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Le gouvernement commande 170 000 munitions supplémentaires de LBD

L’appel d’offre a Ă©tĂ© publiĂ© le 14 mars sur le Bulletin Officiel des Annonces des MarchĂ©s Publics. Le gouvernement Macron compte terminer son mandat comme il l’a commencĂ©. Il lance une Ă©norme commande de 170 000 balles pour les LBD de sa milice :

-  160 000 balles en caoutchouc de 40 mm

-  10 000 munitions spĂ©ciales peinturlurant l’objectif

Ces derniĂšres ont dĂ©jĂ  Ă©tĂ© testĂ©es par les CRS et gendarmes mobiles voici 2 ans. Ce marquage Ă  la peinture n’avait pas Ă©tĂ© considĂ©rĂ© comme une preuve par les tribunaux. Les avocats de la dĂ©fense ayant plaidĂ© que les policiers s’étaient mĂ©langĂ© les pinceaux en appuyant sur la dĂ©tente. A noter que si ces balles Ă©claboussantes sont moins meurtriĂšres que les « classiques Â», elles peuvent aussi faire es dĂ©gĂąts humains. NouveautĂ© tout de mĂȘme : Les forces de l’ordre pourront, en un seul tir, mutiler quelqu’un et « marquer Â» avec de la peinture ou un produit chimique, la personne touchĂ©e. Deux en un !

Les 160 000 balles en caoutchouc complĂšteront le stock des 115 000 achetĂ©es en 2015 Ă  la sociĂ©tĂ© Alsetex qui d’aprĂšs sa plaquette commerciale est le « leader des produits pour la gestion dĂ©mocratique des foules Â».

Nous pouvons remarquer que, comme toujours, les chiffres de commandes d’armes de rĂ©pression sont considĂ©rables, beaucoup plus Ă©levĂ©s que le nom de tirs « dĂ©clarĂ©s Â» officiellement par la police. Par exemple, en 2018, annĂ©e des Gilets Jaunes, avec une rĂ©pression exceptionnelle, le ministĂšre de l’IntĂ©rieur n’avait dĂ©clarĂ© « que Â» 19 071 munitions tirĂ©es. Il faut croire que de nombreuses munitions utilisĂ©es sur le terrain ne sont pas dĂ©clarĂ©es dans les bilans officiels.

Source : le Canard EnchaĂźnĂ©

Aux USA, Amazon impose les camĂ©ras « intelligence artificielle Â» Ă  ses chauffeurs livreurs

Une intelligence artificielle est un systĂšme informatique capable d’effectuer des tĂąches qui requiĂšrent d’ordinaire une intelligence humaine. À la maniĂšre d’un humain, l’IA moderne peut apprendre et s’amĂ©liorer de maniĂšre autonome en s’entraĂźnant Ă  partir de donnĂ©es ou au travers de simulations. C’est ce que l’on appelle le Machine Learning ou apprentissage automatique, dont l’une des principales technologies est le Deep Learning ou apprentissage profond.

Les chauffeurs-livreurs d’Amazon aux USA doivent dĂ©sormais signer des formulaires de consentement biomĂ©triques pour continuer Ă  travailler pour l’entreprise. La nature exacte des informations collectĂ©es semble varier en fonction de l’équipement de surveillance installĂ© dans le vĂ©hicule utilisĂ©, mais la politique de confidentialitĂ© d’Amazon couvre un large Ă©ventail de donnĂ©es.

Les chauffeurs doivent entre autres consentir Ă  la collecte de leurs photos, utilisĂ©es pour vĂ©rifier leur identitĂ©. L’emplacement, les mouvements du vĂ©hicule, le kilomĂ©trage, la vitesse, l’accĂ©lĂ©ration, le freinage, les virages, la distance de suivi sont autant de donnĂ©es que les conducteurs qu’Amazon prĂ©voit de collecter grĂące Ă  ces nouvelles dispositions de surveillance. Cela permettra de dĂ©tecter les violations potentielles du Code de la route : excĂšs de vitesse, non-respect des panneaux de signalisation, ceintures de sĂ©curitĂ© non bouclĂ©es, etc. Cela permet aussi d’identifier les comportements Ă  risque, comme la distraction ou la somnolence au volant. Un conducteur qui bĂąille par exemple ou vĂ©rifie son tĂ©lĂ©phone sera signalĂ©. Les systĂšmes peuvent alors fournir des informations en temps rĂ©el, demandant au conducteur de faire une pause ou de garder les yeux sur la route.

Ce niveau de microgestion et les potentiels risques d’erreur des systĂšmes IA semblent contrarier certains conducteurs. D’autres dĂ©noncent une atteinte Ă  la vie privĂ©e. Des chauffeurs ont refusĂ© de signer le formulaire de consentement.

Source : lebigdata.fr

Health Data Hub : du fantasme de l’intelligence artificielle Ă  la privatisation de nos donnĂ©es de santĂ©

La crĂ©ation du Heath Data Hub (HDH) fut initialement proposĂ©e dans le rapport Villani, publiĂ© en 2018. C’est sur la base de ce dernier que s’est construite la stratĂ©gie gouvernementale en matiĂšre d’Intelligence Artificielle. Sa lecture permet d’apprĂ©hender la vision que se fait l’État des enjeux posĂ©s par l’IA, son positionnement par rapport Ă  ces derniers et les risques que cette politique implique en terme de protection des donnĂ©es personnelles, tout particuliĂšrement dans le domaine de la santĂ©.

Le HDH est un projet visant Ă  centraliser l’ensemble des donnĂ©es de santĂ© de la population française. Il est prĂ©vu que le HDH regroupe, entre autres, les donnĂ©es de la mĂ©decine de ville, des pharmacies, du systĂšme hospitalier, des laboratoires de biologie mĂ©dicale, du dossier mĂ©dical partagĂ©, de la mĂ©decine du travail, des EHPAD ou encore les donnĂ©es des programmes de sĂ©quençage de l’ADN.

Le HDH se substitue Ă  une structure existante, le SystĂšme National de DonnĂ©es de SantĂ©, avec deux principales modifications : un large Ă©largissement des donnĂ©es collectĂ©es et un accĂšs facilitĂ©, en particulier pour le secteur privĂ© (GAFAM, « medtechs Â», startup, assureurs
), Ă  ces derniĂšres. Son objectif est donc, via leur centralisation, de faciliter l’utilisation de nos donnĂ©es de santĂ© par le plus grand nombre d’acteurs de maniĂšre Ă , selon ses promoteurs-rices, « faire de la France un pays leader de l’intelligence artificielle Â».

Ce projet, menĂ© sans rĂ©elle concertation publique, est au centre de nombreuses controverses. Le choix du gouvernement de confier son hĂ©bergement Ă  Microsoft, dans l’opacitĂ© la plus totale et malgrĂ© un avis particuliĂšrement sĂ©vĂšre de la CNIL (qui ne sert qu’à alerter mais sans aucun rĂ©el pouvoir) a soulevĂ© de nombreuses protestations. Alors mĂȘme que les critiques s’intensifiaient, le gouvernement a profitĂ© de l’état d’urgence sanitaire pour accĂ©lĂ©rer son dĂ©veloppement, dĂ©cision qui fut attaquĂ©e en justice par le collectif Interhop.

Les techniques d’IA ont une utilisation grandissante dans notre sociĂ©tĂ©. En effet, du systĂšme Ă©ducatif et social Ă  la justice, en passant par la police, l’agriculture ou la santĂ©, aucun domaine n’est aujourd’hui Ă©pargnĂ©. Alors que l’introduction de cette technologie est prĂ©sentĂ©e comme inĂ©luctable, et le recours Ă  celle-ci comme intrinsĂšquement un progrĂšs, les risques associĂ©s Ă  son recours Ă  outrance dans nos sociĂ©tĂ©s sont nombreux : dĂ©shumanisation, perte d’autonomie, usage contre les intĂ©rĂȘts des patients, et, comme souvent lors de la crĂ©ation de nouvelles bases de donnĂ©es, une surveillance accrue 


Source : laquadrature.net

La loi « Avia Â» est revenue !

Ce texte contre les contenus haineux sur le Net avait Ă©tĂ© retoquĂ© en France par le Conseil Constitutionnel en juin 2020. Comme nous le redoutions (sous cette rubrique dans notre numĂ©ro de fĂ©vrier 21) le Parlement europĂ©en vient d’adapter, sans le voter, le rĂšglement de censure terroriste sur le Net. Rappelons qu’il s’agit d’un rĂšglement europĂ©en (et non d’une directive), c’est-Ă -dire d’un texte d’application directe qui n’a normalement pas besoin d’un texte national pour s’appliquer. Ce nouveau rĂšglement obligera l’ensemble des acteurs de l’Internet Ă  censurer en une heure n’importe quel contenu signalĂ© comme « terroriste Â» par la police, et ce sans intervention prĂ©alable d’un juge. Seules les grosses plateformes seront en mesure de se conformer Ă  un tel dĂ©lai d’une heure. La menace d’une lourde amende et l’impossibilitĂ© pratique de se conformer aux ordres de retrait obligera tous les acteurs du Web Ă  censurer en amont tout contenu potentiellement illĂ©gal en utilisant les outils automatisĂ©s de surveillance de masse des Google et autres Facebook. Ce rĂšglement est encore un outil de plus de la censure de mouvements sociaux et d’opposants politiques. Des recours existent mais ne sont possibles qu’a posteriori.

Les députés européens, et spécifiquement les députés français, ont donc accepté en toute conscience un texte déclaré anticonstitutionnel en France.

Source : la Quadrature du Net

Vers la criminalisation des personnes sans logement et la pauvretĂ© !

La loi “sĂ©curitĂ© globale”, validĂ©e par le parlement le 15 avril dernier (mais pas encore dĂ©finitive car des recours au Conseil Constitutionnel ont Ă©tĂ© dĂ©posĂ©s), prĂ©carise et criminalise davantage les personnes sans-logis qui occupent ou se maintiennent dans des locaux vacants sans titre locatif. Loin de ne protĂ©ger que le domicile des habitant·e·s, l’article 1er bis A sanctionne dĂ©sormais l’occupation de locaux vacants, professionnels, commerciaux, agricoles ou industriels.

De surcroĂźt, il inflige trois ans de prison et 45 000 euros d’amende Ă  ces personnes en situation de prĂ©caritĂ©.

Enfin cet article autorise la police municipale, pourtant dĂ©nuĂ©e de tout pouvoir d’enquĂȘte, Ă  retenir les occupants, jusqu’à l’arrivĂ©e d’un agent de police judiciaire ou Ă  les lui livrer. Outre les personnes sans logis, les habitant·e·s de bidonvilles, les squatteurs, les locataires non dĂ©clarĂ©s
 sont aussi visĂ©es les occupations ponctuelles militantes ou syndicales.

Cette disposition, qui va prĂ©cariser et criminaliser davantage les personnes sans-logis, est extrĂȘmement prĂ©occupante. Elle traduit le climat trĂšs agressif Ă  l’égard des occupant·e·s sans titre dans le dĂ©bat public, alimentĂ© par la surmĂ©diatisation d’affaires marginales. Est-il pourtant nĂ©cessaire de rappeler que certaines personnes sans logis sont contraintes de « squatter Â» faute de logement disponible, dans un pays oĂč le nombre de sans-abri explose, et alors mĂȘme qu’elles ont parfois engagĂ© toutes les dĂ©marches pour se loger, voire que l’Etat est condamnĂ© Ă  les reloger dans le cadre du droit au logement opposable ?

Alors que la crise sanitaire a dĂ©montrĂ© Ă  quel point le logement Ă©tait essentiel pour la santĂ© et que le nombre de logements vacants augmente, le gouvernement et des parlementaires dĂ©cident de sanctionner et d’expulser ceux qui par nĂ©cessitĂ© se sont mis Ă  l’abri dans des logements inutilisĂ©s, au lieu de les reloger. Il criminalise aussi les personnes et associations qui aident les sans toit Ă  se mettre Ă  l’abri, pourtant la solidaritĂ© n’est pas un dĂ©lit !

Au nombre insuffisant de places d’hĂ©bergement, Ă  l’engorgement de la demande de logement social, Ă  la hausse constante des expulsions locatives, le gouvernement et les parlementaires ne rĂ©pondent que par une rĂ©pression accrue, comme s’ils assignaient les sans-logis Ă  finir leur vie sur un trottoir ou dans les recoins invisibles de la ville ? Face Ă  l’incapacitĂ© rĂ©currente de mettre en place une politique publique pour loger toute la population, il faut cesser de criminaliser les occupant·e·s de logements vides qui n’ont d’autre solution !

Source : Extrait d’un communiquĂ© de presse Ă©manant d’associations et de syndicats

Antiterrorisme et renseignement : L’État tire profit de chaque attentat !

Le 23 avril Ă  14 heures, le mĂ©dia « L’opinion Â» annonce qu’un projet de loi antiterroriste passera en conseil des ministres « dans les prochaines semaines Â». Vingt-cinq minutes plus tard, un attentat est perpĂ©trĂ© au commissariat de Rambouillet. Le ministre de l’intĂ©rieur prĂ©sentera finalement le texte dĂšs le mercredi 28 avril.

Ce projet de loi « relatif Ă  la prĂ©vention d’actes de terrorisme et au renseignement Â» n’est pas tombĂ© de la derniĂšre pluie. Il s’inscrit explicitement dans la continuitĂ© de trois textes adoptĂ©s ces derniĂšres annĂ©es : la loi renseignement de 2015, la loi « Silt Â» de 2017 et la loi de 2020 sur les « sortants de prison Â».

En prĂ©paration depuis plusieurs mois, il pĂ©rennise les dispositions (jusqu’ici temporaires) de ces deux premiĂšres lois, qui arrivaient bientĂŽt Ă  Ă©chĂ©ance et nĂ©cessitaient un passage par le Parlement pour pouvoir ĂȘtre renouvelĂ©es.

C’est ainsi que ce projet de loi pĂ©rennise la loi renseignement de 2015 dont certaines dispositions expĂ©rimentales (dĂ©jĂ  prolongĂ©es Ă  plusieurs reprises) prenaient fin cette annĂ©e. Il en va ainsi des « boĂźtes noires Â» surnom des 3 algorithmes utilisĂ©s par la DGSE et la DGSI pour repĂ©rer une Ă©ventuelle activitĂ© terroriste Ă  partir des donnĂ©es de connexion.

Il en va de mĂȘme de certaines dispositions de la loi « Silt Â» qui vont ĂȘtre pĂ©rennisĂ©es Ă  savoir :

  • – la fermeture des lieux de culte oĂč se tiennent des propos ou des activitĂ©s relevant de l’apologie du terrorisme qui est Ă©tendue aux dĂ©pendances du lieu de culte. Ce nouveau texte incite Ă  multiplier les contrĂŽles de tous ordres – sĂ©curitĂ© incendie, hygiĂšne, Urssaf, impĂŽts, etc. – et Ă  prononcer des fermetures administratives en cas de manquement Ă  diverses normes, sans rapport explicite avec la radicalisation religieuse.
  • – Les mesures individuelles de contrĂŽle administratif et de surveillance (Micas) qui ont succĂ©dĂ© aux assignations rĂ©sidence de l’état d’urgence. Les Micas pourraient durer 2 ans au lieu d’un.
  • – les pĂ©rimĂštres de protection, les perquisitions administratives etc.

    Enfin, ce projet de loi vise Ă  ressusciter une partie des « mesures de sĂ»retĂ© Â» destinĂ©es aux condamnĂ©s pour terrorisme sortant de prison, prĂ©vues dans la loi Braun-Pivet. AdoptĂ© par le Parlement Ă  l’étĂ© 2020, ce texte a Ă©tĂ© quasi entiĂšrement censurĂ© par le Conseil constitutionnel. GrĂące Ă  quelques amĂ©nagements, le ministĂšre de la justice estime que cette nouvelle version « tient compte Â» des bornes posĂ©es par le Conseil et apporte « des garanties Â» suffisantes. A suivre !

    Source : MĂ©diapart



Source: Oclibertaire.lautre.net