Si une guerre civile éclatait aux États-Unis, l’armée américaine ne parviendrait pas à rétablir l’ordre. C’est en tous cas l’hypothèse explorée par le journaliste Robert Evans dans l’épisode de son podcast It Could Happen Here que des lecteurs de lundimatin ont traduit et proposent à l’écoute cette semaine.

En 2016, Robert Evans se rend en Irak en tant que reporter de guerre, la même année, il couvre aussi les campagnes électorales des républicains et des démocrates qui mèneront à l’élection de Donald Trump. C’est en voyant les militants de l’alt-right brandir leur fusil mitrailleur et applaudir Alex Jones qu’il perçoit la possibilité d’une seconde guerre civile américaine, peut-être plus imminente qu’on ne l’imaginerait. C’est depuis cette intuition que le journaliste écrit et produit un podcast d’une dizaine d’épisodes de 45 minutes : It Could Happen Here.

Si le journaliste explore de multiples facettes de cette hypothèse, il ne prétend pas pour autant prédire l’avenir et se garde de sombrer dans le type de catastrophisme qui revient toujours in fine à légitimer l’ordre présent.

L’un des épisodes s’intitule : « Les bon côtés de la guerre civile ».

Tout l’intérêt de son travail réside au contraire dans le fait de rendre visibles les lignes de partage et les fractures de la société américaine aujourd’hui.

La défaite de l’armée américaine que nous publions aujourd’hui, tente de documenter les formes nouvelles de la guerre depuis leurs développements récents et réels : la colère exprimée dans le hip-hop à la veille des émeutes de Los Angeles en 1992, les réseaux clandestins d’armes à Kiev, un lieutenant américain en Irak qui autorise ses soldats à se promener armés de katanas, la mise à disposition en open source de plans d’armements par l’Etat islamique, une flotte de drones low cost qui anéantie une base aérienne russe, des talibans qui échappent aux détecteurs thermiques des hélicoptères américains en se camouflant sous des peaux de bête sur des pierres chaudes, etc.

A partir de ces pratiques éparpillées et en vis-à-vis des conditions d’exercice de l’armée américaine, Robert Evans conclu : si différentes poches antagonistes se soulevaient simultanément, l’armée américaine serait bien incapable de les écraser.


Article publié le 23 Fév 2020 sur Lundi.am