Ça gaze au lycée Jules Fil !

Ce vendredi 6 décembre, en début de matinée, alors que nous — enseignant.e.s de plusieurs établissements, travailleur.euse.s d’autres secteurs du service public, représentant.e.s de syndicats (CGT, FSU, FO, Solidaires) et Gilets Jaunes — bloquions dans le calme et sans violence les entrées du lycée Jules Fil de Carcassonne, la police nationale a brutalement tenté de nous déloger du portail principal. D’abord en nous poussant au moyen de boucliers, puis, comme nous tentions pacifiquement de tenir nos positions, avec des aérosols lacrymogènes à main au gaz poivre. Tout cela sans avertissement ni sommation.

C’est depuis l’intérieur de l’enceinte de l’établissement que les policier.ère.s ont mené leur opération, et leur présence dans la cour de notre lycée n’aurait pas été possible sans l’accord préalable de notre proviseur ou de la DSDEN (Direction des services départementaux de l’éducation nationale), qui ont donc consenti à ce que des enseignant.e.s soient bousculé.e.s et gazé.e.s par la police devant l’établissement où certain.e.s d’entre elles et eux enseignent.

Cette intervention policière violente est d’autant plus injustifiable que de nombreu.x.ses élèves, qui se tenaient alors tranquillement sur le parvis du lycée, ont elles et eux aussi subi les brûlures aux yeux et à la gorge produites par le gaz poivre. 

Sans compter qu’il y avait alors une coupure d’électricité dans tout l’établissement, ce qui empêchait de toute façon la tenue des cours, à moins d’accueillir les élèves dans des bâtiments sans chauffage, ni éclairage, ni réseau informatique. Le proviseur et sa hiérarchie sont-ils prêts à de telles extrémités pour maintenir l’ordre, et pour rendre invisible la colère de tou.te.s celles et ceux qui subissent la politique néolibérale du gouvernement Macron ainsi que l’insupportable répression policière sans laquelle cette politique ne pourrait être menée ? 

Ce cas est loin d’être isolé : à la date du 7 décembre, le journaliste David Dufresnes qui collecte et informe les faits de violences policières depuis le début du mouvement des Gilets Jaunes, recensait le 867ème d’entre eux ! En outre, ce dimanche 8 décembre, a eu lieu à Paris une marche des mamans pour la justice et la dignité, un an jour pour jour après que la police ait fait s’agenouiller 151 lycéens de Mantes-la-Jolie pendant une heure et demi. Et ce vendredi 6 décembre, un lycéen de 15 ans a été blessé par le tir de LBD d’un des policiers venus briser le blocage de son établissement. 

Pour notre part, nous condamnons fermement cette tentative d’intimidation et de découragement ainsi que toutes les violences policières, et nous n’en sommes que plus déterminé.e.s à poursuivre nos actions, pour l’avenir de nos élèves et de tou.te.s celles et ceux que l’on prive d’une vie et d’un avenir dignes. Nous ne lâcherons rien !


Article publié le 15 Déc 2019 sur Iaata.info