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Le groupe d’étude du mardi soir explore et analyse la diversité de théories anarchiste de manière à approfondir la compréhension que nous en avons. En tant que groupe consciemment égalitaire, nous utilisons le format d’un dialogue ouvert pour encourager des échanges d’idées et d’analyses réciproques.

Avec ce tract, nous espérons inspirer d’autres a former des groupes similaires de manière à développer une conscience enrichie du sens de la théorie et de la pratique de la liberté anarchiste. Avec l’éclosion de groupes d’études anarchistes, c’est la possibilité d’actions claires venant de pensée dégagées qui se développe. Apprendre de la théorie et de l’histoire anarchiste construit un sens de continuité en nous permettant de nous déplacer au delà des impasses idéologiques. Le groupe d’étude permet aussi un espace au participant.e.s de se rencontrer avec un cercle anarchiste se réunissant régulièrement. En faisant partie de nos vies sociales, il contribue à créer des liens qui ont donné lieu en retour à des implications individuelles dans divers efforts et actions. Les interactions régulières encouragent aussi le développement des aptitudes des participant.e.s à articuler et promouvoir des positions politiques à partir de bases de connaissances. Le groupe d’étude a commencé comme classe d’histoire anarchiste au sein de l’ancienne école libre de Berkeley. Nous choisissions des sujets d’histoire et en étudiaient les contributions anarchistes après en avoir lu jusqu’à 30 pages de documentation photocopiée. Les sujets incluaient la première internationale, la Commune de Paris, la révolution russe, la makhnovchina et la guerre civile espagnole.

Aujourd’hui, le groupe se rencontre une fois par semaine pour discuter des lectures qui nous ont incité à examiner des développement dans la théorie anarchiste contemporaine. Nous avons étudié des documentations qui ne sont pas strictement anarchistes, de la théorie des jeux à la psychologie féministe, de l’Internationale Situationniste à Fight Club. En ne nous restreignant pas nous-mêmes aux textes anarchistes, nous avont été capable de nous inspirer d’auteur.e.s qui sont anti-autoritaires, au sens large, même si nous sommes en désaccord avec leurs conclusions. Nous nous engageons à explorer des préoccupations de théorie et de pratique anarchiste dans une perspective critique plutôt qu’idéologique. Si les participant.e.s ont des préférences et tendances individuelles, nous essayons de ne pas nous marier à une contrainte idéologique ni a aucun parfum particulier d’anarchisme. Nous ne refusons pas de lire des textes écrit pas des gens avec qui nous ne sommes pas d’accords, et de même, nous n’avons pas peur de trouver des choses avec lesquelles nous ne sommes pas d’accord dans des textes que nous apprécions. En d’autres termes, on malmene tout le monde de la même façon.

Ce que nous lisons…

Notre méthode informelle de sélection des sujets et documents consiste en un.e participant.e proposant un sujet ou une source, et s’il y a un intérêt général du groupe, nous le suivons. Les individu.e.s n’étant pas intéressé.e.s peuvent choisirent de le suivre ou de sauter la discussion. Il y a plusieurs façon d’approcher un texte, et ça incluse : choisir les meilleurs et pires aspects du texte, trouver quelque chose avec qui quelqu’un.e puisse être d’accord ou pas, et/ou simplement analyser le texte page par page. Ça aide si quelqu’un dans le groupe a un peu d’expérience avec le sujet et peut en orienter les autres si les documents ne sont pas assez évidents. De la documentation qui ne soit pas claire amène souvent notre groupe à perdre intérêt et conclure rapidement les discussions ou (parfois) simplement abandonner un texte.

…& Comment nous le lisons

Du fait de notre emphase sur la pensée critique et de notre aversion pour l’idéologie, notre groupe est un groupe d’étude plutôt qu’un groupe de propagande. La différence est que nous favorisons une pensée sur l’anarchisme de manière créative, critique et consciente. Un groupe de propagande, s’il s’engage dans de la sensibilisation pour essayer d’augmenter son nombre, force les idées de ses principaux.les théoricien.e.s sur ses membres dans l’intention d’avoir ces idées acceptées de manière non-critique. Nous nous engageons dans une pensée critique en considérant les faits contre les opinions, en connaissant les points de vue de l’auteur.e et en trouvant des contradictions du fait des informations données, et en questionnant les présuppositions (celle de l’auteur.e ou les nôtres). Parce qu’une ambiance sans peur de l’humiliation est importante pour un débat ouvert et une critique honnête, nous sommes conscient.e.s des prises de paroles, écoutons les autres et nous concentrons sur le sujet discuté, en gérant les tangentes qui arrivent inévitablement.

Facilitation

Le travail de facilitation est de ramener les gens vers le sujet discuté, d’encourager les personnes silencieuses à participer et de prévenir des monopoles de la part d’individu.e.s plus vocaux.les. Si correctement fait, les fonctions de facilitation permetent d’éviter des situations hiérarchiques et ne se retrouve elle même comme hiérarchique que si ses objectifs sont pervertis. La formalité de la facilitation peut varier avec la taille du groupe, c’est à dire qu’un groupe plus grand peut avoir besoin de définir des méthodes de choix des facilitateur.ice.s et s’assurer que tou.te.s ont l’occasion de parler.

Logistique : l’œuf ou la poule ?

L’un des principaux problèmes pour commencer un groupe est de choisir s’il faut d’abord réunir un groupe puis décider de comment l’organiser, ou arriver avec une forme idéale puis en faire la promotion pour trouver des co-participant.e.s Tu as peut-être assez d’ami.e.s et de connaissance pour commencer un groupe par le biais du bouche a oreille. Si tu n’a pas beaucoup de fréquentations anarchistes autour de toi, il te faudra peut-être commencer par la promotion.

Trouve des gens intéressé.e.s : flyers, mis dans des centres sociaux et des librairies indépendantes sont souvent efficaces, en particulier si ils incluent un contact.

Trouver un espace : les espaces gratuits sont généralement meilleurs que les espaces payants comme les cafés ou les restaurants. Aussi les lieux publics, plutôt que chez des gens rendent possible a des gens que tu ne connaisse pas de venir. Les bibliothèques, parcs et centres communautaires sont aussi des emplacements idéaux.

Décide de la régularité. Notre groupe se réuni toutes les semaines et se concentre sur de courtes lectures chaque semaines ou discute des textes plus long sur une période de plusieurs réunions. D’autres groupes peuvent se rencontrer chaque mois pour discuter d’un livre, comme une sorte de club anarchiste du livre-du-mois. Garde en tête qu’un horaire et lieu régulier de réunion permet l’inclusion de participant.e.s occasionnel.le.s ou de passage.

Garde les gens intéressé.e.s (y compris toi-même). Apporter de quoi grignoter de temps en temps semble rendre les gens heureux. Des considérations spéciales comme une soirée de projection permettent de soigner la routine, en particulier après un long texte. Le plus important est de se souvenir que les discussions stimulantes et respectueuses sont l’objectif, et non l’augmentation du nombre de membres ou l’endoctrinement des masses. Quand les gens apprécient le travail qui a lieu dans le groupe d’étude, illes finissent souvent par revenir. Nous espérons que ce tract vous inspire à considérer les groupes d’études comme des outils d’éducation. Bonne chance !

P.S : Quelques questions à considérer en lisant

1.

Comment est-ce que ça s’applique à ta vie ? Est-ce que ça a, ou aura une influence sur la manière dont tu pense ? Comment ? Et sinon, pourquoi ?

1.

Comment est-ce que le contexte est similaire au tien, et comment en diffère-t’il ? Que sais tu de ce contexte ?

1.

Avec quoi es-tu d’accord ? Avec quoi es-tu en désaccord ? Pourquoi ?

1.

Est-ce que quelqu’un.e que tu connais dis des choses comme ça ? Quel genre de conversation a tu avec cette personne (ou ces gens) ? Où ont-illes été bon.ne.s et où est-ce qu’illes se sont enlisé.e.s ?

1.

Est-ce que la lecture semble inconsistante par moment ? Où et comment ?

1.

Quelles sont certaines des conséquences de la pensée ou du raisonnement dans cette lecture (si on l’extrapole) ?

1.

Qui se retrouve inclus.e dans cette lecture, et qui est-ce que ça exclu ?

1.

Si tu devait mettre cette lecture dans une tendance anarchiste, laquelle serait-ce ? Si ça en traverse plusieurs, alors lesquelles et comment ?

1.

Y a t’il du jargon ? Lesquels ? Comment transcrirait tu les principaux arguments dans tes propres mots ?

1.

Quelles sont les quatre phrases (ou paragraphes) qui constituent, pour toi, l’argument principal de ce texte ?

Berkeley Anarchist Study Group


Article publié le 24 Juil 2020 sur Fr.theanarchistlibrary.org