402 visites


  1. Le marché de la technopolice en pleine extension
  2. Cadets de la Gendarmerie
  3. Carrefour Flash a ouvert ses portes
  4. La généralisation de la reconnaissance faciale en Inde
  5. Finalisation de la loi dite « Drones 2
  6. QR code-isation de la société

Le marché de la technopolice en pleine extension

La vidĂ©osurveillance est aujourd’hui largement dĂ©ployĂ©e ; ce secteur juteux cherche de nouveaux dĂ©bouchĂ©s. Bien sĂ»r, il y a le complĂ©ment des camĂ©ras qui permettrait l’identification des personnes filmĂ©es, c’est la reconnaissance faciale. Mais il y a bien d’autres complĂ©ments de la vidĂ©osurveillance qui sont ici ou lĂ  expĂ©rimentĂ©s. C’est ainsi que la ville de St Étienne avait un projet de micros « intelligents Â» qui devaient ĂȘtre reliĂ©s Ă  des drones envoyĂ©s sur les lieux en cas de bruits suspects. Dans cette ville un collectif « Halte au contrĂŽle numĂ©rique Â» s’était mobilisĂ© (confĂ©rences, ateliers, dĂ©ambulations sonores) jusqu’à ce que la CNIL s’intĂ©resse au sujet et avertisse la municipalitĂ© qu’il s’agissait d’un traitement illicite de donnĂ©es Ă  caractĂšre personnel. Ce projet a ensuite Ă©tĂ© remisĂ© dans les archives


Depuis, bien d’autres projets sont nĂ©s. C’est ainsi que la mairie de Suresnes a acceptĂ© que la start-up locale XXII analyse les moindres faits et gestes, sur la voie publique, des suresnois·es : Durant un an et demi, l’entreprise sera libre d’utiliser les images de vidĂ©osurveillance de Suresnes pour dĂ©velopper des algorithmes de “dĂ©tection de comportements suspects” dont elle sera propriĂ©taire. Comme l’explique le maire de Suresnes en conseil municipal : « le problĂšme de nos entreprises françaises est qu’elles n’ont pas accĂšs Ă  des bases de donnĂ©es, des bases d’images, des bases d’évĂ©nements suffisantes qui leur permettent d’exercer aussi rapidement leurs algorithmes. Â» En fait les Suresnois·es sont des cobayes de la technopolice mĂȘme si XXII tente de se dĂ©douaner de toute vellĂ©itĂ© sĂ©curitaire ; la surveillance qu’elle impose Ă  ses habitant·es est bien rĂ©elle. Il s’agit de technologies intrusives, imposĂ©es sans dĂ©bat, Ă  toute une population. Les suresnois·es voient leur vie Ă©piĂ©e et exploitĂ©e comme une vulgaire matiĂšre premiĂšre utilisable pour le dĂ©veloppement de technologies malsaines oĂč les ĂȘtres humains ne sont finalement plus considĂ©rĂ©s que comme une masse de donnĂ©es Ă  vendre ou des corps Ă  contrĂŽler. Enfin, la convention signĂ©e ne permet pas de savoir avec prĂ©cision quels seront les algorithmes dĂ©ployĂ©s. S’il est Ă©voquĂ© la notion on ne peut plus vague de « dĂ©tection de comportements suspects Â», il est plus loin fait rĂ©fĂ©rence Ă  un algorithme de dĂ©tection de « maraudage Â»â€Š

Passons maintenant Ă  la ville d’OrlĂ©ans. Le projet de la Mairie d’OrlĂ©ans annoncĂ© en octobre 21 est d’installer des micros couplĂ©s aux camĂ©ras de vidĂ©osurveillance pour que, dĂšs qu’ils dĂ©tectent un bruit « anormal Â», une alerte remonte au Centre de supervision urbain, c’est-Ă -dire dans la salle de commandement de la police municipale oĂč sont aussi acheminĂ©s les flux de vidĂ©osurveillance. L’objectif de ce partenariat consiste Ă  perfectionner ces dispositifs de dĂ©tection sonore. L’argument principal de la municipalitĂ© pour ce dispositif est de dire que celui-ci respecte la vie privĂ©e, car le dĂ©tecteur n’enregistrerait pas les sons mais un simple « paysage sonore Â». L’expĂ©rimentation est entiĂšrement prise en charge par Sensivic, l’entreprise chargĂ©e d’installer et de gĂ©rer ces mouchards. Celle-ci cherche Ă  amĂ©liorer et entraĂźner ses algorithmes afin, par exemple, de pouvoir diffĂ©rencier des cris de joie de ceux d’épouvante, ou d’identifier des bris de glace si une vitrine est cassĂ©e. A noter que l’expĂ©rimentation n’a pas de durĂ©e dĂ©terminĂ©e, afin de permettre Ă  Sensivic de faire toutes les recherches nĂ©cessaires. Sensivic a Ă©tĂ© crĂ©Ă© en 2015, Ă  Sophia Antipolis, la technopole spĂ©cialisĂ©e en Intelligence Artificielle (IA) des Alpes maritimes, et s’est depuis installĂ©e Ă  OrlĂ©ans, au sein de Lab’O, un accĂ©lĂ©rateur de start-up numĂ©riques. Sensivic a aussi rejoint le projet Lorias un laboratoire d’innovation pour l’armĂ©e de l’air : « Le projet consiste Ă  dĂ©velopper des solutions pour amĂ©liorer la collecte, la gestion et la transmission de donnĂ©es sensibles diffusĂ©es par des objets de « troisiĂšme dimension Â» (drones, capteurs, objets connectĂ©s
) Â» comme l’indique le journal local. Ainsi, des start-up orlĂ©anaises, dont Sensivic, travaillent pour l’armĂ©e de l’air aux cĂŽtĂ©s des champions nationaux que sont ThalĂšs, Engie, Atos et Orange.

Pour rĂ©sumer, la municipalitĂ© veut donner les moyens Ă  une entreprise pour tester et mettre au point ses produits sur la population orlĂ©anaise pour le compte de l’armĂ©e française, de ThalĂšs et d’autres. Comme Ă  St Etienne, ce dispositif est illĂ©gal. Mais, alertĂ©e, la CNIL se tait. La Quadrature du Net a Ă©tĂ© obligĂ©e d’intervenir, aussi bien devant le tribunal administratif pour faire annuler cette convention d’expĂ©rimentation que devant la CNIL directement pour la forcer Ă  appliquer de nouveau sa dĂ©cision vis-Ă -vis de la ville de St Etienne. A suivre !

Source : laquadrature.net

« Cadets de la Gendarmerie Â»

SUD Ă©ducation a pris connaissance par voie de presse de l’existence d’un partenariat entre l’Association nationale des rĂ©servistes opĂ©rationnels et citoyens de la gendarmerie nationale (ANORGEND), des rectorats franciliens et la rĂ©gion de gendarmerie Île-de-France. Dans le cadre de ce dispositif, soixante-six lycĂ©en·nes ont effectuĂ© durant les vacances de la Toussaint un stage au camp militaire de Beynes, dans les Yvelines, camp oĂč s’entraĂźne notamment le GIGN. Au programme : montĂ©e des couleurs, maĂźtrise avec arme et sans arme d’un adversaire, tirs Ă  balles rĂ©elles, mais aussi inculcation des « valeurs de la RĂ©publique Â».

L’objectif est la prĂ©paration de ces lycĂ©en·nes, les “Cadets de la gendarmerie” aux concours et sĂ©lections de la gendarmerie par le biais de trois stages sur site ainsi que 60 heures assurĂ©es par des professeur·es en Ă©tablissement. Ce dispositif a pour objectif de s’étendre Ă  six Ă©tablissements en Essonne, puis dans l’AcadĂ©mie de Paris avec le lycĂ©e Buffon. En 2024, l’objectif est de porter le nombre de Cadets de la gendarmerie Ă  200.

Source : Sud Éducation

Carrefour Flash a ouvert ses portes

Carrefour a ouvert le 24 novembre 2021 son premier magasin autonome dans le 11 arrondissement de Paris. Il est Ă©quipĂ© de la technologie dĂ©veloppĂ©e par la start-up californienne AiFi. NommĂ© Carrefour Flash, il est pensĂ© pour tout le monde et pour accĂ©lĂ©rer les courses du quotidien. Il n’est pas nĂ©cessaire de tĂ©lĂ©charger une application ou de s’identifier, tout le monde peut entrer dans ce magasin pour faire ses courses car c’est le magasin lui-mĂȘme qui est connectĂ©. Dans cet espace de 55 mÂČ, ce sont 60 camĂ©ras qui ont Ă©tĂ© installĂ©es au niveau du plafond. Les rayonnages quant Ă  eux sont composĂ©s de 250 Ă©tagĂšres dotĂ©es de huit capteurs de poids chacune (soit 2000 capteurs en tout). Ces derniers peuvent supporter jusqu’à 30 kg et sont prĂ©cis Ă  10 g prĂšs.

Une fois que le client pĂ©nĂštre dans le magasin, il est convertit en avatar anonyme et reprĂ©sentĂ© par une couleur. Les Ă©quipes de Carrefour insistent sur l’anonymat : le but n’est pas d’identifier concrĂštement une personne, mais de suivre chaque client indĂ©pendamment pour dĂ©terminer les achats rĂ©alisĂ©s par chacun. Toutes les donnĂ©es issues des camĂ©ras et des Ă©tagĂšres connectĂ©es sont fusionnĂ©es pour dĂ©terminer en temps rĂ©el le panier du client et son prix Ă  payer. Carrefour et AiFi se targuent d’avoir un taux de fiabilitĂ© de 96% au niveau des paniers. Il reste encore 2 problĂšmes Ă  rĂ©gler : Le magasin et ses technologies ne peuvent suivre qu’un maximum de 20 acheteurs et une seule personne doit remplir un panier. Les employĂ©s du Carrefour Market sur lequel cette technologie a Ă©tĂ© implantĂ©e seraient toujours prĂ©sents sur les lieux, jusqu’à quand pour les caissiĂšres ?

Source : usinedigital.fr

La généralisation de la reconnaissance faciale en Inde

En Inde, les autoritĂ©s utilisent depuis longtemps des technologie de reconnaissance faciale dans des contextes oĂč les droits humains sont en jeu, notamment, parmi les exemples rĂ©cents, pour faire appliquer les mesures de confinement liĂ©es au COVID-19, pour identifier les Ă©lecteurs et Ă©lectrices lors des Ă©lections municipales, et pour maintenir l’ordre pendant des manifestations. Les droits des musulmans, des dalits (opprimĂ©s), des adivasis (aborigĂšnes), des personnes transgenres et de toutes les catĂ©gories de la sociĂ©tĂ© historiquement dĂ©favorisĂ©es sont particuliĂšrement menacĂ©s par la surveillance de masse.

La surveillance gĂ©nĂ©ralisĂ©e dans la ville d’Hyderabad (prĂšs de 7 millions d’habitants-es) en Inde, est une menace pour les droits humains, a dĂ©clarĂ© Amnesty International le 10 novembre 2021 dans le cadre d’une nouvelle phase de sa campagne Ban The Scan, qui vise Ă  faire interdire les technologies intrusives de reconnaissance faciale.

La capitale de l’État du TĂ©langana – l’une des villes les plus surveillĂ©es au monde – a commencĂ© la construction d’un « centre de commande et de contrĂŽle Â» qui ne prĂ©sage rien de bon, dans l’objectif de connecter en temps rĂ©el l’immense rĂ©seau de camĂ©ras de surveillance Ă  reconnaissance faciale de l’État. Par ailleurs, selon une Ă©tude menĂ©e par l’Internet Freedom Foundation, l’État du TĂ©langana est l’État indien qui compte le plus grand nombre de projets liĂ©s aux technologies de reconnaissance faciale.

« Hyderabad est sur le point de devenir une ville sous surveillance totale. Il est presque impossible d’y marcher dans la rue sans risquer de s’exposer Ă  la reconnaissance faciale Â», a dĂ©clarĂ© Matt Mahmoudi, chercheur sur l’intelligence artificielle et les mĂ©gadonnĂ©es Ă  Amnesty International.

Amnesty International demande une interdiction totale de l’utilisation, du dĂ©veloppement, de la production, de la vente et de l’exportation, tant par le secteur public que privĂ©, des technologies de reconnaissance faciale Ă  des fins de surveillance de masse. A suivre


Source : Amnesty International

Finalisation de la loi dite « Drones 2 Â»

La loi « responsabilitĂ© pĂ©nale et sĂ©curitĂ© intĂ©rieure Â» dite « Drones 2 Â» a fini d’ĂȘtre examinĂ©e par le Parlement le 18 novembre dernier. Elle a Ă©tĂ© dĂ©finitivement adoptĂ©e le 16 dĂ©cembre par le SĂ©nat aprĂšs un passage en commission mixte. Elle prĂ©voit notamment de rĂ©-autoriser les drones policiers qui, l’an dernier, avaient Ă©tĂ© interdits par le Conseil constitutionnel lors de la censure de la loi sĂ©curitĂ© globale. Ensuite, il faudra attendre sa promulgation qui ne peut intervenir qu’aprĂšs la dĂ©cision du Conseil constitutionnel si celui-ci venait Ă  ĂȘtre saisi ! En effet, depuis des semaines la Quadrature du Net ainsi que d’autres associations essaient de trouver 60 parlementaires (dĂ©putĂ©-es ou sĂ©nateur·trices) nĂ©cessaires Ă  la saisie de ce Conseil. A ce jour (le 16/12), rien n’est fait mĂȘme si en thĂ©orie, tout devrait conduire Ă  une nouvelle censure des drones dans cette nouvelle loi. Rappelons ici que les forces de rĂ©pression, gendarmerie et police, ont des centaines de drones Ă  faire fonctionner lĂ©galement. Lorsque cette loi sera promulguĂ©e, nous reviendrons en dĂ©tails sur son contenu.

Source : laquadrature.net

QR code-isation de la société

Le QR code s’impose partout dans le monde. Le QR code est une sorte de super code-barres. Son nom signifie en anglais « quick response code Â», « code Ă  rĂ©ponse rapide Â». Il se lit en effet dix fois plus rapidement que le code-barres. GrĂące Ă  ses deux dimensions, il peut ĂȘtre lu quel que soit l’angle de lecture. Il contient aussi 200 fois plus de donnĂ©es qu’un code-barres classique. Cette technologie fut inventĂ©e en 1994 par le Japonais Masahiro Hara, un ingĂ©nieur de Denso Wave, une filiale de Toyota qui fabriquait des piĂšces automobiles. Les ingĂ©nieurs souhaitaient alors mieux suivre l’itinĂ©raire des piĂšces dĂ©tachĂ©es Ă  l’intĂ©rieur des usines. Son usage a permis Ă  Toyota de dĂ©ployer sa stratĂ©gie au tournant des annĂ©es 2000. La multinationale cherchait un moyen d’identification automatique pour accĂ©lĂ©rer la cadence. L’idĂ©e Ă©tait de produire Ă  flux tendu avec une coordination constante entre la tĂȘte de la multinationale et l’ensemble des sous-traitants, des fournisseurs aux revendeurs. Pour amĂ©liorer ses marges et son pouvoir, Toyota a crĂ©Ă© une obsession de la traçabilitĂ© en tout point.

Cette Ă©volution rĂ©pondait aussi Ă  un objectif politique. « Les projets d’automatisation de la production avaient pour but essentiel de renforcer le contrĂŽle managĂ©rial sur la force de travail bien plus que d’augmenter les profits Â», analyse le groupe Marcuse (Mouvement Autonome de RĂ©flexion Critique Ă  l’Usage des Survivants de l’Économie) dans son livre « La libertĂ© dans le coma Â». Les auteurs estiment que les dispositifs comme le QR code, la puce RFID ou la biomĂ©trie participent Ă  une vaste « contre-insurrection Â». L’informatisation de l’organisation industrielle a dĂ©possĂ©dĂ© la classe ouvriĂšre de ses savoir-faire, dĂ©truit les solidaritĂ©s dans l’usine et accru la surveillance au profit d’un projet cybernĂ©tique oĂč les machines communiquent entre elles et oĂč les hommes deviennent quantitĂ© nĂ©gligeable.

À l’origine, le QR code a Ă©tĂ© crĂ©Ă© pour accroĂźtre l’automatisation dans le milieu industriel et rĂ©pondre aux besoins du capital. « En vingt ans, nous sommes passĂ©s d’un outil pour intensifier la logistique Ă  un outil pour rĂ©gir et contrĂŽler les humains dans tous les aspects de leur vie, constate l’historien François Jarrige. Le QR code, qui s’appliquait d’abord aux flux de marchandises, sert dĂ©sormais Ă  gĂ©rer et surveiller le troupeau humain. Â» Une forme de rĂ©ification (volontĂ© de considĂ©rer une personne comme un objet) est Ă  l’Ɠuvre. En effet avec ces dispositifs de traçage numĂ©rique, on s’occupe des humains comme des choses.

Cette technologie accĂ©lĂšre notre dĂ©pendance au numĂ©rique et nous fait entrer de plain-pied dans l’ùre du flash, un monde peuplĂ© de scanners, d’écrans, un monde illisible Ă  l’Ɠil nu oĂč nous dĂ©lĂ©guons notre regard aux machines et c’est une Ă©vidence de dire que nous ne sortirons pas de ce monde une fois la pandĂ©mie passĂ©e !

Source : reporterre.net




Source: Oclibertaire.lautre.net