Depuis 2016, la loi britannique sur l’immigration contient un article permettant à un certain nombre de mineur·e·s non accompagné·e·s se trouvant à Calais et dans ses environs d’entrer légalement et par voie sécure au Royaume-Uni. Cette réglementation juridique spéciale avait été créée sur le modèle historique des « transports d’enfants » permettant de sauver des vies d’enfants juifs en 1938/1939. À l’occasion de la présentation de ses statistiques d’immigration le 21 mai 2020, le gouvernement britannique a néanmoins déclaré que cette procédure dite de « Dubs » n’était désormais plus en vigueur. En outre, le Ministère de l’intérieur britannique prévoit également d’abolir le système actuel de regroupement familial dans le cadre des négociations sur le Brexit [1]. En plus de couper des droits aux mineur·e·s, le Guardian rapporte aussi une tendance alarmante à expulser automatiquement les demandeurs d’asile arrivant en France en canot pneumatique dans le cadre de l’opération Sillath, cela même avant même que leur demande d’asile ne soit examinée.

Selon le site calais.bordermonitoring.eu, le déclencheur politique de ces décisions restrictives pourrait en fait être la forte augmentation du nombre de franchissements de la Manche réussis par des bateaux gonflables motorisés, plus de 1000 personnes depuis le début de cette année. En effet, la traversée maritime avec ces bateaux semble être la technique de migration la plus importante et la plus prometteuse depuis ce printemps, et cela malgré le danger qu’une telle traversée représente. Depuis la mise en place de cette voie de migration il y a un an et demi, jamais autant de personnes ont réussi à atteindre le Royaume-Uni par bateau qu’en mars et avril 2020.

Sources utilisées :


Article publié le 03 Juin 2020 sur Mars-infos.org