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« Libre Flot Â»
Les fonctions de la police !
Affaire « Pegasus Â»â€Š suite
Encore un assassinat de la BAC !
La VSA ? [1]

« Libre Flot Â»

Le 8 dĂ©cembre 2020, la direction gĂ©nĂ©rale de la sĂ©curitĂ© intĂ©rieure (DGSI) arrĂȘtait 9 militant.es libertaires prĂ©textant une opĂ©ration « antiterroriste Â». Ce coup de filet dans ce que le pouvoir appelle « l’ultragauche Â» s’est avĂ©rĂ© ĂȘtre un montage mĂ©diatique, juridique et policier comme l’affaire « Tarnac Â» en 2008. Sur les 9 personnes, 2 seront immĂ©diatement libĂ©rĂ©es, 2 placĂ©es sous contrĂŽle judiciaire et 5 autres en dĂ©tention provisoire. Au fil des mois de recours juridiques, de mobilisations 4 seront finalement libĂ©rĂ©es aprĂšs avoir effectuĂ© de 4 mois et demi Ă  11 mois de dĂ©tention provisoire tout en restant inculpĂ©es et sous contrĂŽle judiciaire. Une seule personne va alors rester en dĂ©tention : Libre Flot (surnom). Il est apparu rapidement que l’enquĂȘte est principalement motivĂ©e par la prĂ©sence de Libre Flot aux cĂŽtĂ©s des YPG du Rojava, parmi d’autres militants internationalistes, dans la bataille contre Daesh Ă  Raqqa en 2017. Depuis son retour, il Ă©tait en effet surveillĂ© par les services de la DGSI qui le soupçonnent de chercher Ă  constituer autour de lui un groupe de lutte armĂ©e. La DGSI avait dĂ©jĂ  tentĂ© d’appliquer Ă  d’autres personnes ce fantasme du vĂ©tĂ©ran revenu du Rojava pour prendre les armes en France et ce dans un contexte plus large de criminalisation des luttes pour l’autodĂ©termination du peuple kurde en Europe. Le 27 fĂ©vrier, Libre Flot en dĂ©tention provisoire depuis 15 mois et maintenu sous le rĂ©gime de l’isolement entame une grĂšve de la faim. Le 24 mars, il est transfĂ©rĂ© de la prison de Bois d’Arcy Ă  l’hĂŽpital de Fresnes. Le 28, il lui a Ă©tĂ© notifiĂ© − sans explication âˆ’ la levĂ©e de sa mesure d’isolement et de son interdiction de communiquer avec Camille, sa compagne, elle aussi mise en examen dans la mĂȘme affaire. « Libre Flot Â» fera 36 jours de grĂšve de la faim (mettant ainsi sa santĂ© en danger), jusqu’au 4 avril date de la journĂ©e internationale de solidaritĂ©. Il sera transfĂ©rĂ© Ă  l’hĂŽpital de la SalpetriĂšre Ă  Paris et le 7 avril il est remis en libertĂ© sous bracelet Ă©lectronique pour des raisons mĂ©dicales. Son combat ainsi que celui de ses co-accusĂ©.es est de faire voler en Ă©clat la mascarade de l’accusation terroriste.

En outre, il convient de mentionner que les militantes et les militants qui se trouvaient au Rojava, mĂȘme pour des raisons journalistiques, ont Ă©tĂ© interdits d’entrĂ©e dans les pays qui relĂšvent de l’espace Schengen et dĂ©pouillĂ©s de leurs passeports. De mĂȘme, les gouvernements des mĂ©tropoles capitalistes occidentales non seulement ne reconnaissent pas l’Administration autonome du Nord et de l’Est de la Syrie, mais continuent de maintenir le PKK (Parti des travailleurs du Kurdistan) et ses organisations fraternelles sur leurs listes d’organisations terroristes, restent silencieux en tant que complices de l’isolement d’Abdullah Öcalan sur l’üle d’Imrali, soutiennent l’embargo sur le Rojava qui Ă©trangle les peuples de la rĂ©gion et envoient du matĂ©riel militaire aux Turcs. Cet État occupe militairement une partie du Kurdistan et attaque les combattantes et les combattants de la lutte de libĂ©ration kurde mĂȘme avec des armes chimiques.

Pour suivre l’évolution de cette affaire qui s’inscrit dans un contexte de criminalisation de l’internationalisme, il existe un blog : soutien812.blackblogs.org

Les fonctions de la police !

Une camĂ©ra, un routeur et des batteries lithium, le tout dissimulĂ© sous des filets de camouflage, c’est l’attirail qu’a dĂ©couvert, jeudi 17 mars, Julien Le Guet, porte-parole du collectif Bassines non merci (BNM). Le dispositif de surveillance Ă©tait orientĂ© vers le domicile de son pĂšre qui accueille rĂ©guliĂšrement les rĂ©unions des opposants aux mĂ©garetenues d’eau dans le Marais poitevin. Ce dernier a portĂ© plainte contre X, mardi 22 mars, pour « surveillance illĂ©gale Â». IllĂ©gale ?? Pas si sĂ»r ! Ce « dispositif militaire Â» a Ă©tĂ© installĂ© par la police nationale, a finalement admis la prĂ©fecture des Deux-SĂšvres le 21 mars, « afin de prĂ©parer la sĂ©curisation de la manifestation des 25, 26 et 27 mars prochains Â». Mais « pourquoi fliquer ainsi des militants pacifistes Â» s’interroge FrĂ©dĂ©ric Amiel, des Amis de la Terre, soutien du collectif poitevin. À demi-mot, les autoritĂ©s expliquent craindre de nouveaux sabotages de bassines, aprĂšs les dĂ©mantĂšlements et dĂ©bĂąchages menĂ©s en novembre et en mars par des opposants aux retenues d’eau — sans que le rĂŽle de « Bassines non merci Â» dans ces actions n’ait Ă©tĂ© prouvĂ©. « Ce dispositif par ailleurs posĂ© dans le strict respect du cadre lĂ©gal a Ă©tĂ© rendu nĂ©cessaire par l’implication du collectif BNM dans l’organisation de manifestations ayant entraĂźnĂ© de graves troubles Ă  l’ordre public ces derniers mois dans le dĂ©partement des Deux-SĂšvres et dans les dĂ©partements voisins Â», a ainsi indiquĂ© la prĂ©fecture. Faudrait pas oublier que l’espionnage, le flicage, le fichage, etc. 
 sont, de fait, lĂ©gaux puisque c’est l’Etat et ses gestionnaires qui fixent les rĂšgles que la flicaille applique !

Dans le mĂȘme ordre de pratique policiĂšre, un micro de flics a Ă©tĂ© trouvĂ© Ă  la bibliothĂšque anarchiste Libertad du 19 rue Burnouf dans le 19Ăšme Ă  Paris. LĂ , personne ne s’est Ă©tonné .

Sources : Reporterre.net et sansnom.noblogs.org

Affaire « Pegasus Â»â€Š suite

En novembre 2021, l’association irlandaise Front Line Defenders avait rĂ©vĂ©lĂ© que le tĂ©lĂ©phone de M. Salah Hamouri, avocat franco-palestinien, Ă©tait infectĂ© par le logiciel espion israĂ©lien Pegasus produit par NSO. Selon les rĂ©sultats de l’analyse, confirmĂ©s par le Citizen Lab de l’universitĂ© de Toronto et Amnesty International, il aurait Ă©tĂ© mis sous surveillance depuis au moins avril 2021. Cette surveillance aurait commencĂ© sur le territoire palestinien mais aurait Ă©tĂ© active pendant une visite de M. Hamouri en France, ce qui lui a permis de porter plainte devant une juridiction française pour « violation du droit au respect de la vie privĂ©e Â».

Cela fait vingt ans que ce natif de JĂ©rusalem, ĂągĂ© de 36 ans, dont la mĂšre est française, est aux prises avec les diffĂ©rentes branches de l’Etat israĂ©lien pour ses activitĂ©s pro-palestiniennes. CondamnĂ© en 2005 pour avoir, selon la justice israĂ©lienne, tentĂ© d’assassiner le grand rabbin sĂ©farade d’IsraĂ«l de l’époque, Ovadia Yosef, il avait Ă©tĂ© libĂ©rĂ© en 2011 dans le cadre d’un Ă©change de prisonniers contre le soldat franco-israĂ©lien Gilad Shalit, retenu en otage Ă  Gaza.

Sa femme, Elsa Lefort, est depuis 2016 interdite d’entrĂ©e sur le territoire – et lui, depuis octobre 2021, d’en sortir, sous peine de ne pas pouvoir revenir. L’Etat israĂ©lien veut, en outre, lui retirer son droit de rĂ©sidence Ă  JĂ©rusalem pour « faute d’allĂ©geance Â», le rendant immĂ©diatement passible d’expulsion.

Depuis le 7 mars, il est maintenu en « dĂ©tention administrative Â» dans une prison militaire, pour des raisons qui restent confidentielles, et pour au moins trois mois renouvelables. Il est fort probable que cette dĂ©tention soit en lien direct avec l’écoute de son tĂ©lĂ©phone grĂące au logiciel Pegasus. C’est ainsi que la FĂ©dĂ©ration internationale des droits de l’homme (FIDH) et la Ligue des droits de l’homme (LDH) ont dĂ©posĂ© une plainte, mardi 5 avril, auprĂšs du parquet de Paris, contre la sociĂ©tĂ© de cyberespionnage israĂ©lienne NSO. L’action de la FIDH et de la LDH est soutenue par une coalition d’organisations des droits humains, dont des partenaires palestiniens. Pour eux, c’est aussi une maniĂšre de rappeler que l’utilisation de Pegasus « n’est qu’un exemple parmi d’autres des technologies produites et utilisĂ©es par IsraĂ«l pour cibler et surveiller les espaces palestiniens professionnels et privĂ©s Â», selon un communiquĂ© publiĂ© par la Coalition palestinienne pour les droits numĂ©riques.

Source : lemonde.fr

Encore un assassinat de la BAC !

À Sevran, le 26 mars 2022, un homme de 32 ans, Jean Paul, a Ă©tĂ© tuĂ© par balle, par un agent de la BAC. À un feu rouge, Jean-Paul est alors contrĂŽlĂ© par l’un des agents de la BAC qui descend du vĂ©hicule pour l’apprĂ©hender. L’agent de la BAC fait usage de son arme et l’utilitaire de la victime percute des vĂ©hicules garĂ©s dans la rue. L’homme de 32 ans succombera Ă  ses blessures aprĂšs avoir Ă©tĂ© transportĂ© Ă  l’hĂŽpital.

PrĂ©sentĂ© par les mĂ©dias et les services de police comme « connu des services de police Â», interpellĂ© « aprĂšs le vol d’une camionnette Â», les faits se rĂ©vĂšlent bien diffĂ©rents d’aprĂšs les tĂ©moignages des habitants : le pĂšre de famille aurait dĂ©cidĂ© de ne pas remettre Ă  son employeur la camionnette de livraison, avec laquelle il travaillait chaque jour, en raison du non-versement de son salaire. Ce n’était donc pas un vol, mais l’action de rĂ©sistance d’un travailleur qui veut rĂ©cupĂ©rer son dĂ».

Le policier qui a tuĂ© Jean-Paul a Ă©tĂ© placĂ© en garde Ă  vue, il serait poursuivi du chef d’inculpation de violences volontaires ayant entraĂźnĂ© la mort sans intention de la donner, avec circonstance aggravante de sa qualitĂ© d’agent dĂ©positaire de l’autoritĂ© publique avec une arme. Mais, tout peut changer, on est dans une pĂ©riode Ă©lectorale prĂ©sidentielle, il ne faudrait pas que les banlieues s’embrasent. MĂȘme si le parquet de Bobigny poursuit, il faut rappeler que celui-ci dĂ©pend hiĂ©rarchiquement du MinistĂšre de la justice et en cas de chantage des syndicats policiers qui pourraient manifester sirĂšne hurlante pour contester cette mise en examen, on pourrait connaĂźtre un revirement de situation.

Cette affaire se rĂ©pĂšte depuis des dĂ©cennies dans les banlieues ! Les policiers sortent de plus en plus leurs armes et tuent. Cinq nuits de rĂ©voltes dans le quartier des Beaudottes s’en sont suivies. Car l’histoire est tĂȘtue et nous ne savons que trop comment les crimes policiers sont absous. Les mĂ©dias salissent, la justice couvre. DerriĂšre les images de voitures brĂ»lĂ©es, c’est tout un quartier qui pleure la mort d’un proche, et qui doit faire face aux mĂȘme rĂ©cupĂ©rations politiques en pleine campagne Ă©lectorale. Évidemment, les mĂ©dias passeront plus de temps Ă  Ă©voquer des dĂ©gradations d’ordre matĂ©riel qu’à se pencher sur les causes des rĂ©voltes : des quartiers abandonnĂ©s ; des Ă©coles, des transports, des services de santĂ© dĂ©gradĂ©s, des logements chers et mal entretenus par les bailleurs, du travail rare et surexploitĂ© et pour couronner le tout des brigades policiĂšres spĂ©ciales sur-armĂ©es violentes et haineuses.

MĂȘme si le vĂ©hicule avait Ă©tĂ© volĂ©, ce qui n’est pas le cas, en l’état il s’agit davantage d’une rĂ©quisition, est-ce un motif pour abattre quelqu’un ? La peine de mort est thĂ©oriquement abolie en France, mais elle est rĂ©tablie sommairement par les flics en toute impunitĂ©.

C’est pour ces raisons que les habitants du quartier Ă©voquent Ă  juste titre un assassinat. La loi du 28 fĂ©vrier 2017, relative Ă  la sĂ©curitĂ© publique, votĂ©e sous le gouvernement de François Hollande et de son ministre Manuel Valls, est venue aggraver l’usage par les forces de l’ordre de leurs armes Ă  feu. Le refus d’obtempĂ©rer peut se solder par la mort. C’est un vĂ©ritable permis de tuer qui a Ă©tĂ© lĂ©galisĂ© et qui endeuille aujourd’hui la ville de Sevran et tant d’autres avant elle.

Depuis 2017, il y a une nette augmentation de l’usage des armes Ă  feu par les policiers dans les cas de refus d’obtempĂ©rer, dans la majoritĂ© des cas, il s’agit de personnes qui ne se sont pas arrĂȘtĂ©es soit pour un dĂ©faut de permis ou par peur de la police. A suivre !

Source : l’actualitĂ© des luttes

La VSA ?

Selon la Commission Nationale de l’Informatique et des LibertĂ©s (CNIL), la « vidĂ©o augmentĂ©e dĂ©signe ici des dispositifs vidĂ©o auxquels sont associĂ©s des traitements algorithmiques mis en Ɠuvre par des logiciels, permettant une analyse automatique, en temps rĂ©el et en continu, des images captĂ©es par la camĂ©ra. Â» VidĂ©osurveillance/VidĂ©oprotection « augmentĂ©e Â» ou « intelligente Â», comme l’écrivent les institutions et les industriels ou encore vidĂ©osurveillance « algorithmique Â» ou « automatisĂ©e Â» (VSA) comme prĂ©fĂšre la nommer ceux et celles qui se battent contre, comme la « Quadrature du net Â».

Le but est de rendre automatique l’analyse des images captĂ©es par camĂ©ras qui Ă©tait jusqu’à lors rĂ©alisĂ©e par des flics le plus souvent municipaux. Ce travail de surveillance, ennuyeux et monotone, est rĂ©alisĂ© dans des centres de supervision urbains (CSU). Cette analyse vidĂ©o automatisĂ©e sert Ă  repĂ©rer en temps rĂ©el ou aprĂšs coup, 
 ce que la police a envie de repĂ©rer. Cela va de la « dĂ©tection de comportement suspect Â», au « maraudage Â» (le fait d’ĂȘtre statique dans l’espace public), en passant par le stationnement interdit, le suivi de personne, la dĂ©tection d’objet abandonnĂ©, de dĂ©pĂŽt d’ordures sauvage, du promeneur qui ne ramasse pas les crottes de son chien, d’une bagarre, d’un vol, etc.

La CNIL a explicitement demandĂ© en janvier 2022 aux industriels du secteur de lui faire des retours sur l’usage de ces technologies « afin d’accompagner leur dĂ©ploiement Â», prenant clairement un parti : celui des industriels de la sĂ©curitĂ©. La VSA est en train d’inonder le marchĂ© de la sĂ©curitĂ© urbaine numĂ©rique. Que va-t-on faire des anciennes camĂ©ras ? Les plus rĂ©centes seront amĂ©nageables mais la plupart partiront au recyclage. Notons que ce sont des entreprises privĂ©es qui, concevant les algorithmes vendus aux collectivitĂ©s territoriales, dĂ©cident ce qu’il y a derriĂšre une alerte pour « comportement anormal ou suspect Â». À travers l’automatisation, ces entreprises acquiĂšrent un pouvoir de police et d’édiction des normes et des comportements dans l’espace public, s’inscrivant parfaitement dans l’expansion des politiques sĂ©curitaires.

Pour conclure comme le dit la Quadrature du Net : « Cette technologie s’intĂšgre dans la fiction plus large de la Smart City (ville intelligente), qui base la gestion de la ville sur l’Intelligence Artificielle et reprĂ©sente un Ă©norme marchĂ© Ă©conomique. Ces technologies d’automatisation rĂ©duisent encore les espaces de libertĂ© dans les rues et sur les places des villes, augmentant la rĂ©pression sur les populations dĂ©jĂ  les plus visĂ©es par la police. Â»

Source : laquadrature.net




Source: Oclibertaire.lautre.net