Avec plus de 400 expérimentations en cours et à venir, Lyon s’annonce comme territoire pilote de la ville intelligente. La métropole doit devenir plus agile (grâce aux nouvelles mobilités), plus facile (grâce aux services numériques), plus durable (grâce à ses « technologies vertes »), et plus propice à l’innovation (en devenant une technopole).

Les promesses de l’« intelligence » et de l’ « efficience » seraient censées réduire le trafic, la congestion des parkings, la pollution, la consommation d’énergie, et le crime. Qui pourrait s’opposer à un tel programme ?

La numérisation totale s’impose effectivement comme inévitable : la ville doit elle aussi opérer le virage des nouvelles technologies, si elle veut rester « attractive ». Le discours des médias, techniciens, entreprises et hommes politiques cherche à apparaître comme non-idéologique, de l’ordre du sens commun et du pragmatisme.

Pourtant, nombreux sont les mythes, idéologies, et stratégies de marketing que l’on peut y déceler pour le déconstruire : démocratie digitale, ville durable post-carbone, gouvernement cybernétique…

Il s’agira alors de se plonger dans le projet de la Smart community lyonnaise, réfléchir sur ce que la « smartification » des villes implique réellement – autant du point de vue de l’écologie, du sentiment de la citoyenneté, que de notre manière d’« habiter » la ville.