Mars 20, 2018
Par Le Poing
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Patrick Gilli, président de l’université Paul Valéry depuis mars 2016

Montpellier Poing Info, le 20 mars 2018 – Le président de l’université Paul Valéry, Patrick Gilli, semble perdre ses nerfs. Dans un article sobrement intitulé « À l’université Paul Valéry, “le mouvement s’est radicalisé” », paru aujourd’hui dans Midi Libre, Patrick Gilli enchaine les intox à propos de la mobilisation étudiante contre la loi Vidal.

1) Patrick Gilli n’a pas « réussi à négocier » l’accès des bâtiments aux stagiaires et à ceux qui préparent le Capes, c’est l’assemblée générale qui en a décidé ainsi.

« Tout le campus est bloqué […] hormis quatre cours que nous avons réussi à négocier : les étudiants qui préparent le Capes ont une salle […], ceux en formation continue ont pu signer leurs feuilles d’émargement ainsi que leurs conventions de stage, des conditions sine qua non à la poursuite de leurs études ». Dans cet extrait, Patrick Gilli laisse entendre que les étudiants mobilisés auraient d’abord refusé l’accès des bâtiments aux stagiaires et à ceux qui préparent le Capes, mais qu’ils auraient ensuite changé d’avis et libéré les accès des bâtiments suite à des « négociations » avec Patrick Gilli. C’est faux. Dans le compte-rendu de l’assemblée générale (AG) du 15 mars, à laquelle plus de 1000 étudiants ont participé, il est en effet marqué : « en cas de blocage, laisser un accès : 1) aux CAPES pour réviser leurs concours (ADOPTÉE) ; 2) au personnel administratif qui s’occupe des stages (ADOPTÉE) ». Ce sont donc les étudiants qui ont décidé de permettre aux stagiaires et à ceux qui préparent le Capes d’avoir accès aux salles, et non Patrick Gilli.

2) Patrick Gilli ment sciemment quand il dit qu’« aucun mouvement de grève n’a été déposé » par les enseignants.

À la question : « Comment les enseignants se positionnent-ils face au blocage ? », Patrick Gilli répond : « Ils sont unanimement contre sur le principe. Mais je ne connais pas le sentiment général du corps enseignant comme aucun mouvement de grève n’a été déposé ». Dans cet extrait, Patrick Gilli réussit l’exploit de mentir deux fois dans une seule phrase. Lors de l’AG des membres du personnel de Paul Valéry du 8 mars, à laquelle environ 150 personnes ont participé, un intervenant a rappelé qu’il ne fallait « pas déléguer aux seuls étudiants la lutte pour la défense du service public », alors que la faculté venait d’être bloquée le matin même. Sur la question de la grève, le compte-rendu de cet AG est très clair : « les personnels de l’université Paul-Valéry Montpellier 3, réunis le jeudi 8 mars 2018, appellent les personnels de l’université Paul-Valéry Montpellier 3 à se mettre en grève le jeudi 15 mars 2018, ce afin de marquer leur désaccord avec le “Plan Etudiants” […] Voté à l’unanimité, moins 1 contre, 3 abstentions et un NPPV. » Les membres du personnel se sont de nouveau réunis en AG le 15 mars et ont voté pour « refuse[r] la logique de division entre les différentes catégories de personnels, entre les personnels et étudiant.e.s, entre les filières » et pour « appelle[r] à la grève le jeudi 22 mars, journée de défense de la fonction publique et des services publics » (voir le compte-rendu). Comble de la malhonnêteté : Patrick Gilli était présent lors de l’AG du 8 mars.

3) Ce n’est pas un « groupuscule d’élèves » qui a réclamé la démission de Patrick Gilli, mais plus de 1000 étudiants.

Quand le journaliste du Midi Libre fait remarquer à Patrick Gilli que « certains élèves ont demandé [sa] démission », il répond que cette revendication émane uniquement du syndicat étudiant le « Scum, un groupuscule d’élèves. Ils ne sont que 20 membres. » Si un élu du Scum a bel et bien demandé à Patrick Gilli de démissionner lors du conseil des études et de la vie universitaire du 13 mars, la légitimité de cette demande émane surtout de l’AG du 15 mars au cours de laquelle les 1000 étudiants présents ont voté à une écrasante majorité pour demander à Patrick Gilli de démissionner, y compris ceux qui étaient contre le blocage.

4) La faculté Paul Valéry n’est pas la seule à se mobiliser contre le plan étudiants.

À la fin de l’entretien, Patrick Gilli affirme que « les bloqueurs espèrent un mouvement d’ampleur nationale, mais ce n’est pas le cas. Paul Valéry reste dans un entre-soi contestataire qui n’est pas suivi par les autres universités »… sauf à Paris, Nantes, Bordeaux, Besançon, Tours ou bien encore Rennes – liste non exhaustive des villes dans lesquelles des facultés ont été bloquées ces dernières semaines.  À Toulouse, ils étaient plus de 2500 en AG le 13 mars. Que Patrick Gilli le veuille ou non, la mobilisation des étudiants de Paul Valéry s’inscrit bel et bien dans un « mouvement d’ampleur nationale ».

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