Novembre 25, 2020
Par Attaque
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Kontrapolis / mardi 24 novembre 2020

Partout dans le monde, les appareils d’État utilisent la crise sanitaire pour Ă©tendre le contrĂŽle et la rĂ©pression. Ces mesures radicales, qui sont censĂ©es simplement contenir l’infection, servent avant tout l’atomisation de la sociĂ©tĂ© et une exploitation encore plus poussĂ©e de nos vies. Tandis que les travailleur.euse.s vont au taffe dans des conditions d’hygiĂšne risquĂ©es, que les centres commerciaux entretiennent la frĂ©nĂ©sie de consommation et que les transports en commun sont surchargĂ©s, la vie sociale dans l’espace public est pratiquement interdite. Le message est clair : ceux/celles qui ne consomment pas doivent soit ĂȘtre au travail, soit rester Ă  la maison – tout au plus, elles/ils peuvent faire de l’exercice physique pour entretenir leurs corps, assurant ainsi leur productivitĂ©. La vie sociale n’est pas seulement limitĂ©e, en raison de ces mesures : elle est encore moins bien accueillie dans l’espace public qu’elle ne l’est habituellement – c’est-Ă -dire pas du tout. Il en va de mĂȘme pour la plupart des pays europĂ©ens.

C’est Ă©galement le cas en GrĂšce, oĂč l’État utilise le virus comme prĂ©texte pour interdire tout rassemblement public, tout regroupement dans l’espace public, aussi Ă  l’occasion d’un anniversaire si importante contre la dictature [le 17 novembre est l’anniversaire de la rĂ©volte de l’universitĂ© polytechnique d’AthĂšnes (en 1973), qui a portĂ© Ă  la fin de la dictature militaire ; NdAtt.]. Mais la rĂ©sistance Ă  cette interdiction a Ă©tĂ© dynamique et dĂ©terminĂ©e. Du coup, le lieu oĂč se dĂ©roulent toujours les manifestations et les discussions ce jour-lĂ , l’UniversitĂ© polytechnique, a Ă©tĂ© occupĂ© en avance et les personnes qui s’y trouvaient ont appelĂ© Ă  une manifestation, malgrĂ© les lourdes amendes. Les flics ont mis fin Ă  l’occupation et ont arrĂȘtĂ© 70 personnes. Le jour de la manifestation, AthĂšnes Ă©tait occupĂ©e par des flics qui se sont lancĂ©s dans une chasse Ă  l’homme et ont tabassĂ© et arrĂȘtĂ© de nombreuses personnes. Cependant, un peu de monde a rĂ©ussi Ă  sortir dans les rues, Ă  faire de petites manifestations de quartier et finalement Ă  rester dans les rues un bon moment, malgrĂ© le couvre-feu.

MĂȘme chose en France : le gouvernement utilise l’ Â« Ă©tat d’urgence sanitaire Â» pour faire passer une nouvelle loi dĂ©gueulasse. La loi « sĂ©curitĂ© globale Â», qui permet aux flics d’utiliser Ă  plaisir des drones et des logiciels de reconnaissance faciale dans des camĂ©ras de vidĂ©oprotection. Dans le mĂȘme temps, cette loi rendrait illĂ©gal le fait de filmer et de publier des images de flics ou des « Ă©lĂ©ments servant Ă  leur identification Â», avec des peines pouvant aller jusqu’à un an de prison ou 45 000 euros. Certes, il est assez facile pour le Parlement de discuter de cette loi en ce moment, alors que l’ensemble de la population, confinĂ©e, est sous le contrĂŽle des flics et que les manifestations ou les rassemblements sont interdits. MalgrĂ© cela, ou peut-ĂȘtre Ă  cause de cela, des milliers de personnes se sont rassemblĂ©es devant l’AssemblĂ©e nationale, mardi 17 novembre, pour manifester contre cette loi. Une loi qui souligne le fait que la France est un État policier oĂč non seulement il est difficile d’affronter directement les flics, mais c’est dangereux mĂȘme de les croiser au coin de la rue.

Pourtant, aussi oppressifs et autoritaires que soient les diffĂ©rents États, partout il est possible d’attaquer leurs dĂ©fenseurs, quand ils ne s’y attendent pas et ne sont pas prĂ©parĂ©s, voire sont presque sans dĂ©fense. Nous pouvons toujours choisir le lieu et le moment de nos attaques, pour les atteindre avec un risque calculĂ© pour nous-mĂȘmes, de façon qu’ils ne se sentent jamais en sĂ©curitĂ©.

Comme contribution Ă  la lutte internationale contre les dictatures en place et en solidaritĂ© avec les rĂ©sistant.e.s du secteur nord [du quartier berlinois de Friederichshain ; NdAtt.], le matin du 19 novembre nous avons attaquĂ© les flics dans leur voiture sĂ©rigraphiĂ©e, lorsque ils patrouillaient sur la Rigaerstrasse. Étant donnĂ© que la presse policiĂšre a prĂ©cisĂ© qu’il s’agissait d’une unitĂ© du poste de police n°51 (c’est-Ă -dire la Wedekindwache), nous ne voulons pas passer sous silence le fait que ce sont eux qui sont responsables du meurtre de Maria B., en janvier dernier, ainsi que des nombreuses attaques contre les structures rebelles de Berlin-Friedrichshain.

À bas la dĂ©mocratie !
À bas la dictature !
Vive la rĂ©sistance et vive l’anarchie !

le 19 novembre 2020




Source: Attaque.noblogs.org