Les hippies et les écolos granos refusent l’évidence: il faut un 3e lien. Nous avons réclamé et obtenu l’élargissement d’Henri IV, de Charest et de l’autoroute Laurentienne. Mais ce n’est pas encore assez de concession au lobby des automobilistes, des pétrolières et des concessionnaires. Il reste encore de la place pour pourrir ce monde.

Dans mon tank qu’on appelle « un SUV », je suis toujours jammé dans le trafic. Solution? Ajoutez de l’asphalte. Dans 5 ans, lorsqu’on sera encore coincés, ajoutez de l’asphalte. Et ainsi de suite, jusqu’à l’infini, dans une spirale infernale qui nous avalera tel un méga-flush de toilette apocalyptique. Jusqu’à ce que Saint-Roch soit enfin transformé en parking pour le Festival d’Été.

L’encre du rapport sur le projet de tunnel n’est pas refroidie que déjà nos gourous réclament une autre solution. Les libéraux, la chambre de commerce de Lévis et la radio-poubelle, tous nous crions à l’unisson « Que l’on continuuuue! ».

Dominique Vien la ministre de je-sais-pas-quoi a déjà fait la promesse de réaliser un autre rapport. Tout le cocus libéral de la région est d’accord. Vous n’avez rien vu? Pourtant c’était aujourd’hui, le même jour que le dépot du rapport sur le tunnel.

Puisque le tunnel est trop cher, faisons plutôt un autre pont, entre l’île d’Orléans et Lévis. De toute façon on doit déjà remplacer le pont de l’île. La voila la solution.

Mais voila entre les deux ponts, c’est facheux, qu’est-ce qu’il y a? Une île.

L’Île d’Orléans

Cette île n’est pas la romantique Capri. Elle n’est pas la joyeuse Tahiti. Encore moins la mythique île Pitcairn, refuge des mutins du Bounty.

Chaque jour, des milliers de touristes font le tour de l’Île. On peut à loisir y bousculer les cyclistes parasites qui votent pour Québec Solidaire incapables de se réfugier sur une piste cyclable inexistante. On peut y observer les travailleurs et travailleuses étrangers exploités pour des salaires misérables. On est bien obligé de faire appel à des Guatémaltèques parce que les BS québécois paresseux ne veulent pas faire la job.

Je suis dans mon gros char, vous suez à ramasser les fraises. Voila la preuve que le capitalisme fonctionne.

L’Île, c’est la campagne à 5 minutes de la ville. Vous savez, l’endroit ou pousse la bouffe qu’on mange tous les jours.

J’ai toujours habité dans la région. Depuis que je suis tout petit, on se rend sur l’Île pour faire de l’autocueillette de fraises et de pommes. C’est une des rares traditions que j’ai conservée. Noël a pris le bord, mais la récolte annuelle des fruits est restée.

Cette Île est belle.

Crissons une autoroute dedans.

Une belle grosse crisse d’autoroute grise encerclé de béton déchirant l’île en deux.

Les écolos prétendent que ça ne règlera pas le problème de congestion. Ils disent que le cancer est généralisé. Les autoroutes Henri IV, Laurentienne, la Capitale… Tout est jammé redde. En quoi un 3e lien pourrait corriger le problème de congestion sur Capitale?

Moi je vous le dit: crissez du béton. Partout. Maculez-en la ville au complet. Peut importe la question, une seule réponse: L’ASSPHATTTE.

Sacrifions la beauté aux dieux du béton.

Complétons la prophétie de Félix Leclerc

L’Île d’Orléans un dépotoir
Un cimetière
Parcs à vidanges, boîte à déchets
U.S. parkings
On veut la mettre en mini-jupe
And speak English
Faire ça à elle, l’Île d’Orléans
Notre fleur de lys