Avril 21, 2016
Par Non Fides
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Lundi de Pâques, deux militaires barrent l’entrée de l’escalier de la station de métro Comte de Flandres et fouillent les sacs de tous les gens qui veulent rentrer. Juste derrière eux, un photographe immortalise la scène. A une autre station, deux autres militaires empêchent en plus des personnes de sauter les portiques. Une station sur deux est fermée pour permettre un déploiement étendu d’uniformes. Un couvre-feu qui ne dit pas son nom a été instauré avec la fermeture des rames de métro à 19h. Dans leur bouche, c’est la « sécurisation du réseau souterrain ».

Devrait-on se sentir en sécurité quand des militaires quadrillent le territoire ? En 1993, des centaines de ceux-là sont envoyés en Somalie dans le cadre de la mission « Restore Hope », destinée également à rétablir un « niveau de sécurité suffisant ». Certains paras belges commettent alors sur des civils des actes sadiques, tels que maintenir un jeune Somalien au-dessus d’un feu, puis le piétiner. Les paras belges sont en outre accusés d’avoir tué froidement des Somaliens, d’en avoir frappé à coup de crosse, un soldat ayant même été condamné pour avoir commis un meurtre dans le but de faciliter un trafic d’armes. Pour une fois, cela s’est su et la nouvelle est parvenue jusqu’ici. Ce que les médias avides de scandale ont en revanche bien caché, c’est que ce genre d’actes de barbarie accompagne toute guerre. Dans chaque camp. C’est cela des militaires.

A écouter les sirènes médiatiques, on dirait que les soldats belges sont de braves bonhommes inoffensifs qui ne font pas grand chose, tandis qu’ils sont intervenus en Irak, en Afghanistan, au Mali et maintenant en Syrie. Accompagner au sol des F16 hollandais qui frappent le sol syrien, c’est participer à la guerre et aux massacres qui l’accompagnent. Faut-il rappeler qu’un soldat est programmé pour appuyer sur la gâchette sans réfléchir par lui-même ? Pour obéir à tout ordre venu de sa hiérarchie ? Ils tuent sur commande tout comme leurs adversaires déclarés dont ils seraient censés nous protéger. Face à cette logique où l’individu ne pense plus par lui-même, une chose reste à faire : rompre les rangs !

[Extrait de Ricochets, n° 15 – avril 2016.]




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