Janvier 6, 2021
Par La Horde
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Lu sur Dijoncter.info : fin décembre, 4 personnes ont été agressées par des fascistes à Chalon-sur-Saône. Retour sur les faits, réactions publiques, et un point sur l’extrême droite chalonnaise.

Vendredi 18 décembre à Chalon-sur-Saône 4 personnes dont la présidente de la Cimade 71 et deux membres du PCF ont été agressées par deux militants d’extrême-droite. Cette agression, a eu lieu alors que les victimes quittaient un rassemblement organisé à l’occasion de la Journée internationale des migrants.

Dans un communiqué, les membres du PCF 71 ont tenu à apporter leur soutien au Collectif Chalon Solidarité Migrants (dont ils font partie) et à la Cimade Chalon, ainsi qu’à dénoncer la lacheté de cette agression par surprise, dans le dos, et visant notamment deux personnes retraitées.

Cette attaque a été revendiquée par des membres de l’extrême-droite sur Telegram : “Au terme d’une manifestation d’une soixantaine de gauchistes, en soutien aux migrants, deux nationalistes Bourguignons attaquent les jeunes PCF. Sous la pression, ils abandonnent leurs matériels.”

Revendication accompagnée d’une photo où l’on voit des pancartes prises aux militants et un drapeau bourguignon.

Pour les membres du PCF « il est certain que cette opération était préméditée ». Ils sont également convaincus de la participation d’une troisième personne.

L’extrême-droite à Chalon-sur-Saône

La présence de groupuscules fascistes et nationalistes à Chalon n’est pas nouvelle. Dés les années 80 le FN local comptait dans ses rangs des personnalités ouvertement néo-nazies, comme Christian Launay, qui s’était notamment illustré en accrochant un drapeau à croix gammée à la fenêtre de la permanence du FN pendant les élections cantonales de 1988. Il était par ailleurs membre du DPS, la milice le « service d’ordre » du FN et du RN, fondée par un ancien de l’OAS[].
Il sévit toujours localement en organisant notamment des concerts de groupes d’extrême-droite en Saône et Loire, et son épouse a été candidate du parti d’extrême-droite SIEL aux législatives de 2017, et sous l’étiquette RN aux municipales de 2020 (dans deux ville sous deux noms différents !).
Aujourd’hui c’est la section locale du Parti de la France qui réunit l’extrême-droite chalonnaise la plus radicale autour de Sandrine Debode et de Benjamin Lematte. C’est eux qui sont notamment à l’origine du rassemblement contre l’installation d’un centre d’accueil des migrants à Pouilly-en-Auxois en 2015. Lematte, ancien du Front National de la Jeunesse (FNJ)  avait déjà été convoqué pour des dégradations sur ce centre d’accueil.

Communiqué du PCF 71 (extrait)

Cette agression s’inscrit dans un continuum de délits contre notre parti, à l’échelle nationale et locale (dégradations de locaux, y compris à Chalon s/Saône, agressions physiques de camarades, d’élus et de leurs familles…).

Elle s’inscrit également dans un climat de violence de l’État contre les migrants et contre celles et ceux qui défendent les Droits de l’Homme, mais aussi contre les citoyens qui contestent la politique antisociale du gouvernement. Cette violence illégitime de l’appareil d’État encourage la parole et les passages à l’acte des extrémistes racistes et réactionnaires.

Comme dans les heures les plus sombres de notre histoire, l’extrême-droite s’en prend en priorité aux femmes et aux hommes engagés dans les combats pour la paix, la solidarité entre les peuples, contre le fascisme, le colonialisme et le racisme.

Il n’est pas anodin que cet événement survienne à Chalon dans le climat politique entretenu par la droite et l’extrême-droite. Celles-ci tentent de détourner la colère légitime contre un système capitaliste inégalitaire et destructeur, vers des boucs émissaires rendus responsables de la situation (Pauvres, Musulmans, Juifs, Réfugiés…).

Nous demandons solennellement à l’ensemble des élus chalonnais, à M. le Maire de Chalon s/Saône, à M. le Député, qui se réclament des valeurs de la République, de prendre leurs responsabilités et de condamner publiquement cette agression et d’affirmer leur volonté de combattre les idées d’extrême-droite.
[…]
Nous appelons toutes les organisations chalonnaises à se rassembler dès janvier pour faire front contre la montée de l’extrême-droite.

Communiqué du Collectif Chalon Solidarité Migrants

Vendredi 18 décembre quatre militants actifs du Collectif Chalon Solidarité Migrant (dont deux femmes retraitées et une jeune étudiante) se sont fait agresser par deux jeunes individus.

En premier lieu nous tenons à apporter tout notre soutien à l’ensemble des nombreux militants de notre association.

Cette agression a été revendiquée.
Sans surprise il s’agit de militants d’extrême droite.
Cette opération était sans nul doute possible, préméditée, et dans la lignée des techniques d’intimidations si chères à ces groupuscules dès les années 30.
Sur fond de politique gouvernementale anti migrants, comme la démonstration de force d’évacuation du camp de réfugiés à Paris le 23 novembre dernier.
Sur fond d’un climat délétère cherchant des coupables à tous les maux de nos sociétés occidentales, les groupuscules d’extrême droite n’ont plus peur de commettre leurs méfaits en plein centre-ville et aux yeux de tous.
Cette situation est plus qu’alarmante et ne peut que nous rappeler les heures les plus sombres de notre pays, pas si lointaines que ça.
Le collectif affirme qu’il ne cédera pas aux pressions des organisations d’extrême droite et qu’il continuera son travail de dédiabolisation des migrants auprès de la population chalonnaise.
De même le Collectif appelle tous les élus chalonnais, tous les syndicats, tous les responsables politiques et toutes leurs organisations, à dénoncer publiquement cette lâche agression et faire bloc contre la montée des idées d’extrême droite.
Nous exprimons également notre sincère reconnaissance à cette jeune lycéenne et à sa famille qui sont intervenues de suite, dès qu’elles ont vu l’agression. Merci de leur soutien et de leur comportement citoyen qui fait chaud à l’Humanité.

Le Collectif Chalon Solidarité Migrants.




Source: Lahorde.samizdat.net