La période électorale se termine avec ces dernières élections législatives et nous laisse un peu de répit pour tenter de faire un rapide bilan du début de quinquennat Macron.

Au niveau national le « renouveau » de la politique s’illustre par les départs de Richard Ferrand, François Bayrou et Marielle de Sarnez du gouvernement. Ferrand suite à l’affaire des Mutuelles de Bretagne, Bayrou et de Sarnez suite au coup de fil du président du MoDem à France Inter et des soupçons d’emplois fictifs qui visent ce même parti. Rappelons au passage que c’est François Bayrou lui-même qui devait porter le projet de loi de moralisation de la vie politique…

Du côté du parlement, la grande gagnante de ces dernières élections législatives reste l’abstention avec 57,4% pour le second tour, à laquelle viennent s’ajouter les 9,87% de votes blancs et nuls. Un rapide calcul nous révèle que seulement 32,73% des personnes inscrites sur liste électorale ont exprimé un vote valide. De quoi relativiser la majorité absolue acquise par LREM à l’assemblée.

Nous aurons aussi la surprise de voir le populiste Ruffin aux côtés de ses camarades populistes Mélenchon et Le Pen (mise en examen pour l’affaire des assistants parlementaires) sur les bancs de l’assemblée nationale. L’avant-garde éclairée de la classe ouvrière pourra donc s’agiter dans tous les sens dans une assemblée macroniste sans que cela ait le moindre impact sur la politique nationale. Mais peut-être que les ventes de Fakir, journal souverainiste, en profiterons autant que de l’inexplicable palme d’or accordée à Merci Patron. Les «insoumis» entament donc leurs mandats en se faisant remarquer par leur refus de porter la cravate à l’assemblée. Un acte profondément révolutionnaire qui ébranlera certainement le système et qui pourrait presque nous faire oublier qu’ils en sont des pions comme les autres.

A Rodez nous avons assisté à la chute de Censi, battu à une large majorité (près de 70%) par l’ancien sénateur et conseiller départemental Stéphane Mazar qui a laissé le PRG pour LREM. Matthieu Danen (FN) a lui décidé d’arrêter la politique locale. Probablement parce qu’enchainer les tôles électorales et voir la Manif pour Tous 12 se dissoudre n’aide pas à garder le moral. Rappelons que Danen n’a fait que 9% aux municipales de Rodez en 2014, 6% aux législatives de 2017 et que le FN n’a pas atteint 12% à Rodez pour les présidentielles.

Bref, la politique reste ce qu’elle a toujours été. Des magouilles, de l’esbroufe et du grand foutage de gueule. Mais la participation active des masses à ce grand cirque s’atténue et l’abstention ne cesse de croitre. C’est assez pour rester optimistes.