Décembre 18, 2020
Par Paris Luttes
280 visites


On nous annonce 124 garde-à-vues.. un chiffre qu’on avait pas vu depuis plusieurs mois.

La préfecture s’est vengée, sans doute avec la bénédiction du gouvernement, des deux manifestations précédentes. En frappant fort, au hasard et sans raison. En matraquant et gazant à tout va (à la bombe au poivre plutôt qu’au palet de lacrymo), et en interpellant environ 150 personnes dont quelques dizaines de mineur.e.s. De nombreuses personnes ont été blessées lors de charges particulièrement violentes.

Ce week-end on peut dire que le numéro de tel et que les noms d’avocat.e.s proches de la Legal Team ont bien tourné, et on s’en réjouit. Malheureusement, on continue de voir au tribunal des manifestant.e.s défendu.e.s par des commis.e.s d’office ou par des avocats très (trop) médiatiques et au sujet desquels il y a beaucoup à redire..

Continuons donc de nous former dans nos collectifs respectifs et de diffuser des bonnes pratiques autour de nous. On vous renvoie à cet article pour plus de conseils :

et à notre page sur le site du réseau d’autodéfense juridique collective (Rajcol) : https://rajcollective.noblogs.org/les-collectifs-locaux/paris/

Pour tirer un bilan des conséquences de la répression judiciaire de samedi, voilà ce qu’on peut dire.

Entre lundi et mardi, concernant les personnes que l’on suivait ou dont on a pu avoir des nouvelles :

  • Une dizaine de personnes sont sorties avec un rappel à la loi (RAL). On tient à rappeler que ces RAL peuvent parfois être assortis d’interdiction de manifester ou de se rendre dans certaines zones, et on encourage les gens à ne pas respecter ces mesures complémentaires au RAL (voir ici)
  • Deux personnes ont vu leur procès renvoyé à une date ultérieure par procès verbal (donc sans passer par la case « comparution immédiate »)
  • Onze personnes sont passées en comparution immédiate (CI). Parmi ces onze, une personne a pris trois mois de sursis, une autre en a pris dix, et neuf personnes sont renvoyées pour des procès en janvier, sous contrôle judiciaire mais sans détention provisoire.

    Notons que ces contrôles judiciaires étaient quasi systématiquement des interdictions de manifester jusqu’à la date du procès « afin d’éviter la réitération » du délit non encore jugé…. Et nouveauté, le proc de mardi demandait une caution de 500 € en plus du contrôle judiciaire à celleux qui voulaient un renvoi de leur CI. Donc dans cette logique si tu n’as pas de travail tu vas en détention en attendant ton procès et si t’en as un tu paies pour ta liberté !!! Heureusement, cette fois-ci la juge n’a pas suivi cette dégueulasserie, mais qu’en sera-t-il la prochaine fois ?
  • Enfin, et plus inquiétant encore, une instruction a été ouverte à l’encontre d’un.e camarade.

Certaines personnes interpellées samedi en début d’après-midi sont donc passées en CI le mardi après 21h, et sont probablement sorties du dépôt encore après, soit 80h de privation de liberté pour certain.e.s !! Alors qu’on ne peut légalement pas passer plus de 20h dans les geôles du tribunal… Leur astuce pour atteindre de telles durées et faire vivre à des gens cet enfer ? Les keufs vous amènent au tribunal le lundi après-midi ou soir, puis vous montez dire « bonjour » à un.e juge pendant les CI d’autres personnes pour « faire péter le délai de 20h ». Mais votre CI à vous aura lieu 24 à 30h plus tard. Ainsi on considère que vous n’avez pas passé plus de 20h au tribunal sans voir de juge…

La privation de liberté, préventive ou non, devient la norme. Et décider d’aller en manif implique désormais de se préoccuper sérieusement des trois ou quatre jours qui suivent, de son emploi quand on en a un, de sa famille quand on subvient aux besoins de personnes à charge… De quoi en dissuader plus d’un.e.

Du côté des mineur.e.s, à notre connaissance aucun.e n’a eu de poursuites, mais plusieurs ont passé 48h au poste et en sont sorti.e.s avec des réparations pénales qui peuvent prendre la forme de « stages polices »… Un descriptif en ligne : « travail de groupe d’environ 10 adolescents, sur la notion d’autorité et le respect dû à ses représentants, mais aussi sur la justice, ses acteurs et son mode de fonctionnement. Basé sur des échanges, il inclut une rencontre avec les fonctionnaires de Police ».

On sait pas vous, mais nous on a vomi…

Une note plus positive pour conclure. Il y avait beacoup de monde au tribunal et devant le dépôt pour soutenir les camarades déféré.e.s et ça fait vraiment du bien. Continuons d’organiser des rassemblements de soutien devant les comicos, le TGI, de venir soutenir nos potes mais aussi tout.te.s les interpellé.e.s.

Nous rappelons que tous les frais d’avocat.e.s seront payés par la caisse de soutien de la coordination antirépression, nous avons donc besoin de la solidarité de tou.te.s !

Vous pouvez faire un don en ligne au lien suivant : kutt.it/stoprep

La solidarité est notre arme.

Pour nous contacter :

  • Par mail à [email protected]
  • Au téléphone et pour les urgences uniquement au 07 52 95 71 11

La Legal Team Paris




Source: Paris-luttes.info