Juin 7, 2020
Par Contretemps
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[extrait] 1 – La démission du Ministre de la Justice, Sergio Moro, est aussi la confirmation que la consigne «Bolsonaro, Dégage !» est la tactique adéquate en ce moment pour l’opposition de gauche. Le PSol (Parti Socialisme et Liberté)  et maintenant le PT (Parti des Travailleurs) ont correctement décidé de défendre cela. C’est un slogan d’agitation, ce n’est pas encore pour l’action. Le succès de la campagne politique ordonnée autour du programme d’action qui unifie les consignes : «Sauver des vies, stopper les licenciements, renforcer le Système Unique de Santé (SUS), taxer les grandes fortunes, Bolsonaro Dégage !» dépend de l´existence d´un front uni de gauche. La décision d´y participer a généré une forte polémique. Certains pensent que c’est une décision précipitée, d’autres considèrent que nous avons des semaines, voire des mois de retard. Les deux positions sont compréhensibles. A chaque altération de la situation politique, on peut s’attendre à des débats sur les tactiques. Nous sommes dans une situation réactionnaire depuis 2015. Depuis lors, nous n´avons fait qu´accumuler des défaites. Maintenant que Bolsonaro est devenu plus fragile, apparaissent les doutes. Savoir évaluer les circonstances, le rythme et le bon moment, est d’une importance cruciale pour définir ce qu’il faut faire. Après tout, « A bas le gouvernement ! » n’est pas le onzième commandement caché ! On n’est pas plus révolutionnaire parce que l’on a défendu « Bolsonaro, dégage ! » quelques semaines ou mois avant les autres. C´est encore plus vrai en ces temps de confinement, sans conditions de se mobiliser efficacement pour renverser le gouvernement.  Aucun pouvoir ne fut jamais renversé par la gauche sans une mobilisation populaire monumentale, extraordinaire et colossale. D’ailleurs, nous ne pouvons tenter cela en ce moment. De plus, la gauche doit avoir un projet. Apprenons de ce qui s’est passé au Chili : Piñera trembla, mais ne tomba pas.




Source: Contretemps.eu