Juin 23, 2021
Par Point De Ruptures
368 visites
Lettre reçue d’un.e anonyme :

« Cette main aurait pu être la nôtre !

Je rêve souvent que je suis à la place de toute ces personnes qui ont perdu leur main ses dernières années. Je ressens une proximité ayant moi aussi eu une opération complexe de la main suite à une banale chute qui s’est déroulée sans encombre pour moi et qui n’a entraîné aucune perte de membre ou même de mobilité. Mais je ressens cette sensation au niveau du poignet d’une façon extrêmement sensible.

Ça me traumatise à chaque fois, mais ce n’est rien à côté de ce que la personne mutilé vit et vivra dans les prochains mois. Je ne peux que lui exprimer ma plus profonde tristesse et rage d’avoir eu à subir ça au nom de la « sécurité publique » qu’on nous vend pour justifier l’emploi systématique de la police et de la gendarmerie au moindre rassemblement de jeunes et moins jeunes qui défendent une liberté confisquée depuis bien longtemps, mais accéléré depuis quelques années par une batterie de lois liberticides et d’états d’urgence.

On ne peut pas ignorer le haut niveau symbolique de l’événement survenu dans la nuit de Vendredi dernier à Redon tant il est inscrit dans le calendrier politique.

D’un côté l’attaque de la free-party se déroule pour la seule et unique raison qu’elle rend hommage à la mémoire de Steve disparu deux ans plus tôt à la même période lors de la fête de la musique. Cette journée, créée par l’État lui-même pour célébrer la journée la plus longue de l’année en musique, se retrouve au cœur de la répression.

Steve a perdu la vie à cause d’une charge policière sur l’île de Nantes, à Redon deux ans plus tard un jeune de 22 ans se fait mutiler à vie pour avoir voulu rendre hommage au premier en refusant l’oubli que l’État aimerait nous imposer par sa justice et sa police.

La dimension politique apparaît d’autant plus que l’événement tombe le weekend des élections régionales et départementales !

Qui peut encore croire à cette supercherie quand un jeune perd la main, cette même main qu’on aurait aimé traîner dans un isoloir pour mieux la bâillonner et continuer à lui soutirer sa force vitale au profit d’une plus-value engraissant les assoiffés de sang et de pouvoir que sont nos humanistes bourgeois bien pensant et moralisateur.

Votre « démocratie » est un simulacre sanglant et tout le monde le sait, tout le monde le voit et plus personne ne vous croit. Il ne vous reste que vos militants embourbés dans un nuage d’opium et d’illusions, quand ce n’est pas une motivation intéressée de maintenir sa classe sociale au pouvoir.

Il se peut qu’un jour je perde une main ou un œil ou tout simplement la vie à cause de mes convictions, ou tout simplement d’avoir été là face à vos chiens de la casse sociale qui enragés comme jamais tirent et mutilent pour le plaisir sadique de servir et d’asseoir la puissance autoritaire de leur frustration d’écervelé, mais je sais que je ne serais pas seul.e et que nous sommes de plus en plus nombreux et nombreuses à comprendre et à combattre votre monde.

Pour la guerre sociale, plus que jamais :

Le 21 juin sera désormais un jour de lutte contre les violences policière ! »



on Twitter


on Facebook




Source: Pointderupture.noblogs.org