
Pour la soirée, la cour avant de cette bâtisse désaffectée depuis 2015 a été transformée en cinéma à ciel ouvert. C’est le documentaire « Sur les toits » [2] qui a été projeté sur le mur avant de l’ancienne prison. Un documentaire s’intéressant à certains acteurs des révoltes dans les prisons de Nancy et de Toul dans les années 70 en France. Révolte qui a résulté par la prise de conscience des conditions inhumaines que vivaient les prisonniers de l’époque. Un documentaire qui retint quelque passant le temps d’échanger, autour d’un bol de spaghetti, sur les projets possibles qu’une telle installation pourrait offrir aux habitants et habitantes du quartier si la volonté gouvernementale se mettait de la partie.
Effectivement, plusieurs passants ont affirmé le besoin criant d’une augmentation des lieux d’habitation à prix modique dans le centre-ville. Un beau compromis pour être en mesure de garder le caractère patrimonial de la bâtisse tout en servant les intérêts des habitants historique du centre-ville, c’est-à-dire les classes populaires. La démolition présumée d’une telle installation pour la construction d’une énième tour à condos ne semblait pas être du goût des personnes présentes.
Oeuvre d’un étudiant en art du Cégep de Chicoutimi

La soirée s’est terminée sur une discussion plus large sur le milieu carcéral québécois et du caractère de plus en plus répressif instauré depuis les années Harper. Même si dans l’opinion publique, l’idée que nos prisons canadiennes sont des « paradis pour la réhabilitation » reste tenace.

Ce n’est pas la première fois que les citoyens et citoyennes se mobilisent autour de cette vieille prison pour y réclamer un réaménagement qui servirait aux gens du coin.  Plus tôt cet été, une dizaine de citoyens et citoyennes s’était rassemblée pour un midi-discussion autour de la réappropriation citoyenne des lieux.
C’est avec la multiplication des événements autour de ces endroits laissés vacants ou délaissés par la ville et les gouvernements que nous réussirons à nous réapproprier le quartier des mains des promoteurs, parc par parc, brique par brique. 

Article publié le 11 Oct 2019 sur Ucl-saguenay.blogspot.com