Durant le confinement on a fait face à la multiplication des agressions sexistes, racistes, transphobes et des violences policières ; cette liste des oublié.e.s est malheureusement infiniment longue.

Il est temps d’en finir avec les appels complaisants !

Le confinement n’a fait que mettre sous les projecteurs une suite d’oppressions et d’agressions perpétuelles, elles existaient avant la naissance de cette crise sanitaire et sans la destruction de ce système binaire, raciste et patriarcal, construit par et pour l’asservissement ; la violence de l’oppression ne peut que grandir.

L’état a pratiqué pendant le confinement et au-delà une propagande de peur afin de nous déresponsabiliser.

Le temps n’est plus à quémander des primes ni à accepter de baisser les yeux afin de recevoir sa médaille d’honneur. On subit depuis des siècles la volonté des « puissants » autoproclamés qui sont seuls décisionnaires étatiques ; sans les petites mains invisibilisées et non reconnues ils ne sont rien. Ils sont dépendants de nous et non l’inverse ! Il est urgent de se réorganiser par la base.

La répartition des rôles dans le travail met en lumière l’injustice et la souffrance que subissent quotidiennement des travaillereuses précaires ; à commencer par les Mamans/Pamans et le partage des tâches qui n’en a souvent que le nom, sans oublier le poids non quantifiable de la charge mentale que cela entraîne. Pour palier au manque de moyens matériels et humains dû aux décisions de capitalistes qui ne nous permette pas des conditions de vie décentes ; on peut penser à Nadia dans le 15e arrondissement de Marseille. Nadia travail pour toustes à Bassens : les cours et les devoirs, courses, paperasse, administratif… « Je les emmène aussi chez le médecin, à la pharmacie… Je fais la bénévole toute la journée ».

Aujourd’hui iels nous verbalisent pour l’achat de protections hygiéniques considérant cet achat de non indispensable, utilisant la répression comme fer de lance du patriarcat nous enfonçant de plus en plus la tête sous l’eau alors que la plupart des métiers du soin et du service sont occupés par des meufs. Parmi ces lieux de soin, de nombreuses demandes d’IVG ou de tests de grossesses ont été refusé, des soins urgents pour les personnes sans papiers ont été repoussé, un arrêt complet des soins dans les taules et dans les CRA… La seule réponse qu’ont obtenu les personnes victimes de violences conjugales et familiales, un seul et même numéro qui était tout autant obstrué que le SAMU. Franceinfo se réjoui du nombre de féminicides qui n’a pas obtenu le chiffre imaginé à l’annonce du confinement, youhou et sinon qu’est qu’on fout pour celleux qui continue à crever de violences ? Et toutes celleux qui n’ont pas été compté car ne comptant pas aux yeux de l’État ?

Nous crachons sur les dernières publications d’associations de femmes abolitionnistes utilisant le fait que le nombre important de personnes travailleureuses du sexe assassinées tous les ans soit de la faute du STRASS alimentant ainsi leur campagne pour la loi sur la pénalisation. (Syndicat du Travail Sexuel qui milite pour les droits et la protection des TDS et s’oppose de ce fait à la loi de pénalisation des clients mettant en danger les TDS). Une immense pensée à Jessyca et Lorena, toutes les deux mortes assassinées sous les coups de la transphobie et la putophobie. Et pour toustes les oublié.e.s anonymes et isolé.e.s.

Confinement ou non, le nombre d’agressions envers les personnes minorisées ne cesse d’augmenter et la santé mentale a été écorchée en se retrouvant confinées avec leur famille ou parfois seules sans soutien.

On pense aux dernières victimes de transphobie : Herma, Mathilde et Hillary. Certain.e.s chirurgien.ne.s se sont permis de juger de l’urgence d’une opération de transition et ainsi d’en reporter la plupart sans aucun soutien psychologique.

Nous voulons porter notre big up à Assa Traoré et à toutes les personnes qui luttent contre les violences policières dans les quartiers. Cette situation de crise sanitaire n’a fait qu’amplifier les victimes de violences perpétuées par les flics dans nos rues et dans les quartiers.

Un énorme soutien à Minneapolis et à leur rage qui résonne jusqu’ici ! Nos rues sont devenues un lieu de verbalisation de masse des SDF pour non respect du confinement, on nous a martelé de #Restezchezvous, mais que veut dire restez chez soi quand tu vis dehors ou dans un 10m2 ? A

quel moment est-ce devenu acceptable de s’indigner d’un arrêt de bus cassé et pas de la personne qui dort dedans !? #soutien aux familles des vitrines

On a arrêté le compte des expulsions de squats d’habitation pendant la trêve hivernale, l’État et ses complices ont foutu dehors des familles entières et des personnes sans aucun autre lieu où se confiner.

On oubliera pas non plus les meufs âgées isolées loin des grands débats ;qu’on laisse crever dans des mouroirs parce qu’inutiles à notre société patriarcale : elles ont fini d’être mère, ne peuvent plus répondre aux attentes normées des hommes, ne sont plus considérées comme désirable et pour ces seuls critères jetées au rebus.

On oubliera pas non plus qu’à valideland les personnes handi.e.s on dû encore un peu plus galérer notamment par l’isolement géographique de leurs lieux de vie.

Que tu sois en blouses blanches quelles que soient sa taille, en uniforme à l’effigie de ton exploitant, en EPI d’éboueureuses, sur ton scoot d’Uber Eats, ouvriereuses du bâtiment ou du travail de la terre, dans tes habits salés dans ta courses au services que tu délivres aux personnes de tout âges, automate dans une chaîne de production, tu t’es retrouvé.e.s dans un étau plus resserré encore durant cette période d’enfermement forcée qui rappelons-le découle d’un choix économique au prix de notre santé. A être glorifiés au 20h iels auraient presque voulu nous faire oublier les responsables de la non gestion de cette crise.

Pour toutes ces agressions il n’y a jamais eu de « avant » Covid et « d’après », ça a toujours été et ça continue aujourd’hui, il faut pulvériser ce système patriarcal et on y arrivera avec notre rage collective !

La révolution sera queer et féministe ou elle ne sera pas !

C’est nous les paillettes, on veut du fun dans notre rage !

RDV à Liberté le 8 juin à 12h pour se rencontrer et sur la place Guérin à 18h le même jour pour partir en boom ambulante !}

*Sans mecs cis : personnes assignées mec à la naissance et se reconnaissant exclusivement dans ce genre.


Article publié le 06 Juin 2020 sur Bourrasque-info.org