Janvier 19, 2021
Par Brest Media Libre
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Le rendez-vous était fixé à 15h, place de la Liberté. Progressivement, la foule s’est emplie, notamment rejointe par un cortège anti-capitaliste, parti de place Guérin à 14h. Malgré la bruine, nous étions entre 1000 et 1500 (déso, j’sais pas trop compter les grands chiffres, mais y avait du monde !).

Étaient présent·es devant la mairie les organisations associatives, politiques et syndicales telles que la Ligue des Droits de l’Homme, le Mouvement pour la Paix, la CGT, la france insoumise, le mouvement de benoît hamon, des syndicats d’étudiant·es,.. ; tandis qu’arrivées par le cortège anti-capitaliste, on retrouvait plutôt la CNT et l’UCL. De nombreuses personnes non-encartées enflaient les deux groupes. Le tram était bloqué. Du côté des pancartes, on pouvait lire « le patriarcat tue ! », « osons revivre ! », « en marche sur ta gueule ! », « NIKE LA LOICU GLOB », « free party – LIEURON A TOUT COMPRIS », « france totalitaire », « à la mémoire de Malik Oussekine, étudiant frappé à mort par la police lors d’une manif en 1986 », « halte au floutage de gueule » et côté banderoles, on lisait « sécurité sociale, révolution globale », « contre les violences policières, contre les lois sécuritaires, retrait de la loi sécurité globale ».




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Le rassemblement sur les marches devant la mairie laissa place à plusieurs prises de paroles, malgré des problèmes de son à certains moments. On retiendra une insistance sur l’article 24 du projet de loi Sécurité Globale (comme si toute la loi n’était pas à retirer), en citant notamment la position dans laquelle se trouveraient les journalistes présent·es dans les manifestations. Le même discours appuyait également la crainte d’une surveillance généralisée à l’ensemble de la population (qui jusque là se serait concentrée sur «  les black bloc et les hooligans »). Un fichage et une surveillance qui laisseraient la voie libre à un futur gouvernement fasciste (mais n’est-ce pas déjà le cas ?), notamment avec la vidéo-surveillance et la surveillance par le biais des réseaux sociaux tels que facebook, et par le biais des téléphones portables [1].

Pendant ce temps, plusieurs tracts ont été distribués, dont l’un du PCF réclamant une transparence sur le contenu des contrats passés pour les vaccins anti-covid avec l’industrie pharmaceutique (« L’argent public finance la recherche, par contre il ne faudrait pas qu’il serve à augmenter les dividendes des actionnaires de cette industrie »).

Pour sa part, le Collectif 29 pour l’Interdiction des Armes Nucléaires (CIAN29) nous informait de l’entrée en vigueur du Traité d’Interdiction des Armes Nucléaires (TIAN) vendredi prochain, rendant l’arme nucléaire illégale au regard du droit international [2].

Un autre tract de personnes se présentant comme autonomes se démarquait « des groupes politiques gauchistes et/ou réformistes. Des groupes qui contestent cette loi et semblent vouloir se poser encore une fois comme les coordinateurs, et surtout les leaders, d’une colère et d’une flippe plus que légitimes. Ces « forces » politiques […] dénoncent, dans leur opposition à cette loi, ce qu’elles appellent « les politiques sécuritaires » et les violences policières dont les « racisés » et les mouvements sociaux seraient les premières victimes. Elles remettent donc en cause l’action des outils répressifs et de contrôle de l’État sans remettre en question l’existence même de ces outils et ce qui expliquent leur existence, à savoir les rapports de domination et d’exploitation qui favorisent telle ou telle position dans la société française. […] En tant qu’autonomes, c’est donc ces rapports et ces conditions que nous combattons. Bien sûr, cela peut s’exprimer par des luttes partielles contre la répression ou contre des institutions telle que la police ou la justice. Mais, il est nécessaire, dans ces luttes, notamment si on espère dépasser leur cadre d’emblée restrictif, de rappeler le fond et les raisons du problème policier et de ses pires expressions que l’on appelle « violences policières ». En somme, on doit combattre les violences policières des keufs car on doit combattre les keufs. On doit combattre les keufs car nous combattons l’État et le capitalisme. On doit combattre l’État et le capitalisme car nous combattons les causes et les rapports qui permettent leur existence. […] »




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Après le départ en tête d’un des cortèges vers le centre commercial Jean Jaurès, un sound system tracté par un camping car s’est immiscé au milieu de la manif, suivi par des manifestant·es enjoué·es de sa présence. Pour rappel, lors d’une free party organisée à Lieuron (au sud de rennes) pour le nouvel an, cinq des organisateurices ont été interpellées : l’une d’entre elle est incarcérée et risque jusqu’à 10 ans de prison, les 4 autres ont été remises en liberté mais sous un contrôle judiciaire drastique, accusées de 16 chefs d’inculpation démesurés, pour avoir voulu danser une nuit de réveillon ! [3]

Ce sound system, sur lequel on pouvait lire «  Plus le son est fort, moins on entend le monde qui s’écroule  », n’était pas seul. On pouvait aussi entendre en milieu de cortège syndical une batukada ; ainsi que des sono mobiles ici ou là tout au long de la manif. Autant dire que l’ambiance était plus à la danse qu’aux habituels slogans de manifs.. même si on les a entendus lancés parfois en arrière-fond.

Parmi les pancartes et les banderoles traditionnels, on peut noter la présence d’une sublime cage de football en simili brique rouge « pour mettre fin à l’état d’urgence », ainsi que celle d’un gros ballon bleu et de deux ballons de foot. Tout cela n’était pas sans rappeler la déambulation du Grand Jeu du contre G7 des parlementaires, en septembre 2019, avec ballons et micro-défis anti-capitalistes sur le long du trajet.

La manif a laissé quelques traces sur son passage, dont de nombreux stickers contre le capital [4] ; et, à nouveau dans l’antinucléaire, des stickers bureburebure.info dont on peut se rappeler du niveau de surveillance et de répression subie depuis plusieurs années par les opposant·es au projet de poubelle nucléaire en meuse [5].

Quelques murs ont aussi été peinturlurés (parfois contestés par d’autres manifestant·es, au nom de la sacro-sainte propriété privée – « ça ne me dérangerait pas si la personne faisait des graffiti dans son salon, mais pas dans la rue  » Mais quel intérêt ?)..




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Après être redescendue jusqu’à l’arrêt de tram Château, par quelques détours de quartiers, la manif a remonté la rue de Siam jusque Liberté. La rue du commissariat était barriérée et gardée par une ou deux dizaines de CRS, peut-être en souvenir d’une manif de décembre ou un peu de peinturlurage avait été fait.. Devant la rue Colbert, les flics se reçurent tout d’abord une belle tournée de doigts d’honneur sur leur passage, avant qu’une partie du cortège ne s’arrête leur scander des « Tout le monde déteste la police  ! » et « La police déteste tout le monde  » ; « A.C.A.B. All Cops Are Bastards ! » ; slogans qui accompagnaient les tirs de ballons sur les keufs. Progressivement, la BAC en renfort procéda à un début de nasse, ce qui affaiblit le nombre de manifestant·es devant la rue Colbert [6]

Une large barrière de CRS munis de boucliers a progressivement pressé le pas des dernièr·es manifestant·es afin de les ramener place de la Liberté. Il était alors 17h15, et la manif près des sonos semblait vouloir se poursuivre.. Peut-être leur petit coup de pression était-il là pour raccourcir la manif en prévision du couvre-feu de 18h ? On apprend par la presse-torchon que 3 personnes ont été interpellées : une pour outrage et deux pour lancé de projectiles. Bon courage à elleux, restez prudent·es, et n’hésitez pas à contacter le collectif d’anti-répression brestois : brestantirep[a]riseup.net [7]




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Pour info, la prochaine manif contre la loi de Sécurité Globale est prévue pour le 30 janvier 2021. Mais d’ici là, très vite.




Source: Brest.mediaslibres.org