Janvier 9, 2021
Par Dijoncter
362 visites


À Besançon un boulanger se mobilise pour empêcher l’expulsion de son apprenti sans-papier. Une pétition a déjà recueilli plus de 120 000 signatures, ajoutez-y la votre !

Stéphane Ravacley, boulanger rue Rivotte à Besançon, a entamé une grève de la fin ce dimanche. Il tente ainsi de s’opposer à l’expulsion de son apprenti, Laya, 18 ans, arrivé en France il y a deux ans. Ayant atteint la majorité, le jeune guinéen, qui ne possède pas de titre de séjour est sous le coup d’une OQTF (obligation de quitter le territoire français). En clair il est menacé d’expulsion.

« Je suis scandalisé, car l’État casse le contrat qu’il a passé avec lui, s’emporte le boulanger. Il le protège pendant des mois et puis plus du tout du jour au lendemain. Il a encore six mois de formation pour obtenir son CAP Boulangerie, une formation diplômante. Il pourrait au moins aller jusqu’au bout, mais non… » explique Stéphane Ravacley au micro de France 3 Bourgogne Franche-Comté.

On ne sait pas pour l’heure si elle va aboutir, mais la mobilisation pour le jeune apprenti est d’ores et déjà un succès : la mobilisation est relayée dans tous les médias nationaux, et la maire de Besançon a écrit à Gérald Darmanin pour lui demander de s’opposer à l’expulsion du jeune homme. Stéphane Ravacley a proposé une pétition pour s’opposer à l’expulsion de son apprenti, et une seconde pétition en ligne a déjà recueilli plus de 120 000 signatures !

Pour signer la pétition en ligne : https://www.change.org/p/contre-l-expulsion-de-laye-notre-apprenti-boulanger-%C3%A0-ses-18-ans?signed=true

Aidez nous à sauver notre super apprenti boulanger de l’expulsion du territoire à ses 18 ans !

Laye Fodé Traoréiné est né le 4 avril 2002, il n’a pas connu sa famille biologique et a grandi dans une famille d’accueil. Sur les conseils de sa mère d’accueil Laye a quitté le pays afin qu’il ne lui arrive rien de mal. Il a traversé le Mali et la Lybie, puis est arrivé en Italie à 16 ans et demi en traversant la Méditerranée en bateau gonflable. Laye a ensuite pris un train au hasard qui l’a conduit à Nîmes.

Une association de Nîmes a aidé Laye et l’a redirigé vers une autre à Gray.

Depuis maintenant un an et demi Laye vit à Besançon dans un foyer et depuis deux mois il a obtenu son appartement. Il a intégré un CAP de boulanger et travaille à la Huche à Pain tenue par Stéphane Ravacley en tant qu’apprenti.

Laye est arrivé en France sous le statut de mineur étranger mais il est désormais majeur et les gendarmes viendront le chercher le 2 janvier, parce qu’il a 18 ans et il qu’il doit être expulsé. Un référé administratif a été demandé mais rejeté.

Laye travaille depuis un an et demi au fournil, il se lève à 3h du matin, suit ses cours de CAP, a appris le français et sera diplômé en juin. Il a donc tout fait pour s’intégrer. Son patron le décrit comme quelqu’un d’enthousiaste qui travaille très bien. Ils avaient d’ailleurs convenu que Laye fasse une mention complémentaire et un brevet professionnel dans sa boulangerie. Il a donc une place assurée pendant plusieurs années.

Stéphane Ravacley ne peut rien faire, alors qu’il a attesté comme les autres salariés que Laye avait un travail et ne pouvait être expulsé. Il entamera donc une grève de la faim le 3 janvier pour que Laye reste à Besançon et finisse son cursus avec lui.

Nous demandons donc que Laye Fodé Traoréiné ne soit pas envoyé en centre de rétention le 2 janvier 2021 et que sa situation soit régularisée.




Source: Dijoncter.info