Janvier 4, 2022
Par Rouen Dans La Rue
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Note : Depuis la rĂ©alisation de ce reportage, un appel Ă  se rassembler devant le palais de justice de Rouen a Ă©tĂ© donnĂ© pour le mercredi 5 janvier 2022. Pour les Jardins Joyeux, l’enjeu est d’obtenir un dĂ©lais supplĂ©mentaire ou tout du moins, le respect de la trĂȘve hivernale.

Vendredi 17 dĂ©cembre, la cour d’appel de Rouen a rendu un verdict demandant l’expulsion des Jardins Joyeux pour le 10 janvier 2022 suivant de ce fait la demande qui Ă©tait celle du promoteur vĂ©reux Sedelka. Pourtant, chose curieuse, alors que la sociĂ©tĂ© rĂ©clamait l’annulation de la trĂȘve hivernale, le juge a omis de prĂ©ciser si celle-ci restait en vigueur.

Au-delĂ  de cet imbroglio, le jugement reste particuliĂšrement sĂ©vĂšre au regard de son contenu. En effet, la justice s’est tout bonnement contentĂ©e de nier la prĂ©sence dans l’édifice de personnes (dont des familles) sans domicile, balayant de ce fait toutes les preuves en tĂ©moignant prĂ©sentĂ©es par l’avocate des jardins.

Depuis maintenant 6 mois, les occupants du 2 rue de joyeuse se battent afin de protĂ©ger cet ancien foyer catholique d’un projet urbain destructeur : la construction d’une rĂ©sidence de prĂšs de 150 logements – la plupart de haut standing – au cƓur d’un quartier dĂ©jĂ  exigu.

Loin de se limiter aux personnes engagĂ©es dans le collectif, le projet de la sociĂ©tĂ© caennaise Sedelka rencontre aussi une nette hostilitĂ© de la part des riverains. S’étant fait une spĂ©cialitĂ© de racheter et saccager Ă©difices historiques le projet portĂ© par ce groupe implique notamment, la dĂ©naturation d’un bĂątiment du XVIIIĂšme siĂšcle ainsi que la construction d’une barre d’habitation coupant de part en part les jardins.

Pour les riverains, l’impact le plus pesant sera trĂšs probablement celui de la circulation. Afin de d’accĂ©der aux exigences du « tout-voiture » dans une ville oĂč la circulation est dĂ©jĂ  difficile, le projet prĂ©voit la construction d’un vaste parking souterrain pour la rĂ©sidence. Parking dont la sortie devrait aboutir Ă  l’angle de la rue de Joyeuse et de la rue des Deux Anges qui – bien qu’elles soient Ă  double sens – ne permettent pas aux voitures de se croiser.

Alors que le centre-ville de Rouen manque cruellement d’aĂ©ration, les occupants dĂ©sirent de leur cĂŽtĂ© voir les 4000mÂČ de jardins devenir un parc ouvert Ă  tous. Disposant d’ores et dĂ©jĂ  de potagers, cet espace aurait Ă  terme vocation Ă  devenir un lieu pĂ©dagogique oĂč chacun pourrait s’instruire sur la culture maraĂźchĂšre.

Bien Ă©videmment, le projet alternatif ne nĂ©glige pas les bĂątiments qui occupent une surface Ă©quivalente Ă  celle des jardins. IdĂ©alement, ces derniers devraient accueillir – comme c’est dĂ©jĂ  le cas – des activitĂ©s culturelles telles que des concerts ou des ateliers (thĂ©Ăątre, artisanat, etc.) essentiels Ă  une vie de quartier Ă©panouie.

MĂȘme devant cette dĂ©cision, les dĂ©fenseurs des Jardins Joyeux ne capitulent pas et sont dĂ©terminĂ© Ă  continuer leur lutte. Dans un premier temps, ils demandent un Ă©claircissement sur le sens de ce bien Ă©trange verdict.




Source: Rouendanslarue.net