Avril 11, 2021
Par Campagne BDS France
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La Semaine contre l’Apartheid Israélien (IAW), de quoi parle-t-on ?

Lancée en 2005, à Toronto par des étudiant-e-s arabes, la semaine contre l’apartheid israélien (IAW) est aujourd’hui un important événement international de solidarité avec la Palestine qui à l’origine visait à parler de la Palestine dans les universités, sur les campus, etc.

Depuis 2005, la semaine contre l’apartheid israélien (IAW) a lieu dans plus de 200 universités et villes partout dans le monde. Des projections de films, des conférences et des actions sont mises en place et s’étendent en général sur tout le mois de mars en vue :

-d’alerter l’opinion publique sur le projet colonialiste d’Israël et sur sa politique d’apartheid vis-à-vis du peuple palestinien

– d’accroître le soutien à la campagne de Boycott, Désinvestissement et Sanctions (BDS) contre l’apartheid israélien, initiée par les Palestinien-ne-s dans leurs luttes pour la justice et la liberté.

Depuis deux ans, l’IAW souhaite créer une opportunité de renforcer les liens entre les luttes de libération des Palestiniens et Palestiniennes et d’autres luttes contre le racisme systémique, les violences patriarcales, l’injustice climatique, l’austérité néolibérale, et les inégalités économiques, parmi d’autres oppressions qui continuent de nous asphyxier toutes et tous.

En 2021, la semaine a été lancée par Angela Davis et s’est tenue du 14 au 21 mars avec la mise en place de différentes actions par des comités BDS un peu partout dans le monde telles que la réalisation de vidéos et la mise en place de webinaires.

En France, ce sont trois personnes inspirantes et puissantes qui nous ont fait l’honneur de se filmer en lisant l’appel de l’IAW, il s’agit de Amal BENTOUNSI, Michèle SIBONY et Francoise VERGES.

Plusieurs projections de cet appel ainsi que de celui de l’IAW International ont ensuite eu lieu en France d’un balcon ou dans des salles de spectacles fermées, en raison de la situation sanitaire… à Saint Etienne et à Marseille!

Enfin, le 31 Mars dernier s’est tenu un webinaire intitulé « De la Palestine à la France: colonialismes, racismes et résistances » réunissant près de 110 personnes en direct sur nos réseaux sociaux

Avec:
Nada AWAD, chargée de plaidoyer international au Cairo Institute for Human Rights Studies
Françoise VERGES, politologue et militante féministe décoloniale
Sihame ASSBAGUE, journaliste et militante anti-raciste

Nada Awad nous a parlé de la dépossession des Palestinien.nes et de leur fragmentation qui permet l’arbitraire des politiques israéliennes, l’instauration de l’apartheid, de violences et d’oppressions institutionnalisées, l’interdiction de l’expansion des quartiers palestiniens, des regroupements familiaux etc. Nada, qui vient de Jérusalem, ne peut pas choisir de vivre où elle veut en Palestine. Elle dénonce le blocus sur Gaza, le mur, la destruction des maisons, la détention administrative, les prisonnier.es politiques, dont des enfants qui subissent des tortures, les peines collectives imposés sur l’ensemble de la population palestinienne et même la rétention des corps palestinien.ne.s.

Sihame Assbague dénonce le mythe universaliste, alors que la France reste profondément structurée par un récit colonial qui survit dans les discours, les pratiques, les pouvoirs où sont visées les descendant.es de l’immigration post coloniale. Les jeunes hommes arabes ou noirs ont 20 fois plus de chances d’être contrôlés en France. Quand on est noir, arabe ou rrom, ces discriminations se traduisent aussi par des entraves à la circulation, à l’emploi, au logement, à l’accès aux loisirs, aux activités culturelles… Au-delà des discriminations, il s’agit aussi de neutraliser les esprits et les corps, les luttes des personnes concernées, ce qui passe par la répression policière et neutralisation de toutes les associations qui s’auto organisent pour dénoncer le racisme d’etat, le continuum colonial. On criminalise l’anti-sionisme, la campagne BDS, et aujourd’hui le Collectif Palestine Vaincra est menacé de dissolution…

Françoise Vergès affirme que s’il existe des similitudes entre la situation en Palestine et en France, c’est qu’il y a une continuité dans les structures du colonialisme, dont nous ne sommes pas sortis. En Palestine comme en France, l’Etat s’arroge le droit de rentrer dans les maisons, de protéger certaines personnes mais pas d’autres, de criminaliser des enfants, de pratiquer des rituels d’humiliation quotidiens pour rappeler à chaque personne qui domine. La France veut absolument faire croire que le colonialisme s’est arrêté en 1962: ces gens sont dans le déni! Il existe un continuum colonial et patriarcal. La France continue à intervenir partout dans le monde, et a toujours des colonies : les outre-mer.

Pour Nada Awad, il faut changer le discours, et dépasser la fragmentation du discours instaurée par Israël et accentuée par la Covid. Il est temps d’arrêter de parler de conflit entre deux groupes comme s’ils étaient égaux. Le discours est un moyen de résister si les Palestinien.ne.s peuvent se réapproprier le récit de leur histoire.

Pour Sihame Assbague, il y a un énorme travail de lutte, d’alerte, et de sensibilisation sur les violences et les crimes policiers. Sur la question de l’islamophobie, il faut se mobiliser contre les projets de lois en cours, et l’oppression envers les organisations et les collectifs.

Pour compléter ce qu’a dit Sihame, Françoise Vergès y ajoute le rôle de l’éducation et de la contre éducation, car il y a une grande demande de la part de la jeunesse notamment. L’enjeu est de mettre en lumière des pans toujours cachés de l’histoire.

A propos de féminisme, Nada Awad précise: « En tant que femme palestinienne, il y a des spécificités souvent mal connues, on est de fait sur plusieurs fronts… contre l’apartheid israélien mais également à l’intérieur de la société dans laquelle on vit ». Françoise Vergès ajoute « L’Europe pense qu’elle a inventé le féminisme« …

A propos de la solidarité des populations post-coloniales en France avec la Palestine, Siham Assbague rappelle que « La Palestine a toujours été une pièce maîtresse pour les personnes descendant.es de l’immigration coloniale, car il y a des similitudes sur ce que produit la colonialité, de même qu’il existe des liens entre les luttes contre les violences policières, et les luttes anti coloniales ».

Enfin, pour développer le BDS en France, Nada Awad conclut en disant: « Il faut vraiment que l’on change le discours sur la Palestine, il faut changer la manière dont les gens perçoivent ce qui se passe, mais également continuer à rappeler aux Etats qu’ils n’ont pas à soutenir un Etat d’apartheid, et continuer à faire pression. Il faut utiliser tous les moyens légaux pour lutter. BDS est primordial pour mettre fin aux injustices »

Un grand merci aux intervenantes qui nous ont permis de réaliser cette édition 2021! 

Cette année de nombreux événements ont encore lieu un peu partout dans le monde! 

Retrouvez l’ensemble des infos ici: https://bdsmovement.net/iaw

Retrouvez l’ensemble des webinaires et autres événements sur la page facebook de l’IAW International: https://www.facebook.com/IsraeliApartheidWeek.IAW

Boycott du régime colonial! Tahya Falastin!

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Source: Bdsfrance.org