Ce texte est écrit dans une volonté de faire bouger les lignes et non avec celle de créer encore plus de tensions. Il est né avec l’observation de deux éléments : la montée en puissance du mouvement contre la loi travail et l’impossibilité ou presque d’un certain milieu militant lyonnais à rassembler.

Ce texte est écrit dans une volonté de faire bouger les lignes et non avec celle de créer encore plus de tensions. Il est né avec l’observation de deux éléments : la montée en puissance du mouvement contre la loi travail et l’impossibilité ou presque d’un certain milieu militant lyonnais à rassembler.

Ainsi, après avoir assisté, le plus longtemps possible, à des A.G. Après avoir lu de nombreux textes, tracts et appels en manif, une chose est devenue évidente pour moi : à Lyon, il existe un terreau fertile de super militant-e-s qui s’adressent et s’adresseront encore et toujours, si rien ne change, à des super militant-e-s.

Quelques exemples

Dans une assemblée pour la préparation d’une marche féministe, une personne s’excuse de ne pas « maîtriser le bon vocabulaire » (à comprendre le bon vocabulaire féministe) avant de prendre la parole. Les interventions de super militantes avant elle lui ont donné l’impression de ne pas être assez légitime pour s’exprimer avec ses propres mots.

Dans un tract destiné à être distribué en manif aux étudiant-e-s et lycéen-e-s grévistes, les termes « notre classe », « hiérarchie des normes », « prolétaires » et « atomisation du prolétariat » sont utilisés ou plutôt balancés sans aucune forme d’explication.

Rappelons qu’un lycéen a entre 15 et 19-20 ans au maximum et que le marxisme n’est toujours pas au programme de l’éducation nationale.

Enfin, lors d’une première discussion entre des personnes qui viennent de se rencontrer et qui n’ont donc rien de « commun », quelques-uns proposent de se « définir » en écrivant un texte dans la foulée. Comme on me la si bien soufflé dans la charmante ville de Gaillac, il n’y a rien de plus efficace que la question « qui sommes-nous ? » pour flinguer un semblant de début de collectif.

Chercher à comprendre ce qui anime un groupe est intéressant mais vouloir le cadrer, l’étiqueter est le meilleur moyen de le vider de sa substance.

Laissez-ça aux journalistes !

De ce fait, ces quelques modestes conclusions

Il serait peut-être temps de comprendre que si un tract est incompréhensible par votre entourage non-militant, il est bon à jeter (donc à ne pas imprimer, en plus c’est écolo !) ;

Il serait peut-être temps d’ouvrir les yeux sur la domination qui s’exerce en employant un lexique de converti-e-s et d’intellectuel-e-s sur des personnes qui n’en ont pas la connaissance ou l’habitude ;

Il serait peut-être temps de savoir traduire des termes scientifiques et autres discours prémâchés en mots ordinaires et montrer que l’on a vraiment compris de quoi l’on parle.

Enfin et pour finir, il serait peut-être temps que les années 2000 voient apparaître de nouvelles pratiques et que les super militant-e-s abandonnent définitivement leurs habitudes de bureaucrates faites de « points méthode », « commissions », « réunions » (par milliers) et autres « outils » obsolètes.

À bon entendeur …