« La Prison, c’est contraindre le corps dans des lieux déterminés afin de contraindre la pensée à ne penser que ce que les lieux permettent. Lorsque la contrainte dure, malgré toutes les pathologies qui en découlent, elle devient habitude. Et, comme toutes les habitudes qui durent, elle devient une seconde nature. Là, elle se nomme peine du dominé. » Michel G., incarcéré depuis 35 ans.

Depuis 4 ans, Michel a entamé une procédure de libération conditionnelle. Quatre années de chantages, pendant lesquelles l’administration pénitentiaire lui concède quelques permissions encadrées et tente de lui imposer ses conditions. De brève balade en balade brève, à sentir le vent du dehors, le temps passé à l’air « libre » aurait dû s’allonger jusqu’à sa sortie… Mais selon une courbe inconnue, déterminée par le bon vouloir des juges qui exigent la résignation du prisonnier. Soumission ou punition : encore et toujours ces mêmes dispositifs d’écrasement.

A ce jour, la demande de conditionnelle a été refusée, retour à la case départ, persévérance. Une nouvelle demande doit être déposée, mais toujours avec cette même temporalité propre à l’administration pénitentiaire.

Michel ne cède pas devant les soi-disant nécessités du monde carcéral. L’exigence reste la sienne, celle de cette sortie.

Parce que la possibilité d’une sortie est encore loin, à nous aussi de lutter pour que, nos volontés, nos partages, nos solidarités, nos déterminations poussent les murs.