L’autre jour, Stéphane Le Foll, ministre « « « socialiste » » » [1] de l’Agriculture, était (encore) chez RMC, où il a donné cet avis : « Votez Mélenchon et vous aurez la droite et l’extrême droite au second tour de la présidentielle. »

Tendons-nous bien : j’en ai un peu rien à foutre, moi, de Mélenchon. Y a quatre ans de ça, en 2012 : je l’avais trouvé plutôt pas complètement désespérant, j’avoue. Il avait fait deux, trois discours de campagne qui nous avaient quand même assez agréablement diverti-e-s de la logorrhée de la « « « gauche » » » [2]. Mais là ? Entre ses proférations sur les travailleurs détachés qui ôtent le pain des bouches de l’artisanat de souche, ses conneries sur les quotas de migrant-e-s et son adhésion à l’idée que les gauloiseries xénophobes de Sarkozy mériteraient d’être débattues – je pense que j’en oublie ? Il commence vraiment – vraiment – à faire chier. (Et je ne te parle même pas de ses fans halluciné-e-s qui te tombent sur la gueule en formation de combat si t’as le malheur de suggérer dans les réseaux sociaux que leur champion devrait se contenir : faut quand même beaucoup de bonne humeur pour ne pas considérer que les plus enragé-e-s, parmi ce following, ne sont pas lobotomisé-e-s.)

Pour autant : la déclaration de Stéphane Le Foll est à gerber – évidemment. Parce qu’en réalité – dans la vraie vie, où les « « « socialistes » » » voudraient tant que nous cessions de randonner, pour suivre plutôt les sentiers balisés de leurs bobards minables ? C’est en votant pour eux, que nous avons dans les scrutins une extrême droite toujours plus conquérante.

Depuis la première élection de Mitterrand, en un temps déjà si reculé que les moins de trente-cinq ne l’ont jamais connu : le Front national n’a, sauf très rares exceptions, jamais cessé de progresser. En 2015, aux régionales, trois ans après l’installation d’Hollande à l’Élysée : il recueillait 27 % des suffrages dans les élections régionales, tu te rappelles ?

Cette « « « gauche » » » félonne, que plus rien ne meut fors la constante satisfaction des fantasmes du patronat, mène depuis trois décennies des politiques de droite. Et les nappe – sous le couvert, tout récemment, de la guerre au terrorisme – de vilenies identitaires (mélangées bien sûr de vingt volumes de sécuritaire) précisément prélevées dans la poche à vomi où les Pen puisent leur propagande.

Mais ces reniements sont devenus si voyants qu’elle sait qu’elle ne dupera plus guère qu’une poignée de benêt(e)s. Elle se trouve donc réduite, pour s’appâter une plus vaste clientèle – et ce pendant que son Valls continue d’excréter des harangues anti- Roms (liste non exhaustive) – à psalmodier que voter pour elle serait le seul moyen d’échapper aux droites extrêmes : c’est tout le contraire, répétons-le. Répétons que, contre la droite, la gauche reste la seule solution. Et qu’elle n’est certes pas dans le parti de M. Foll.

Sébastien Fontenelle

[1] Je leur mets trois paires de guillemets, maintenant à ces misérables : une seule ne suffit plus du tout.

[2] T’as compris le principe ?

Source: http://cqfd-journal.org/Bien-Foll-s-y-fie -