Calais, August 2020: what’s up

  • And things are happening in Calais.
    Mathilde Potel, new deputy commissioner in Calais. Six months at the Saint-Denis police station before applying for Calais at the end of her studies. Welcome on this trampoline! Because there are some who have made a career out of Calais. A recent example: the former prefect under Sarkozy at the time of the “first” eviction of a “jungle” in Calais, Pierre de Bousquet de Florian, is now chief of staff of the new French Minister of the Interior, Gerald Darmanin. And in the prefecture since then, things have continued to move, and with a tight laugh: ciao to Fabien Sudry, who has become prefect of the region.
    Bourgogne-Franche-Comté, and to win the musical chair game and be able to tick Calais in his tour of France, it’s Mr LE FRANC (Louis). Bye
  • Border stands still, but so do people having to fight their lives to cross it. Crossing with small boats continues, and continues being possibly the most mediatized way of crossing. Here we talk about it, here the BBC talks about recent crossings. Also: Priti Patel plans to use the navy to tackle the growing number of migrants crossing the Channel from northern France, but (surprise!) thatwould be illegal! A shame for people so attached to the idea of legal / illegal to have made crossing with a ferry impossible for many, forcing them to risk their lives in smaller boats with their dangerous politics!
  • The Calais town hall doesn’t differ much in terms of announcing and talking things they don’t know. Sat 8 August, some people had announced they would take showers and talk in public square about the lack of access to water for people sleeping rough: about 4 water points for more than a thousand people. Seeming to think pointing out the issue would cause problems of public security (really?), the municipality announced on the press that they would have issued one “arrêté” for this time again. Clearly with short memory,as warnings were already issued by tribunals a couple years ago concerning their abusive use of “arrêté” to forbid demonstrations/ events that they didn’t like without any grounds, But, this time… lie after lie: it wasn’t the case. Only, the water points nearby the event (that took place, despite the attempt to intimidate people gathering) were closed for the occasion. What a great symbolism!
  • and their series of (recent) lies goes on: after rewriting the history of Calais by enclosing, evicting, and forgetting or destroying former inhabited places. Now they rewrite tribunal decision, with the deputy major Mignonet stating on the printed press ” Pourtant, depuis 2017, des arrêtés municipaux interdisent les distributions de repas aux migrants en centre-ville de Calais. « Elles restent interdites aux associations, c’est de la provocation, et elles vont à l’encontre de la décision du Conseil d’État en 2017, estime Philippe Mignonet, adjoint chargé de la sécurité. Le préfet a été informé et on attend sa décision face à la situation. »”
    Oh well, the Conseil d’État decision itself tells a very different story, saying that there is no ground for the town hall to take such decisions and they are therefore invalid! Here the full reading. Mignonet, liar!
  • A couple of evictions were made with the new old technique of ordonnances sur requêtes. These evictions, larger in scale and more effective than the every-two-days raids, have seen part of the people trying to cross to the UK brought to centres further inland or scattered around the city. This means relative chaos and harsh material conditions, but also more people of color present in public space, and smaller camps, more made out of affinity groups rather than vicinity with crossing places and services allowing for new old forms of self organizing. Oops! predictable” side effect” that could harm the apartheid politics carried on by the city..!
  • The evictions made a great excuse for the state to stop providing services in one of the two-three places they were providing some food and basic access to hygiene, a still largely inhabited industrial area. Left, one water point for the several hundred people scattered in the surrounding. But please, wash your hands often.
  • The town hall continues to justify every-two-days raids and larger evictions as inhabited places are unhealthy, and neighbours complain about rats and alike. Yet, the town hall announces their firm refusal to put bins or even just a collection system in place. Whose hands are dirty here? Sounds all too much like many times before, one example of which can be found in this article about Black Lives Matter from 2016.
  • Detention centre still very present, so as the border regime. An updated guide on how to support people locked in and phone numbers are out here.
    Shut down all detention centres!

And more here, about Calais and why Calais, here, about border profiteers and securization… and everywhere, to bring down all borders.

Calais, Août 2020 : quoi de neuf ?

  • Et il y a du neuf à Calais.
    Mathilde Potel, nouvelle commissaire adjointe à Calais. Six mois au commissariat de Saint-Denis avant de postuler pour Calais à l’issue de ses études. Welcome sur ce tremplin! Car il y en a qui ont fait carrière à partir de Calais. Un exemple recent: l’ancien préfet sous Sarkozy à l’époque de la “première” expulsion d’une “jungle” à Calais, Pierre de Bousquet de Florian, est aujourd’hui directeur de cabinet du nouveau ministre de l’Intérieur français, Gerald Darmanin. Et en préfecture, depuis, cela continue de bouger, et à un rythme serré: ciao Fabien Sudry, qui devient préfet de la région Bourgogne-Franche-Comté, et a gagné le jeux de chaises musicales en cochant Calais dans son tour de France, et c’est M. LE FRANC (Louis) qui gagne la préfecture du Pas de Calais. Yuppie! Tout changer pour ne rien changer, c’est un peu ça.
  • La frontière, en revanche, est toujours là, ainsi que les personnes qui sont contraintes de se battre pour la traverser. Les traversées par petits bateaux se poursuivent, et c’est probablement toujours le moyen le plus médiatisé de passage vers la GB. Ici nous en parlons, là, la BBC parle des traversées récentes. Aussi : Priti Patel (ministre de l’intérieur anglais) prévoit d’utiliser la marine militaire pour s’attaquer au nombre croissant de migrants traversant la Manche depuis le nord de la France, mais (surprise !) ce serait illégal ! Une honte pour des personnes si attachées à l’idée de légalité / illégalité d’avoir rendu la traversée avec un ferry impossible pour beaucoup, les obligeant à risquer leur vie dans des bateaux plus petits avec leur politique dangereuse !
  • La mairie de Calais ne diffère pas beaucoup en termes d’annonce et de discours public sur des choses qu’ils ne connaissent pas. Le samedi 8 août, certaines personnes avaient annoncé qu’ils prendraient des douches et parleraient sur la place publique du manque d’accès à l’eau pour les personnes dormant dans la rue : environ 4 points d’eau pour plus d’un millier de personnes. Semblant penser que le fait de signaler ce problème causerait des problèmes de sécurité publique (vraiment ?), la municipalité a annoncé dans la presse qu’elle aurait à nouveau émis un arrété pour cet évènement. De mémoire courte, car des avertissements avaient déjà été lancés par les tribunaux il y a quelques années concernant leur utilisation abusive d”arrétés pour interdire des manifestations/événements qu’ils n’aimaient pas sans aucun motif valable.. Mais, cette fois, ce n’était pas le cas, juste un effet d’annonce (et d’intimidation?). Le matin de l‘evenement, qui a bien eu lieu, les points d’eau à proximité ont été fermés pour l’occasion. Quel beau symbole !
  • et leur série de mensonges s’allonge : après avoir réécrit l’histoire de Calais en enfermant, expulsant, et en laissant à l’abandon ou détruisant d’anciens lieux habités. Maintenant, ils réécrivent la décision du tribunal, Mr Mignonet, adjoint securité, déclarant dans la presse écrite : “Pourtant, depuis 2017, des arrêtés municipaux interdisent les distributions de repas aux migrants dans le centre-ville de Calais. “Elles restent interdites aux associations, c’est de la provocation, et elles vont à l’encontre de la décision du Conseil d’État en 2017, estime Philippe Mignonet, adjoint chargé de la sécurité. Le préfet a été informé et on attend sa décision face à la situation. »”
    La décision du Conseil d’État elle-même raconte une toute autre histoire, en disant qu’il n’y a pas de raison pour que la mairie prenne de telles décisions et qu’elles sont donc invalides ! Voici la lecture complète. Mignonet, menteur!
  • Quelques expulsions ont été effectuées avec la nouvelle technique d’ordonnances sur requêtes. Ces expulsions, plus importantes et plus efficaces que les raids effectués tous les deux jours, ont vu une partie des personnes qui tentaient de traverser vers le Royaume-Uni partir dans des centres plus à l’intérieur des terres ou dispersés dans la ville. Cela signifie un chaos relatif et des conditions matérielles difficiles, mais aussi davantage de personnes de couleur présentes dans l’espace public, et des camps plus petits, davantage constitués de groupes d’affinité plutôt que de proximité avec des lieux de passage et des services permettant de nouvelles anciennes formes d’auto-organisation. Oups ! “Effet secondaire” prévisible qui pourrait nuire à la politique d’apartheid menée par la ville !
  • Les expulsions ont constitué une excellente excuse pour que l’État cesse de fournir des services dans l’un des deux-trois endroits où ils fournissaient de la nourriture et un accès de base à l’hygiène, une zone industrielle encore largement habitée. Y reste, un point d’eau pour les quelques centaines de personnes dispersées dans les environs. Mais s’il vous plaît, lavez souvent vos mains.
  • La mairie continue de justifier des raids tous les deux jours et des expulsions plus importantes car les lieux habités sont insalubres, et les voisins se plaignent des rats, entre autres. Pourtant, la mairie annonce son refus ferme de mettre en place des poubelles ou même simplement un système de collecte. Qui a les mains sales ici ?
    Cela ressemble beaucoup trop à ce qui s’est passé auparavant, comme par exemple cet article titré Black Lives Matter de 2016!
  • Le centre de détention est toujours la, tout comme le régime des frontières. Un guide actualisé pour soutenir les personnes enfermées et les numéros de téléphone sont disponibles ici.
    Pour la fermeture de tous les centres de rétention !

Et plus ici, sur Calais et pourquoi Calais, ici, sur les profiteurs de la frontière et la sécurisation… et partout, pour faire tomber toutes les frontières.


Article publié le 13 Oct 2020 sur Calaismigrantsolidarity.wordpress.com