Belfort en fête

Dimanche 3 avril 2016, venez nous rejoindre sur la place Belfort à Toulouse. Plusieurs ateliers seront proposés pour réinvestir la place et lutter ensemble contre la déconstruction du quartier.

Dimanche 3 avril 2016, venez nous rejoindre sur la place Belfort à Toulouse. Plusieurs ateliers seront proposés pour réinvestir la place et lutter ensemble contre la déconstruction du quartier.

Table de presse, hip-hop, sérigraphie, initiation boxe, jeux, musique, crêpes. La journée se terminera par une assemblée de quartier afin de discuter ensemble et d’échanger sur nos envies concernant le quartier. Venez nombreuses et nombreux, petitEs et grandEs, apportez vos tee-shirt ou autre vêtements unis si vous en avez (pour sérigraphier dessus), votre joie, rage et votre bonne humeur.

Venez, ça va être bien !

Depuis une vingtaine d’années la clique au pouvoir à Toulouse caresse l’idée de voir la ville devenir métropole. Ce passage de la ville à la métropole n’est pas un processus neutre. Les élu.e.s, technocrates et mafieu.se.s assermenté.e.s nous concoctent des modifications d’ampleurs, notamment dans l’environnement bâti.

Parmi ceux-ci Moudenc et ses ami.e.s prévoient notamment « une évolution conséquente » de la rue Bayard et l’« embellissement » du quartier Belfort. Entre la gare qui accueillera le nouveau TGV et le centre ville, il faut à présent des commerces « attractifs », du propre, de l’aseptisé et du policé. Le but étant de donner aux voyageur.e.s « une première impression inoubliable de la ville rose ». Alors que les travaux ne devraient commencer qu’en été 2016, le nettoyage social des rues a déjà commencé. En effet, les SDFs, les putes, les vagabond.e.s, les musicien.ne.s sont les premières personnes à ressentir la violence des réaménagements urbains. Violence produite en ce qui les concerne par la police qui s’occupe de criminaliser tout ce qui ne peut s’insérer dans l’ordre urbain bourgeois. Bientôt les machines arriveront et après elles on verra se succéder de nouveaux logements, de nouveaux bureaux, de nouveaux commerces. A cette transformation matérielle suivra une transformation sociale, car en effet toutes ces nouveautés impliqueront également une nouvelle population qui vient fréquenter le quartier, l’investir et l’habiter. Le remplacement au fur et à mesure d’une population précaire, ouvrière par une population plus aisée est la suite souhaitée, qu’à demi-avouée, des projets de réaménagements urbains.

Tout ceci est imposé au moyen d’un chantage à l’utilité où nous n’avons aucunement notre mot à dire. Les « experts » en tout genre ont déjà tout décidé. Mais quelle utilité ? Celle d’enrichir toujours plus les mêmes personnes et de maintenir les groupes dominants dans leur position de domination.

Mais à vrai dire, nous osons croire que tout n’est pas prévu. Que la modification perpétuelle de l’environnement bâti, l’embourgeoisement de nos quartiers, la marchandisation de nos activités quotidiennes et la dépossession toujours plus grande de la maîtrise de nos conditions de vie n’est pas une fatalité.

Nous osons croire que nous avons la possibilité de rendre nos rues conformes à nos désirs, par exemple en faisant pousser des fleurs dans les rues, sur les places, où l’on veut. Et puis aussi en écrivant des mots sur les murs, des poèmes, des dessins, des slogans. Ou encore en occupant sans droit ni titre, les lieux qui recèlent des trésors de vie commune et d’aventure derrière leurs portes fermées. On a une vraie force collective quand on décide d’extraire le lien social des rapports marchands et d’installer deux tréteaux, une planche et qu’on partage de la bouffe. De toutes parts on cherche à nous imposer nos conditions de vies, nous dire ce que l’on peut faire, ce que l’on ne peut pas faire et nous dire encore comment le faire.

Ne laissons plus nos vies entre les mains des gestionnaires, technocrates et urbanistes. Retrouvons-nous tous les dimanches place Belfort entre 15:00 et 17:00 afin d’inventer de nouvelles perspectives à donner au quartier. Deux heures donc que nous pourrons passer autour d’un café, d’un thé pour discuter, comploter, réfléchir, faire des jeux sur la place, détruire des machines, partager un repas, lire des poèmes… bref tout n’est pas prévu. A nous d’inventer nos vies !

Belfort Breakdown !!!!




Source: