[D’après les (journa)flics : dans la soirée de samedi 6 juin à Berlin, une manif sauvage a déambulé dans le quartier de Neukölln contre la terreur policière. Entre 50 et 70 personnes y auraient pris part. Des feux d’artifice ont été tirés, des murs et façades tagués, des barrières de chantier et autre mobilier urbain balancés en travers les rues pour interrompre la circulation. Au moins 9 magasins et agences ont eu leurs vitrines brisées à coups de pierres, un container à poubelle incendié et plusieurs voitures vandalisées. Les flics ont relevé l’identité d’une vingtaine de personnes (13 femmes et 7 hommes) sans qu’il n’y ait d’interpellation.]

« Hier soir à Berlin [Samedi 6 juin 2020], environ 250 personnes ont manifesté dans Neukölln à l’occasion du meurtre de George Floyd et en solidarité avec la révolte aux États-Unis lors d’une manifestation contre le racisme et la terreur policière qui n’avait pas été annoncée publiquement.

Avec des slogans bruyants, des feux d’artifice, des tags et quelques vitres brisées, l’attention a été attirée sur la violence raciste de la police insupportable qui sévit partout dans le monde.
Après un début de manifestation dans les petites rues latérales de Rixdorf, le cortège a tourné sur la Karl-Marx-Strasse et divers symboles du capitalisme ont été attaqués. Après environ 20 minutes, la manif s’est dissoute de manière auto-déterminée.

Le racisme et les violences policières sont des phénomènes mondiaux qui se manifestent également en RFA à travers d’innombrables meurtres impunis perpétrés par la police et les racistes. Les assassinats policiers d’Oury Jalloh en passant par celui d’Amad A. jusqu’à celui de Maria B. ne sont pas des « cas isolés » de policiers prétendument mauvais, mais ne sont qu’une continuité du fonctionnement de la police. Ils résultent d’un système qui a besoin d’une institution violente autoritaire comme la police afin d’assurer son propre maintien par la force. Les flics racistes nazis sont délibérément tolérés dans l’appareil policier, et en fin de compte ils sont nécessaires en tant que cogneurs obéissants en situation de crise lorsque le contrôle menace d’échapper aux élites capitalistes.

Le lieu de la manifestation à Neukölln n’a pas été choisi au hasard. Il existe dans ce quartier une tradition sanglante de la violence raciste, qui va du fait que les flics ferment les yeux face à cela au fait de l’encourager.

Le meurtre non élucidé de Burak Bektaş dans la rue, Luke Holland abattu par l’adorateur d’Hitler Rolf Z. dans la rue ne sont que la partie visible de l’iceberg. Depuis de nombreuses années, les néo-nazis commettent des agressions et incitent à la haine à Neukölln. C’est justement à la veille de la manifestation que des commerces tenus par des immigrés et des gens de gauche dans la partie nord du quartier ont une nouvelle fois été tagués de slogans nazis […]

Ne vous faites pas berner par les gratte-papier de la sûreté de l’État et ces pacifistes qui n’ont aucun sens des réalités. Seules les banques, des agences de grandes chaînes, des centres pour l’emploi et quelques stations-services surdimensionnées. S’il s’était agi de faire le plus de dégâts possibles, la manifestation n’aurait pas eu lieu dans ce quartier où le nombre de cibles est limité.

Les assassins en uniforme mentent délibérément quant au nombre de participant.e.s à la manif. Leur passivité pendant la manifestation montre qu’ils se connaissent mieux que quiconque. Quelques minutes seulement après la fin de la manifestation, ils ont osé se pointer dans la Karl-Marx-strasse avec 6 fourgons. En conséquence, personne n’a été arrêté. Toutefois, les identités de quelques passant.e.s pris.e.s au hasard dans le quartier ont été relevées dans la foulée.

Chagrin et rage pour résister ! Rest in Power George Floyd et toutes les autres personnes assassinées par la police et les racistes ! »

[Traduit de l’allemand d’indymedia, 7. Juni 2020]


Article publié le 08 Juin 2020 sur Sansattendre.noblogs.org