Samedi 23 Mars, nous étions entre 600 et 800 personnes à marcher contre le fascisme et le racisme et pour la fermeture du local nationaliste du « Bastion Social ».

Compte rendu du collectif Les Squales.

A 16h, tandis que nous prenons place autour de la Porte d’Aix, le cortège des Gilets Jaunes passe à notre niveau et beaucoup d’entre eux se joignent à nous. Au même moment, se tient un rassemblement en hommage aux victimes de l’attentat islamophobe de Christchurch en Nouvelle-Zélande.

La manifestation débute dans une ambiance dynamique avec la présence d’un important cortège antifasciste composé de marseillais et de camarades d’autres villes. Marseille vibre alors sous les slogans « siamo tutti antifascisti », « nous sommes tous des enfants de Marseille », « Marseille antiraciste ».

Au moment de notre arrivée sur la Canebière la tension monte, les bacqueux se montrent plus agressifs, et très vite une première charge de CRS attaque la manifestation frontalement et sans sommation. S’ensuit un mouvement de foule, et nous nous retrouvons nassés dans Noailles.

Matraquage, gazages, coups de poings et de pieds de la police envers les manifestants et les passants, arrestations.. Malgré tout, nous réussissons à reconstituer un cortège afin de terminer la manifestation jusqu’au Vieux-Port.

Dans la soirée, plus de 5 cars de la gendarmerie mobile sont placés rue Fort Notre Dame devant le local du « Bastion Social ». Alors que l’ensemble des passants sont filtrés sur le périmètre, nous pouvons voir les fascistes discuter paisiblement avec la police devant leur local. Au moment de la fermeture, aux alentours de 22h, les membres du « Bastion Social » sont exfiltrés discrètement par petits groupes, certains quittant même la zone en Uber.


Ce week-end, Marseille était placé sous le signe de l’antifascisme !

Gendarmes devant le Bastion Social

  • Nous dénonçons la prise de décision politique de la Refacture des Bouches du Rhône qui a décidé de placer sous très haute protection policière les fascistes du Bastion Social. Une zone rouge a même été délimitée autour de leur local afin d’assurer que leurs « festivités » racistes aient lieu.
  • Nous dénonçons la répression policière brutale qu’a subit la mobilisation unitaire antiraciste ce week-end à Marseille, faisant plusieurs blessés et 6 arrestations.
  • Nous dénoncions une complaisance des pouvoirs politiques locaux et nationaux vis à vis de l’extrême-droite, mais le dispositif policier et les consignes politiques de ce week-end révèlent une véritable volonté d’attaquer le mouvement antifasciste et la mobilisation sociale dans son ensemble.

    Malgré les récentes déclarations d’Emmanuel Macron affirmant une hypothétique volonté de fermer le « Bastion Social », nous constatons sur leur terrain qu’il leur assure une protection. Sous couvert de discours qui se veulent progressistes, l’État ne cesse d’instrumentaliser nos luttes pour mieux les attaquer.

Plus que jamais, nous réaffirmons notre détermination à combattre le fascisme sous toutes ses formes, à Marseille, à Aix, et de partout ailleurs.

Nous ne plierons pas face à la répression politique, de plus en plus violente, face à la criminalisation de nos luttes et contre les États bourgeois qui ouvrent la porte au fascisme.

Nous affirmons notre solidarité totale avec toutes les personnes interpellées ce week-end.

Nous continuerons de défendre un antifascisme de classe qui ne laissera aucun répit aux discriminations et aux violences de ce système capitaliste.

Marseille n’a jamais été le bastion du nationalisme !

Marseille est et restera un bastion de l’antifascisme !