Septembre 23, 2021
Par Dijoncter
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Le 17 juillet dernier, le journaliste de radio BIP/média 25 Toufik-de-Planoise était victime d’une agression perpétrée en marge d’une mobilisation contre le pass sanitaire. L’auteur, un néonazi notoire, a été clairement identifié, et filmé dans ses basses œuvres. Alors que la profession a fait part de sa solidarité, une plainte a été déposée. Mais le 17 septembre dernier, le Procureur Étienne Manteau s’est répandu dans la presse que l’enquête patinait à cause de difficultés à « identifier les auteurs. » Une annonce invraisemblable, et qui frise plutôt avec une politique d’impunité.

Une énième attaque faf.

Le samedi 17 juillet 2021 à Besançon, une seconde manifestation contre le pass sanitaire est organisée [1]. Cette fois ce sont environ 2 000 à 2 500 participant·es qui déferlent dans le centre-ville, bien décidé·es à prendre symboliquement la Préfecture. Alors que la vague arrive vers 16h00 à quelques pas de l’administration visée, les quelques uniformes présents ne résistent pas et se voient rapidement submergés. Complètement terrassés, ils ne peuvent qu’arroser généreusement les assaillant·es de grenades lacrymogènes afin de reprendre le contrôle. Chaos, panique, et sauve-qui-peut.

Présents depuis le début de l’événement, trois reporters de radio BIP/média 25 couvrent alors l’ensemble de ce qui est devenu un champs de bataille. Un premier binôme reflue du cordon des forces de l’ordre, et s’enfonce dans un porche adjacent situé en face de la banque de France. Il ne s’en rend pas tout à fait compte, mais il capte alors une intrigue pour le moins détestable : un individu profite de la confusion générale, et, en coup-de-vent, prend à partie une jeune femme encore groggy par les gaz… il tente alors de lui arracher un drapeau, ciglé aux couleurs de la Fédération Anarchiste.

Échouant dans sa sale besogne, le bas du front préfère s’éclipser. C’est à ce moment là que Toufik-de-Planoise pénètre dans le corridor, afin de rejoindre ses collègues à l’intérieur. Le croisement se joue à quelques secondes, mais le nationaliste ne perd pas l’occasion de régler ses comptes avec un « antifa » : le reconnaissant, il lui assène un crochet du droit et le menace de mort. Loin d’être impressionné par la manœuvre, le journaliste ne se démonte pas. Au point que l’agresseur prenne ses jambes à son cou, ne stoppant sa course qu’une fois planqué derrière ses compères.

« Selon que vous soyez puissant ou misérable. »

Dans ce dossier, les éléments ne manquent pas. La scène, entièrement filmée, a vu ses bandes publiées dés le 19 juillet avec un communiqué de la Rédaction [2]. Une plainte complète a été déposée le mercredi suivant, alors que le SNJCGT et RSF ont fait part de leur indignation [3]. Toufik n’aura néanmoins, évidemment, pas le droit à la moindre réaction d’officines telles que l’Est répugnant ou la LICRA Franche-Comté [4]. Côté responsabilités, les choses sont assez simples… Le facho, bien connu du milieu, se nomme Olivier, et vit dans un paisible village près de Rioz en Haute-Saône [5].

Le 19 janvier 2019 place de la Révolution, celui-ci s’était déjà permis de promettre à Toufik-de-Planoise qu’il « l’enverrait au fond du Doubs ». Mais après deux mois d’investigations, le procureur de la République Étienne Manteaux s’est livré à une petite indiscrétion dans le cadre d’un article de France 3 Franche-Comté [6]. Le haut-fonctionnaire a estimé, sans blague ou ironie, qu’il n’a aucun élément permettant « d’identifier les auteurs ». Ce fan de karaté qui se la joue powers rangers jusque dans l’enceinte du tribunal [7] ne semble pas très inspiré quand il s’agit d’extrême-droite.

Pas davantage, bien sur, quand il faut se pencher sur les exactions policières, pour des violences visant à nouveau l’intéressé [8] ou commises sur un gilet jaune [9]. En revanche le Parquet est avisé et diligent lorsqu’il s’agit de poursuivre des membres de radio BIP/média 25, pour s’être défendu des coups d’un ivrogne [10]. « Selon que vous soyez puissant ou misérable les jugements de cour vous rendront blanc ou noir » écrivait Jean de la Fontaine en 1678. À l’instar de Dijon [11], flics et magistrats, sans surprise, assument épauler leurs supplétifs d’une main, et accabler leurs opposant·es de l’autre.




Source: Dijoncter.info