Mars 29, 2019
Par Paris Luttes
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Dans un communiqué, la famille Garand revient sur les deux années qui ont suivi la mort d’Angelo, abattu par les gendarmes du GIGN, et sur la nécessaire lutte contre le racisme et la violence d’État. Une nouvelle marche est organisée à Blois le 30 mars 2019.

Marche pour Angelo : « Nous réaffirmerons haut et fort la nécessité humaine et politique de notre combat »

Cela fera deux ans jour pour jour que notre cher Angelo a été exécuté sans sommation, de 5 balles dans le torse, par deux gendarmes d’un commando de l’AGIGN de Tours venu l’interpeller à Seur, pendant un repas de famille ; deux ans que chaque 30 du mois, nous revivons la terreur du 30 mars 2017 ; deux ans que nous avons rejoint la grande famille combattant depuis des décennies l’impunité quasi-garantie par l’État à ses agents de la force publique qui en abusent.

Dans la mort d’Angelo, une juge n’ayant pas instruit l’enquête a ordonné un non-lieu à Blois en octobre 2018, au prétexte que les tueurs auraient agi en légitime défense (art. 122-5 du code pénal). Il est exceptionnel que la justice ose sur ce motif préserver les auteurs avérés d’un homicide d’avoir à en être publiquement jugés, au mépris des parties adverses et de leur droit à un vrai procès.

Cette décision inique a été durcie en appel à Orléans le 7 février 2019, par un arrêt selon lequel les deux tireurs auraient tué dans le cadre légal propre aux gendarmes et policiers (art. 122-4 du code pénal et art. L435-1 du code de la sécurité intérieure). Selon les termes de ce récent article L435-1, dénoncé par nos familles en lutte en tant que permis de tuer, les agents peuvent faire feu à la condition première de répondre à une « absolue nécessité et de manière strictement proportionnée ».

Un procès doit avoir lieu pour que soient publiquement examinés les faits

Mais en aucun cas l’interpellation d’Angelo ne nécessitait ce déchaînement de violence armée, comme en témoignent nos proches présents sur les lieux. Alors que des indices censés corroborer les allégations des tueurs ont été relevés sur une scène modifiée, un procès doit avoir lieu pour que soient publiquement examinés les faits. Nous avons donc formé un pourvoi en cassation, car notre parole de Voyageuses et de Voyageurs compte. Nos vies de discriminé⋅es comptent.



Soyons nombreuses et nombreux à 14h30, place de la Résistance, à exiger Vérité et Justice,
et qu’enfin cesse le carnage. Nous marcherons, dans la force et la dignité de nos liens avec toutes celles et tous ceux qui luttent pour leurs mort⋅es, pour leurs blessé⋅es, avec les exilé⋅es, les précarisé⋅es, les racisé⋅es, les humilié⋅es, les invisibles, pour l’égalité réelle, pour nos enfants, qui ne doivent pas grandir dans cette société-là sans nous voir combattre tant qu’il le faudra son injustice. Seules nos solidarités pourront en venir à bout.

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