CurĂ©s, patrons, militaires, flics, chefs d’État : il n’existe aucune catĂ©gorie d’oppresseurs qui n’ait Ă©tĂ© attaquĂ©e, insultĂ©e, ridiculisĂ©e, menacĂ©e dans les chansons libertaires. Souvent vulgaire et irrĂ©vĂ©rencieux, toujours exagĂ©rĂ©, rhĂ©torique et fataliste, le chant a toujours accompagnĂ© les anarchistes dans leurs luttes quotidiennes contre l’exploitation, les inĂ©galitĂ©s, la pauvretĂ©, la rĂ©pression mais aussi l’alliĂ© contre les grands ennemis de toujours : « l’État, l’Église, la bourgeoisie cupide Â», cette triade arrogante qui depuis toujours opprime l’humanitĂ©.

Terracanto – l’oiseau Ă  mille voix

On raconte que le Terracanto vit dans les marais, dans les champs cultivés, les terres reculées, où les hommes et les femmes ont semé leur sueur , dans les pâturages où ils ont conduit leurs troupeaux, sur les barricades où ils ont défendu leur liberté. Le Terracanto colporte leurs chants, leurs plaintes et leurs espoirs. Il se gorge de racines, celle d’un monde oublié qui frémit dans nos veines. Il raconte l’exil et les saisons, le vent léger, le crépitement des feux, le chuchotement des fleuves, la terre épaisse. Les voix de Terracanto sont celles qui ont toujours refusé de se taire.

Lorenzo Valera, guitariste et accordĂ©oniste autodidacte, est membre fondateur de plusieurs formations qui mĂŞlent recherche historique et chant polyphonique, proposant des confĂ©rences chantĂ©es et des podcasts indĂ©pendants sur diffĂ©rents thèmes : Le chant des grenouilles (une contre-histoire de l’Italie), Voix des migrants (sur l’émigration italienne), Échos de galeries (chants des mines du monde), Curmaia (chants des paysans de la pĂ©ninsule italienne). Au sein de l’association Terracanto, avec Laila Sage, il dĂ©veloppe depuis plusieurs annĂ©es une mĂ©thodologie didactique pour la transmission du chant de tradition orale, Ă  travers des cours et des ateliers de chant choral.

Pour tout savoir : https://www.terracanto.org/fr


Article publié le 13 AoĂ»t 2020 sur Mars-infos.org