Mai 14, 2021
Par Rebellyon
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Depuis 15 jours, les manifestants colombiens qui luttent pour défendre leurs droits subissent une violente répression. Voici le communiqué des étudiant.es, medics et résistant.es à Bogota qui tiennent les lignes au quartier Americas et une cagnotte pour soutenir le mouvement social.

Communiqué écrit par les étudiant.es, les medics et les résistant.es à Bogota qui tiennent les lignes au quartier Americas

“Bonjour à toustes, bonjour à nos frères et sœurs qui à cause de la violence politique, le manque d’opportunités, l’absence d’une vie digne, avez dû quitter la terre qui vous a vu.es naitre pour aller a la recherche d’une vie meilleure.

Pendant ces temps de révoltes et de manifestations on a vu des violations graves aux droits humains.

On a vu la barbarie menée par le parti gouvernemental, le président, les forces militaires et les forces économiques et politiques qui ont plongé le pays dans la misère ; qui ont répondu au mécontentement social, c’est-à-dire déjà 10 jours ET nuits ininterrompus de contestation sociale, avec des agressions et une violence excessive.

À ce jour, les chiffres sont incertains, car en plus de changer tout le temps, il n’y a pas de chiffres officiels et ceux que le gouvernement livre avec la complicité des médias officiels ne coïncident pas avec la réalité.

Ce sont des violations du droit international humanitaire.

Ce qu’on connait :

  • + de 37 tué.es par la police
  • + de 1700 victimes de violences policières
  • + de 1000 interpellations arbitraires
  • + de 26 personnes éborgnées
  • + de 11 victimes de violences sexuelles
  • + de 1500 blessé.es

Il est nécessaire que la communauté internationale soit consciente du massacre qui est commis contre le peuple colombien. Surtout contre les jeunes qui, mécontent.es de cette réalité, luttent contre cette politique néolibérale et narco-terroriste qui cherche à privatiser et vendre nos droits. La santé, les retraites, les ressources naturelles, l’éducation, la sécurité alimentaire et l’instauration de la paix, entre autres ; les jeunes ont inondé les rues de différentes manifestations d’indignation, de colère, de désespoir, d’amour, de liberté et de désir de changement.

Sous les ordres de l’ex-président génocidaire ALVARL URIBE VELEZ, du président IVAN DUQUE, du ministre de la Défense DIEGO MOLANO, du cabinet présidentiel, du général EDUARDO ZAPATEIRO, les forces militaires ont répondu par un bain de sang sans mesure. En regardant depuis leur bureau comment des garçons en uniforme tuent des garçons sans uniforme, un jeu de société pour ces indolent.es qui détournent les yeux de la réalité.

On voit dans les campagnes, les petites villes et les quartiers populaires comment les forces militaires sont déployées avec leur équipement de guerre nouvellement acheté (pendant la pandémie, ignorant les besoins d’un peuple affamé, enfermé et sans garanties d’une vie digne). Presque du cynisme au bout d’un an et dans les conditions où nous sommes.

Pour cela et bien plus encore, le peuple se lève en résistance pour un pays qui exige une paix qui n’implique pas l’absence de conflit mais la prépondérance de la justice sociale et les garanties d’une vie bien remplie.

Nous avons besoin de la solidarité de la communauté internationale et de nos frères et sœurs qui vivent à l’étranger ; en ces temps où la censure, la répression et la mort militarisent les rues ; quand ce sont nos jeunes, nos parents, nos étudiant.es, nos paysan.nes, nos autochtones et nos noir.es qui souffrent et résistent à la violence absurde de l’État.

Nous rendons visible et nous appelons non seulement au partage des informations mais aussi à la prise de conscience et à l’action des organisations internationales qui peuvent rendre possible la fin du massacre, et forcer le gouvernement de DUQUE à répondre aux demandes du peuple, non pas avec des balles, mais avec des politiques qui ouvrent la voie à un dialogue national pour LA VIE.

Le peuple a perdu sa peur et maintenant on lutte.

S.O.S Colombia




Source: Rebellyon.info