« Le fondateur se plaçait au centre de la colonie, face à l’est, et, par le moyen de la groma, instrument géodésique avec lequel il visait le soleil à l’instant qu’il apparaissait, déterminait l’orient de ce jour-là, toute la zone de l’horizon au long de laquelle le soleil se lève sur un point chaque matin différent. Cette prise du lever permettait de tracer l’axe principal de la ville, le decumanus. L’autre axe, le cardo, c’est-à-dire étymologiquement le gond autour duquel tourne le soleil, était tracé perpendiculairement, du nord au sud. » [1]

Cette voie decumane lyonnaise c’est actuellement la rue Cléberg, en haut de la colline de Fourvière, ou plutôt elle longe cette rue du côté nord, car on y a construit des maisons sur ses larges dalles de granit. Un médaillon a été mis en 1957, année du bimillénaire de Lyon, pour garder la mémoire de l’évènement de la fondation de la ville, au croisement du decumanus et du cardo. Cherchez-le donc, vous arriverez peut-être à le repérer… et installez-vous à cet endroit un 10 octobre à 7h49 du matin.

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Dominant le confluent de la Saône et du Rhône, qui se trouvait à l’époque près des Terreaux, cette nouvelle ville de Lugdunum ne comprend que le haut de la colline : un bastion au nord-est, l’éperon de Fourvière [2] au dessus du canyon de Pierre-scize, le quartier des Minimes de St-Just au sud, et le plateau de la Sarra [3] au couchant, bien délimité du côté de la Saône par le vallon de Gorge-de-Loup, le vallon de Trion au centre, et le vallon de Choulans du côté du Rhône, le Gourguillon permettant l’accès à Condate, la bourgade du confluent.

Ce Plantacul [4], cet arriviste opportuniste (vous pensez à qui ?) appelé aussi Munatius Plancus, à la tête de trouffions romains qui avaient leur camp près de Condate, depuis moins 61, avait accepté des sénateurs romains et de Cicéron, en moins 43, de mettre en place cette ville de Lugdunum pour des colons chassés de Vienne, mais surtout pour lui donner de la besogne et ainsi éviter qu’il ne s’oppose militairement à Octave qui voulait prendre la place de César venant d’être assassiné. Mais a-t-il fondé Lyon, ou a-t-il fait en sorte qu’elle soit reconstruite à la romaine ?

Lugdunum, avec un nom romanisé, qui devint vite une grande capitale, élevée avec mugnificence de nombreux monuments, y compris sur les pentes de la Croix-Rousse, d’immenses acqueducs et grand carrefour de voies terrestres et fluviales, ne s’en était pas moins établie sur le lieu gaulois Lugdun, mont de la lumière, mont du dieu celte Lug, [5] ou mont des freux [6], au choix, près des bourgades de Condate et de Vaise/Gorge-de-Loup, où l’on a retrouvé des restes de civilisation urbaine datant de plus de 5000 ans.

Lyon a 2061 ans et même beaucoup plus : conservons le monde souterrain dans lequel sont nos racines !

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[7]

« 2061 années de colonisation romaine, parisienne, capitaliste :
Embrassons-nous pour dire que nous n’en voulons plus ! »


[1] Lyon miroir de Rome dans les Gaules d’Amable Audin (ed. Fayard, 1965)

[2] four vière : vieux forum

[3] plateau du soir

[4] On l’appelait souvent ainsi déjà du temps de Laurent Mourguet

[5] dun : mont, voir verdun : grand mont

[6] lougos : corbeaux freux

Par Rebellyon,

Source: http://rebellyon.info/Bien-la-bonne-annee-Ce-10-octobre-a-Lyon