Février 1, 2021
Par Lundi matin
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Effet d’une bureaucratie locale particulièrement bornée et capable seulement d’en rajouter dans la cruauté venue d’en haut ? De la haine médiatique entretenue par les politiciens italiens qui ont fait de Cesare le bouc émissaire des années 70 ? De vengeances particulières au sein d’une Administration pénitentiaire qui ne pardonnerait pas à Cesare d’avoir été membre d’une organisation qui abattit, voilà plus de 40 ans, un maton tortionnaire ? De l’oubli d’une opinion publique écrasée par le couvercle sanitaire ? Ou plus vraisemblablement de toute cela à la fois ? Toujours est-il que Cesare Battisti, après son transfert de Sardaigne en Calabre, est dans une situation pire que jamais. Encore aujourd’hui, on continue, en dehors de toute légalité, de lui faire subir en permanence un traitement inhumain et dégradant. Voilà pourquoi il a décidé de se mettre bientôt à nouveau en grève de la faim. Lisez ses explications, ça se passe dans une démocratie européenne, ça pourrait être dans les geôles d’Erdogan.

L’ordonnance n°40 de la cour d’appel de Milan du 17 mai 2019 établit que Cesare Battisti doit purger sa peine dans une prison ordinaire dans un site comportant un circuit de traitement rééducatif sans aucune restrictionspéciale, en ayant droit aux bénéfices prévu par la loi. Malgré cela, je me retrouve depuis plus de 2 ans en isolement ininterrompu. A la requête de la défense, déposée dans les formes, demandant les raisons de ces mesures hautement punitives la réponse du ministère est toujours la même : ” La documentation requise a été retirée du droit d’accès”. Voilà pourquoi je suis l’unique prisonnier qui n’a rien à voir avec le jihadisme se retrouvant dans un pavillon de haute sécurité réservé aux accusés de “terrorisme islamique”. Une situation insoutenable qui m’empêche toute activité en dehors de la cellule, y compris, l’heure de promenade, si ainsi on peut appeler une cage minuscule où ne rentre jamais un rayon de soleil. Si c’était un zoo, les animalistes auraient fait un scandale mais s’agissant d’une prison personne n’a rien à dire. Le pavillon isis-as2 est une flagrante violation aux normes nationales et européennes qui garantissent la dignité de la personne recluse : ici n’existe aucune activité rééducative ou d’insertion sociale ; la structure même est conçue dans le seul but punitif ; un vrai tombeau à l’intérieur d’une telle prison où même un prêtre n’ose pas rentrer. Désormais à bout de forces psychiques et physiques, avec des pathologies chroniques, il ne me reste plus qu’à déclarer la grève de la faim et de la thérapie afin que la décision de justice de la cour d’appel de Milan soit appliquée à cet exécutif et que je puisse rejoindre une prison pour entreprendre un légitime parcours de réinsertion sociale prévue par la loi, dans un ordinaire régime de communauté, comme cela devrait être le cas pour un condamné 40 ans après les faits et sans aucune activité antisociale, bien au contraire.




Source: Lundi.am