La Plateforme d’accueil des demandeurs d’asile est fermée pour cause de grève pour la semaine depuis lundi. Les salarié.es revendiquent notamment plus de personnel.

Une salariée témoigne auprès de l’AFP : « Nos conditions de travail sont extrêmement difficiles. Nous sommes quatre parfois même trois à l’accueil au lieu de six et demi pour recevoir 300 personnes par jour ». Dans les faits, quiconque s’est déjà rendu à la PADA le sait. Un rendez-vous y est synonyme dans le meilleur des cas d’une longue attente, pour un accueil bref. Trop souvent, c’est pour se voir donner un rendez-vous ultérieur, faute de temps pour recevoir les demandeurs.euses d’asile.

Non seulement iels sont contraint.es de patienter encore et encore des jours durant pour accéder à leurs droits, mais en plus iels sont exposé.es à des agressions répétées, tel « des tables, motte de beurre congelée et vaisselle qui sont jetées sur la file d’attente patientant dans la rue » comme le rapporte une salariée. Agressions qui ont atteint un nouveau niveau d’intensité la semaine dernière, avec des violences assorties de projections de gaz poivre qui ont provoquées plusieurs hospitalisations, selon la Provence.

Seules solutions proposées jusqu’à présent par la direction de l’association Forum réfugiés, gestionnaire de la PADA : « des médiateurs pour apaiser les tensions dans la foule et assurer la sécurité. » La Cimade quant à elle, déclare, « relayer leur [celui des salarié.es] message et réclamer de nouvelles normes de sécurité auprès du préfet de police ». Message surprenant, on voit mal comment plus de flics devant la PADA assurerait une meilleure sécurité aux demandeurs.euses, alors que ceux sont eux qui les tabassent, les raflent et les déportent tous les jours.

Schéma tristement classique, plutôt que d’augmenter le personnel d’accueil, on propose d’augmenter le personnel de répression. Cela s’était déjà vu en août dernier. Tout demandeur.euse d’asile a droit à un logement, et pourtant des centaines d’entre elleux sont à la rue à Marseille. Plutôt que de répondre à leur obligation légale de trouver des hébergements pour ces personnes, les services de l’État ont préféré virer de force les personnes qui dormaient dans la halle Puget, en face de la PADA, dans l’espoir d’accéder à leurs droits.