Octobre 16, 2021
Par Contrepoints (QC)
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St-Édouard-de-Maskinongé, le 15 octobre 2021, un groupe d’allochtones a bloqué le chemin de fer du CN reliant Montréal à l’Abitibi et au Saguenay–Lac-St-Jean pendant un peu plus d’une heure. L’action se veut un geste de solidarité avec les luttes des gardien·nes de la terre du peuple Wet’suwet’en contre la construction du pipeline de Coastal Gaslink sur leurs terres ancestrales, en soi-disant Colombie-Britanique.

Samedi le 9 octobre 2021 un campement érigé par la communauté sur leur territoire a été violemment détruit par la police coloniale de la GRC. Le blocage de St-Édouard-de-Maskinongé s’inscrit dans un ras-le-bol face à la violence coloniale du gouvernement canadien et en réponse à l’appel à la solidarité lancé par le clan Gidimt’en. Une bannière sur laquelle on pouvait lire « Solidarité avec le peuple Wet’suwet’en et le clan Gidimt’en » et « #AllOutForWedzinKwa » a été déployée et un feu a été allumé près du chemin de fer.

« Le feu allumé symbolise une veille, un rappel à l’état colonial et à l’appareil extractiviste que nous surveillons. Il rappelle que nous dénonçons ses gestes de violence envers la terre et les peuples qui la protègent. Ce chemin de fer a été choisi comme étant un point névralgique du transport du minerai, du bois, et autres matériaux extraits des territoires non cédés de la soi-disant Abitibi et du Saguenay–Lac-St-Jean, véritable vache à lait du capitalisme! » – Une manifestante, membre du comité des Feux-Follets.

Rappelons que Coastal Gaslink (CGL) procède actuellement à la construction d’un pipeline de 670 Km à travers le territoire traditionnel de la communauté Wet’suwet’en et ce, sans leur consentement. Depuis plus de 15 ans, la communauté et leurs allié·es se battent avec ardeur contre cette intrusion dans leurs terres. En 2020, les actions de solidarité se sont manifestées par des blocages qui ont paralysé l’économie canadienne. Au moment où la pandémie de Covid-19 prenait toute l’attention médiatique, les travaux d’implantation du pipeline par la compagnie se sont accélérés, en complicité avec l’état colonial. De plus, les actes de violences perpétrés par la GRC et les agents de sécurité de CGL envers le peuple Wet’suwet’en se poursuivaient et se poursuivent toujours, notamment par la destruction de campements et d’un lieu de guérison, par de nombreuses arrestations et électrocutions par taser. Malgré cela, les gardien·nes des terres restent fort·es et résistent.

« Notre manière de vivre est en danger. La rivière Wedzin Kwa nourrit tout le territoire Wet’suwet’en, elle est la source vitale de la nation Wet’suwet’en. » – Sleydo’, correspondant Gidimt’en.

La semaine d’action se poursuit jusqu’au 15 octobre, d’autres actions de solidarité ont lieu un peu partout au soi-disant Canada.




Source: Contrepoints.media