Janvier 4, 2021
Par Demain Le Grand Soir
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Le père de Chahdortt Djavann a élevé sa fille « dans l’amour des livres et la détestation des mollahs ». Après la révolution islamique en Iran, elle est forcée d’arrêter de lire de grands auteurs pour étudier le Coran et elle est voilée de force. En juin 1980, alors qu’elle a 13 ans, elle est incarcérée trois semaines pour avoir manifesté contre le régime. Elle est tabassée et a deux côtes cassées. Elle arrive en France en 1993 sans être francophone. Elle fait l’auto-apprentissage du français. Elle s’inscrit à l’École des Hautes Études en Sciences Sociales. Elle y rédige son mémoire sur « L’endoctrinement religieux et l’islamisation du système d’éducation en Iran après l’instauration du régime Khomeiniste » – une étude basée sur l’analyse des manuels scolaires. Puis elle devient écrivaine. Passionnée d’échecs, ses ouvrages sont traduits en plusieurs langues. Elle a écrit de nombreux livres, articles ou tribunes dans les journaux.

Sur le voile :

« J’ai porté dix ans le voile. C’était le voile ou la mort. Je sais de quoi je parle »

« ​Mais qu’est-ce que c’est que porter le voile, habiter un corps voilé ? Que signifie être condamnée à l’enfermement dans un corps voilé puisque féminin ? Qui a le droit d’en parler ? J’avais treize ans quand la loi islamique s’est imposée en Iran sous la férule de Khomeyni rentré de France avec la bénédiction de beaucoup d’intellectuels français. Une fois encore, ces derniers avaient décidé pour les autres de ce que devaient être leur liberté et leur avenir. Une fois encore, ils s’étaient répandus en leçons de morale et en conseils politiques. Une fois encore, ils n’avaient rien vu venir, ils n’avaient rien compris. Une fois encore, ils avaient tout oublié et, forts de leurs erreurs passées, s’apprêtaient à observer impunément les épreuves subies par les autres, à souffrir par procuration, quitte à opérer, le moment venu, quelques révisions déchirantes qui n’entameraient toutefois ni leur bonne conscience ni leur superbe. Certains intellectuels français parlent volontiers à la place des autres. Et aujourd’hui voilà qu’ils parlent à la place de celles qu’on n’entend pas – la place que tout autre qu’elles devrait avoir la décence de ne pas essayer d’occuper. Car ils continuent, ils signent, ils pétitionnent, ces intellectuels. Ils parlent de l’école, où ils n’ont pas mis les pieds depuis longtemps, des banlieues où ils n’ont jamais mis les pieds, ils parlent du voile sous lequel ils n’ont jamais vécu. Ils décident des stratégies et des tactiques, oubliant que celles dont ils parlent existent, vivent en France, pays de droit, et ne sont pas un sujet de dissertation, un produit de synthèse pour exposé en trois parties. Cesseront-ils jamais de paver de bonnes intentions l’enfer des autres, prêts à tout pour avoir leur nom en bas d’un article de journal ? Peuvent-ils me répondre, ces intellectuels ? Pourquoi voile-t-on les filles, seulement les filles, les adolescentes de seize ans, de quatorze ans, les fillettes de douze ans, de dix ans, de neuf ans, de sept ans ? Pourquoi cache-t-on leur corps, leur chevelure ? Que signifie réellement voiler les filles ? Qu’est-ce qu’on essaie de leur inculquer, d’instiller en elles ? Car au départ elles n’ont pas choisi d’être voilées. On les a voilées. Et comment vit-on, habite-t-on un corps d’adolescente voilée ? Après tout, pourquoi ne voile-t-on pas les garçons musulmans ? Leur corps, leur chevelure ne peuvent-ils pas susciter le désir des filles ? Mais les filles ne sont pas faites pour avoir du désir, dans l’islam, seulement pour être l’objet du désir des hommes. Ne cache-t-on pas ce dont on a honte ? Nos défauts, nos faiblesses, nos insuffisances, nos carences, nos frustrations, nos anomalies, nos impuissances, nos bassesses, nos défaillances, nos erreurs, nos infériorités, nos médiocrités, nos veuleries, nos vulnérabilités, nos fautes, nos fraudes, nos délits, nos culpabilités, nos vols, nos viols, nos péchés, nos crimes ? Chez les musulmans, une fille, dès sa naissance, est une honte à dissimuler puisqu’elle n’est pas un enfant mâle. Elle est en soi l’insuffisance, l’impuissance, l’infériorité… Elle est l’objet potentiel du délit. Toute tentative d’acte sexuel par l’homme avant le mariage relève de sa faute. Elle est l’objet potentiel du viol, du péché, de l’inceste et même du vol puisque les hommes peuvent lui voler sa pudeur d’un simple regard. Bref, elle est la culpabilité en personne, puisqu’elle crée le désir, lui-même coupable, chez l’homme. Une fille est une menace permanente pour les dogmes et la morale islamiques. Elle est l’objet potentiel du crime, égorgée par le père ou les frères pour laver l’honneur taché. Car l’honneur des hommes musulmans se lave avec le sang des filles ! Une fille est considérée comme une honte et un danger. Pensez donc ! Elle peut porter atteinte à l’honneur des messieurs. J’aimerais qu’on m’explique pourquoi l’homme se sent déshonoré si la femme transgresse les règles de la pudeur. Pourquoi l’honneur des hommes musulmans s’inscrit-il sur le corps des femmes musulmanes ? Qu’ils assument leur honneur tout seuls ! »

« Je garde le souvenir de scènes terribles. Je me souviens d’une femme en couche implorant le médecin dans un hôpital iranien : « Si c’est une fille, jetez-la à la poubelle ! Si je rentre à la maison avec une fille, mon mari me tuera ». Je rends ici hommage au film de Jafar Panahi, « Le cercle », qui met en scène la malédiction de naître fille dans un pays musulman. » Habiter, dix ans durant, un corps enfoui sous le noir, un corps condamné à l’enfermement, laisse des marques indélébiles. Quoi de plus injuste, de plus aliénant, que d’infliger à une adolescente l’enfermement sous le noir et la honte de son corps parce qu’il est féminin. Le voile n’est pas moins grave que l’excision. Il n’y a pas de jour avec et de jour sans, la jeune fille devient un être sous le voile. Ca fait partie de son être social, psychologique, sexuel, personnel. En voilant une fille, on lui inculque son infériorité, la culpabilité de sa sexualité et, surtout, on lui dit qu’elle n’est pas dans le droit, qu’elle n’a pas le droit. »

« Lorsqu’on voile une gamine, on lui inculque d’emblée que si une parcelle de sa peau et de ses cheveux dépassent de ce tissu, toute tentative de viol relève de sa responsabilité. Et nous savons que cela se passe dans certains pays ». « Dire le voile est mon choix ne dit pas ce qu’EST le voile. Les islamistes ont piégé tout le monde. Tout le monde relaie le discours des islamistes, je suis profondément choquée que des marques de mode comme Marks et Spencer proposent des maillots de bain intégraux qui cachent tout le corps. »

« Dans les sociétés musulmanes, les femmes sont invisibles, enterrées, parce qu’on ne peut pas les exterminer. On en a besoin pour procréer, pour assouvir les besoins sexuels des messieurs… Comme on ne peut pas les exterminer, on les ensevelit sous le noir. Dans tous les systèmes les plus barbares, on voile les femmes. Pourquoi le supporte-t-on ici ? Parce qu’il s’agit de femmes et de musulmanes. Au nom de la différence culturelle ? Pourquoi ne pas accepter la lapidation et l’excision en ce cas ? Dans tous les pays musulmans, il y a des mariages de jeunes mineures avec des messieurs vieillissants. C’est une différence culturelle, n’est-ce pas ? Mais ici elle est considérée comme un délit : la pédophilie. Qu’en pensent ces intellectuels et les islamologues ? »

« Je me suis décidée à écrire quand j’ai vu des gamines de 12 ans commencer à porter le voile et quand j’ai entendu certains intellectuels dire que renvoyer de l’école les élèves voilées ne fait qu’aggraver leur situation. Ces personnes bien intentionnées n’ont pas pensé que le fait de tolérer des jeunes filles voilées à l’école ne ferait qu’accroître la pression sur les adolescentes musulmanes.

Certains défenseurs du voile expliquent que c’est une façon pour les filles des cités de se protéger des garçons. C’est inadmissible. Cela revient à s’incliner devant la violence. D’ailleurs, permettez-moi de vous dire que c’est dans les pays où les femmes sont voilées qu’il y a le plus de prostitution et de pédophilie ! Moi, ce que je demande, c’est qu’on interdise le port du voile pour les mineures.

Il faut savoir que, dans l’islam, une fille voilée est considérée comme nubile. Autrement dit, c’est une fille qu’on met sur le marché du mariage et, par conséquent, sur le marché du sexe. Quand on voit des fillettes de 9 ans porter le voile, on est quasiment dans la pédophilie ! Il y a des lois en France pour protéger les mineurs de toute forme d’abus sexuels. Voilà pourquoi je réclame l’interdiction de faire porter le voile aux mineures. Le voile est une violence physique et psycho-sexuelle infligée aux filles. Il équivaut à disposer de leur corps, à définir l’adolescente comme un objet sexuel destiné à satisfaire le désir des hommes. C’est de la barbarie ! »

« Le voile définit la femme psychologiquement, socialement, sexuellement et juridiquement comme sous-homme. Le voile est l’étoile jaune de la condition féminine, il marque les corps féminins comme humiliés, coupables, sources d’inquiétude, angoissants, menaçants, sales, impurs, source de malaise et de péché, ces objets malsains, convoités, désirés et interdits, dissimulés et exposés, enfermés, violentés, circulent autour des hommes, comme des ombres ». Si, aujourd’hui, des jeunes juifs commençaient à porter l’étoile jaune, en clamant » c’est ma liberté » ; si des jeunes Noirs décidaient de porter des chaînes au cou et aux pieds, en disant » c’est ma liberté « , la société ne réagirait-elle pas ? » Quand on tente de nuancer en employant les mots foulard ou bandeau, je rétorque : » Entre la burka et le foulard coloré, la signification est la même. Parler de foulard, de bandeau n’est qu’une lâcheté sémantique, c’est une misérable ruse rhétorique. »

« Garçons et filles, femmes et hommes peuvent porter la croix ou la main de Fatma au cou, qui font référence à des personnages religieux et à la foi chrétienne ou musulmane. Il s’agit d’un ornement, alors que le voile est réservé à la gente féminine. Sur le plan religieux, historique, anthropologique, social et juridique, il a des significations, des fonctions et une portée qui structurent la société islamique. Le voile concrétise, matérialise l’apartheid sexuel ainsi que l’infériorité des droits féminins… Il est le symbole de l’idéologie islamique. Le drapeau de l’islamisme, de l’Oumma. Je montre aussi pourquoi voiler les adolescentes et les femmes était un préalable indispensable pour amorcer la réislamisation massive de la jeunesse issue de l’immigration musulmane, en empêchant cette dernière d’être intégrée totalement par l’Occident impie. Justement, pour créer enfin une communauté musulmane qui serait anti-occidentale. La méthode de réislamisation en Occident est identique à celle utilisée dans les pays musulmans, comme l’Iran, l’Algérie, le Maroc, la Tunisie…, car elle opère, avant tout,sur la jeunesse musulmane. Porter le foulard, ici, est un appui aux dictatures islamistes qui imposent la burka là-bas. Le voile est l’emblème même du dogme islamiste. L’islam peut tout à fait vivre sans, mais il n’y a pas de pays islamistes sans le voile. »

Le relativisme :

« Tout d’abord il n’existe pas d’être humain qui, dans l’absolu, ne croit à rien. Nous avons tous des croyances. Religieuses ou spirituelles. « La croyance dans l’absurdité de l’existence », selon la formule de Camus, est une croyance aussi. Même les plus matérialistes d’entre nous ont des croyances : ils croient par exemple qu’après la mort l’être humain redevient matière première, retourne à la terre. Toute hypothèse concernant l’avant-naissance et l’après-mort relève de la croyance, car il n’existe à ce jour aucune certitude scientifique et expérimentale à ce sujet. (…) L’important n’est pas le contenu de la croyance. Chacun croit ses croyances supérieures à celles des autres. L’important, c’est que, dans une démocratie, il n’y ait pas de hiérarchie des croyances. Qu’il n’y ait pas, d’un côté, les mauvais croyants, et de l’autre, les bons croyants. Ou d’un côté les croyants et de l’autre les non-croyants. Cette distinction valorise, crédibilise, institutionnalise les croyances des uns, « les croyants », au nom d’une sacralité infondée et insondable, au détriment des croyances des autres, les « non-croyants ». Sans croyances, les non-croyants sont appelés à « respecter » les croyances des croyants.

La hiérarchisation des croyances, c’est le début d’une dérive dictatoriale.(…)Et pendant que l’État est préoccupé par les besoins et les demandes spécifiques des derniers croyants, sans même parler des menaces terroristes, les problèmes de tous, comme le chômage, la pauvreté, la précarité, le logement… sont relégués au deuxième plan. (…) Qui aurait pu imaginer, il y a quelques décennies, en 1980 par exemple, qu’en France on assassinerait des journalistes et des dessinateurs parce qu’ils avaient blasphémé ? Même un Houellebecq aurait été à mille lieues d’inventer une fiction aussi improbable. Le simple constat de la progression des dogmes religieux au détriment de la pensée rationnelle en Europe, durant ces trente dernières années, force à s’interroger sur son avenir. »

« Il ne faut pas oublier que la culture, au sens anthropologique du terme, est totalisante. Sous ce que l’on appelle le trait culturel, parfois se cachent des pratiques barbares. En outre, pratiquer sa foi ne veut pas dire imposer les dogmes moyenâgeux dans l’espace public. La pratique de la foi est distincte de l’obéissance aux dogmes religieux qui se veulent au-dessus des lois démocratiques. Aucun des cinq piliers de l’islam n’exige une pratique ostentatoire. On peut très bien pratiquer sa foi musulmane chez soi. Je pense que pour pouvoir vivre en paix, il est temps d’affirmer que la foi, comme la sexualité, relève de l’intimité et se pratique dans l’intimité. »

« Il est temps de dire qu’on ne discute pas avec les représentants du totalitarisme islamiste. On le condamne et on le combat. Il y a trop à faire dans nos banlieues, trop à faire dans le domaine de l’éducation, du travail et de l’égalité des chances, il y a eu trop de retard pris pour qu’on puisse admettre aujourd’hui que des islamistes extrêmes deviennent les porte-parole des jeunes français qui se sentent exclus. C’est notre responsabilité commune, c’est la responsabilité de la République et de ses représentants de faire en sorte que cesse cette situation perverse et absurde. L’immigration est une chance pour la France et la démocratie est une chance pour l’immigration. Mais il faut que les promesses soient tenues. »

Islamophobie :

« En 2003 et 2004, à propos de la loi contre les signes ostentatoires à l’école, on a répété : « ça va stigmatiser la communauté musulmane ! », comme s’il existait une communauté monolithique qui adhérait dans sa totalité au port du voile. Alors qu’on sait que la grande majorité des musulmans en 2003-2004 était contre le port du voile. Les idéologues de l’islam lancent des formules justement pour que les médias les reprennent, en l’occurrence afin de faire exister cette communauté monolithique qui inclurait tous les dits « musulmans » sans exception. Le but était de faire exister cette communauté dans l’inconscient collectif des non musulmans alors qu’elle était inexistante dans la réalité, tout en incitant les jeunes issus des familles musulmanes à donner corps à cette communauté. Donc cette formule, « ça va stigmatiser la communauté musulmane », pensée, inventée, par les idéologues, puis répétée par les « idiots utiles » et les médias, a eu deux conséquences perverses et très dangereuses et a contribué à fracturer la société. D’autres exemples existent dans mon livre. Certains journalistes, souvent, ne mesurent pas la portée des phrases qu’ils répètent. »

« Les islamistes ont opéré un tour de passe-passe qui est un véritable exploit : ceux qui critiquent dans la religion ses aspects les plus totalitaires se voient traités, sous le nom d’ « islamophobes », de racistes et de xénophobes, au même titre que des militants d’extrême droite. Quand les mots perdent leur sens, la déraison triomphe.

Le terme d’ « islamophobie » fut inventé – on ne le dit jamais – par des mollahs iraniens juste après la révolution islamique. L’islamophobie fut l’anathème jeté sur les quelques centaines de milliers d’opposants que le régime islamiste a exécutés. Tous ceux qui n’adhérèrent pas au régime islamiste furent considérés comme islamophobes, ennemis de l’islam, et furent mis à mort sans avoir droit au un procès.

L’islamophobie résume l’idéal totalitaire d’un régime islamiste pour qui tout opposition est considérée comme une atteinte à l’islam et à ce titre justiciable de la peine de mort. Parler d’islamophobie, à propos de ceux qui critiquent les dogmes de l’islam, c’est évidemment entrer dans le jeu des islamistes. On peut s’étonner qu’un certain nombre d’intellectuels et de politiques, et à leur tête le MRAP, aient entériné sans sourciller, en France et en Europe, l’usage d’un terme qui a tout d’une machine de guerre idéologique. »

La démission des politiques et des intellectuels  :

« Je suis en colère parce que nous sommes confrontés à la bêtise. Que signifie être « tolérant » quand on se trouve devant l’intolérable ? Face à un islamiste de l’UOIF, j’ai l’impression de revenir en arrière et de me retrouver en Iran. C’est ça qui me met hors de moi ! Aujourd’hui en France, il y a des hommes plus dangereux que les islamistes dans les pays musulmans. Et ils sont les interlocuteurs des pouvoirs publics !

Pouvoirs publics qui se comportent comme s’ils découvraient aujourd’hui seulement qu’il y a des banlieues et des ghettos. Depuis plus de dix ans, on a donné une certaine autorité à des islamistes qui exercent leurs pressions dans les cités. C’est comme si on faisait de nos banlieues une sorte de protectorat ou de colonie. Au lieu de s’attaquer aux causes de la violence, on opte pour la répression. Les immigrés subissent une répression double : celle qui découle de la politique sécuritaire du gouvernement, et celle qui consiste à les placer sous une autorité religieuse pour avoir la paix. Pour l’instant, ça marche, mais ça ne tiendra pas. Je suis pessimiste. Cette politique démissionnaire fait le lit du Front national. »

« On est en train de nous dire que les droits de l’homme seraient interprétés comme une humiliation par les musulmans ! C’est faux ! Les islamistes l’interprèteraient ainsi, mais ils représentent une infime minorité des musulmans. Il y a des dizaines d’associations de femmes d’origine maghrébine qui demandent au contraire qu’il y ait une loi. Elles disent : « Il ne faut pas accepter le voile à l’école, sinon on ne pourra plus ne pas le porter. » Je reviens de l’enregistrement d’une émission à laquelle participait une femme voilée. Elle a fait deux fois le même lapsus. Elle a dit : « Il faut lutter contre les filles qui ne veulent pas porter le voile ». C’est révélateur, non ?

Le drame aujourd’hui, c’est que les politiques laissent parler la peur au lieu de s’en tenir au droit. »

« Je n’apprécie guère un certain un discours sociologique qui prône la tolérance du voile au nom du droit à la différence et du respect des cultures. A ceux qui tiennent ce discours, je dis : « Portez le voile pendant un an et revenez discuter avec moi ». Que connaissent-ils du voile ? Que savent-ils de l’islam ? C’est cela aussi que je reproche à certains intellectuels français. Ils abusent de leur position d’intellectuels pour se prononcer sur tout et n’importe quoi. Même dans les pays musulmans, le fait de faire porter un voile aux mineures est un comportement intégriste. À un moment de son histoire, la France a su remettre à leur place les dogmes catholiques. Pourquoi n’en ferait-on pas autant avec les dogmes de l’islam ? Quand je dis cela, ces intellectuels me regardent d’un air gêné. »




Source: Demainlegrandsoir.org