Février 18, 2017
Par Brest Media Libre
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Récit par la famille de Manuel décédé le 06 février.

Que s’est-il passé dans ce centre pénitentiaire ?

“Samedi 04/02/17, suite à la visite de son fils, avec qui il a passé passé un agréable moment (selon le témoin qui l’a amené), Manuel avait lui même affirmé « plus jamais un samedi sans lui ».

Quelqu’un qui demande à être avec son fils tous les samedis, pouvons nous dire de lui qu’il est candidat au suicide ?

Heureux d’avoir vu son fils, il est sorti jouer au foot avec d’autres détenus, et toujours aucune envie suicidaire perceptible chez lui. C’est à la suite de ce dégourdissement qu’une altercation éclate entre lui et une gardienne, et qu’un collègue de cette dernière intervient. Selon les témoignages des détenus, c’est finalement cinq matons qui sont intervenus et qui l’ont pris par les 4 membres (les jambes et les bras), pour pouvoir l’amener au mitard (cachot).

Ce samedi soir, toujours selon les détenus, Manuel a crié et pleuré car son bras lui faisait mal, certains ont même affirmé avoir entendu des coups pleuvoir. Suite à ces pleurs, les détenus affirment n’avoir plus rien entendu jusqu’au lendemain où Manuel a été retrouvé soit-disant pendu.

Aujourd’hui aucune vidéo de surveillance n’a été transmise pour « causes de travaux » (comme par hasard), c’est à dire que les caméras tournent sans enregistrer. Dois-je rappeler que nous sommes là dans un centre pénitentiaire, et que les moyens de sécurité et de preuves seraient minimes voir inexistants ?”

Plusieurs questions demeurent…

- Comment un détenu peut-il trouver les moyens de se pendre à l’isolement dans une cellule ?

- Pourquoi les caméras de surveillance n’enregistraient rien ?

- Comment peut-il réussir à se pendre avec une blessure qui lui fait tripler de volume sa main, blessure qui date du samedi soir ?

À ce jour, la famille a réussi à porté plainte, après une première tentative où les policiers ont refusé de prendre la plainte.

La famille ne comprend pas, assure que Manuel n’était pas suicidaire…

Elle exige des explications.

“Nous avons l’impression qu’ils veulent étouffer au plus vite l’affaire. […] Nous supposons d’ores et déjà qu’il y a quelque chose à cacher, quelque chose à ne pas ébruiter. Nous refusons de rester dans le silence plus longtemps, sans lumière nous restons dans le noir, comme un refus de faire notre deuil ! Nous sommes prêt à nous battre, à faire jaillir la vérité, nous demandons la publication de l’autopsie, que nous puissions voir plus clair, que notre esprit se repose et que Manuel soit en paix.”

En pièce-jointe, le récit complet par la famille de Manuel.

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