Juin 21, 2020
Par Le Poing
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Plusieurs centaines de personnes ont rejoint la marche blanche en l’hommage à Mohamed Gabsi ce samedi 20 juin. Partie de la place De Gaulle, la marche blanche était emplie d’émotion. La famille et les proches ont ouvert la marche, derrière la banderole arborant le visage de Mohamed.

Le 8 avril 2020 à Béziers, le trentenaire Mohamed Gabsi décédait suite à son interpellation par la police municipale pour non respect du couvre-feu imposé par le maire d’extrême-droite Robert Ménard. Dans un premier temps, les médias, en particulier Midi Libre et le Métropolitain, avaient relayé les propos mensongers et injurieux des autorités selon lesquels Mohamed Gabsi ne serait qu’un toxicomane violent qui, au fond, méritait ce qui lui était arrivé. Mais l’expertise médicale est claire : « compression cervicale antérieure gauche par une surface large, ayant été prolongée et appuyée à l’origine d’infiltrations musculaires, fracture de la corne thyroïdienne et contusion du nerf vague (…) syndrome axphyxique ».
« Ils veulent me tuer » criait Mohamed Gabsi pendant son interpellation.

Arrivée à l’endroit où il a été arrêté et vu en vie pour la dernière fois, Houda Gabsi – sa sœur – a pris la parole. Elle a demandé justice, que cela n’arrive plus, et a remercié tous ceux présents pour leur soutien. A partir de là, le cortège a laissé sa colère s’exprimer et n’a pas arrêté de scander le slogan « Justice pour Mohamed ! » et « Municipale assassins ».

Avant de passer devant la mairie, la tension est montée d’un cran : les gendarmes mobiles étaient déployés devant le bâtiment alors que le cortège était pacifique. Une fois sur les Allées Paul Riquet, le cortège n’a pas manqué de s’en prendre au premier magistrat de Béziers, Robert Ménard, puisque qu’il est le maître de sa police et que son appartement était très proche. Les manifestants ont scandé « Ménard assassin, Ménard raciste ».
Pour rappel, Robert Ménard, maire d’extrême-droite réélu dès le premier tour des municipales, a l’habitude des provocations. Il a débaptisé la rue du 19-mars 1962, date des accords d’Evian qui ont mis fin à la guerre d’Algérie, en rue Commandant-Denoix-de-Saint-Marc, un des putschistes de 1961 partisan de l’Algérie française. Il a placardé un peu partout dans Béziers la photo d’un pistolet accolée d’un message : « Désormais, la police municipale a un nouvel ami ». Il s’est filmé en train de vociférer à des réfugiés syriens qu’ils n’étaient « pas les bienvenus ». Etc…

Un groupe de gendarmes mobiles devant la mairie de Béziers, samedi 20 juin

Enfin, le cortège s’est dissolu là où il était parti. La famille a une nouvelle fois remercié les participants et a annoncé qu’il y aura d’autres manifestations, et que le combat ne fait que commencer.

Pour contacter le collectif et participer aux prochaines actions / réunions publiques, vous pouvez suivre leur page Facebook : Justice pour Mohamed




Source: Lepoing.net