Juillet 24, 2021
Par Dijoncter
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Une procédure d’expulsion vise l’association Solmiré, convoquée mardi 27 juillet au Tribunal de Besançon. Les mineurs isolés étrangers qui sont hébergé dans ce logement réquisitionné en avril par l’association risquent de se retrouver de nouveau à la rue. Solmiré appelle à un rassemblement de soutien.

En avril 2021, l’association Solmiré réquisitionne à Besançon un logement de l’État géré par les Voies Navigables de France (VNF) afin d’y mettre à l’abri les enfants étrangers que le Département du Doubs et l’État refusent d’héberger.

Depuis 4 mois, les militant.e.s de l’association se relayent au quotidien aux côtés de ces jeunes pour partager leurs repas, cuisiner ensemble,mettre en place la scolarité, donner un coup de pouce pour les devoirs à la maison, les accompagner dans leurs soins (vaccins, dentiste…) et d’autres choses encore que font habituellement des parents et dont ont besoin des adolescent.e.s.

Aujourd’hui les occupants de ce lieu sont menacés d’expulsion par la VNF qui, sur les conseils du Préfet, utilise une procédure d’urgence auprès du tribunal administratif et demande une expulsion sans délai de tous ses occupants. L’audience au tribunal est fixée mardi 27 juillet 2021 à 11h.

De manière bien peu convaincante, la VNF avance que ce logement serait indispensable au fonctionnement du service public fluvial… alors qu’il est vacant depuis 2016 !

Avec cynisme l’avocat de la VNF justifie aussi l’urgence de l’expulsion par le fait que le maintien des jeunes dans ce logement les exposerait à un danger… 

Comparativement à ce prétendu péril, vivre à la rue quand on a 14, 15 ou 16 ans apparaît dans cette procédure comme un risque négligeable et n’est pas même pris en considération.

En effet, en cas d’expulsion la rue sera pour ces jeunes la seule alternative puisque, depuis des mois et malgré de multiples sollicitations, les pouvoirs publics refusent toujours d’assumer leurs responsabilités concernant leur accueil.

Cet argumentaire ubuesque rappelle celui des autorités italiennes qui en septembre 2020 immobilisaient au port le Sea Watch 4, un navire humanitaire de secours en mer, au prétexte qu’il ne respectait pas les normes en emportant à bord trop de gilets de sauvetages…

Les droits de l’enfant sont fondamentaux mais apparaissent souvent comme facultatifs et secondaires au regard d’autres droits comme celui du droit à la propriété. 

Contre les politiques inhospitalières, les violences institutionnelles, et le cynisme de cette procédure judiciaire : Rassemblement de soutien devant le tribunal administratif de Besançon, 30 rue Charles Nodier, le 27 juillet à 10h30.

Et parce que la nouvelle municipalité de Besançon pourrait mettre en place une politique volontariste d’accueil pour ces jeunes : Rassemblement le même jour devant la mairie de Besançon (Esplanade des droits de l’homme) à 11h45.




Source: Dijoncter.info