Novembre 1, 2021
Par Lundi matin
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Nulle signature sinon le nom d’une rumeur, Mésange noire, que les rues font résonner au rythme des tags et des graffs de son encre volatile. Un oiseau rare, insaisissable, qui profite de ce qu’il n’a pas encore pris de plomb de l’aile pour refaire le portrait des visages publicitaires qui colonisent nos villes et nos vies. A la violence marchande, Mésange noir oppose la vigueur du détournement ludique et politique, tour à tour ou simultanément anticapitaliste, antimilitariste, écologiste ou féministe.

Cette créature des nuits désertes, je l’ai traquée pendant plusieurs mois, j’ai photographié ses traces, identifié ses aires de jeux, établi ses soirs de graffs, imaginé ses prochaines cibles, j’ai fini par l’attendre et, un soir, par l’atteindre. De cette rencontre naquit notre amitié et, avec elle, ce jeu de piste qui constitue la fin et le moyen de cette série : dans un quartier encore inexploré, mon enquête, boîtier en main, pour retrouver, à l’aide d’un seul indice, la trace de son dernier envol. Commence alors une collection, dont les acquisitions s’accumulent et s’agencent selon deux critères : d’un côté, le plaisir simple et égoïste de la cueillette urbaine, de l’autre, le passage d’un geste individuel à la rétine collective, avec, au loin, en ligne de mire, le rire d’un autre sur un mur.



















Source: Lundi.am