Décembre 31, 2020
Par Union Syndicale Solidaires
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Le photojournaliste Louis Witter et le journaliste Simon Hamy, voulant couvrir les évacuations des réfugiés par les forces de l’ordre à Grande-Synthe et Calais, se sont heurtés aux blocages de policiers qui ont refusé de tenir compte de leur qualité de journalistes. A cinq reprises, les 29 et 30 décembre 2020, ils se sont vu refuser l’accès. De plus, les forces de l’ordre ont utilisé leurs téléphones mobiles pour prendre en photo les pièces d’identité fournies. De quel droit ?

Le Syndicat national des journalistes (SNJ), première organisation de la profession, condamne ces pratiques d’obstruction et d’intimidation.

Nos deux confrères viennent de déposer une requête en référé-liberté devant le Tribunal administratif de Lille, dénonçant une atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale en ces termes : « Ces refus, empêchant la documentation et l’information sur ces actions d’évacuation de tentes, entravent gravement l’exercice du droit de tout citoyen à demander des comptes à tout agent public, les activités de ceux-ci ne pouvant faire l’objet d’information. Cette entrave est constituée directement en nous empêchant d’accéder au site et indirectement en empêchant un plus large nombre de citoyens d’exercer ce droit. »

Le SNJ, qui se porte évidemment à leurs côtés, rappelle les dispositions de l’article 431-1 du Code pénal : « Le fait d’entraver, d’une manière concertée et à l’aide de menaces, l’exercice de la liberté d’expression, du travail, d’association, de réunion ou de manifestation est puni d’un an d’emprisonnement et de 15 000 € d’amende » et « Le fait d’entraver, d’une manière concertée et à l’aide de coups, violences, voies de fait, destructions ou dégradations au sens du présent code, l’exercice d’une des libertés visées à l’alinéa précédent est puni de trois ans d’emprisonnement et de 45 000 € d’amende. »

Le SNJ interpelle les pouvoirs publics sur ces atteintes, presque incessantes, à la liberté de la presse.

Le SNJ prie instamment les sénatrices et sénateurs, qui vont se pencher en 2021 sur la proposition de loi Sécurité globale, de refuser de voter tous les articles qui constituent des entraves à la liberté d’informer et d’être informé.  




Source: Solidaires.org