Le gouvernement souhaite revenir en arrière en proposant des dérogations sur l’interdiction de ces pesticides « tueurs d’abeilles ».

En septembre 2018, Emmanuel Macron déclarait « notre engagement pour la biodiversité en action : l’interdiction des pesticides tueurs d’abeilles ». Ce faisant, le gouvernement reconnaissait le danger qu’il faisait peser sur la biodiversité et sur l’avenir des citoyens. Deux ans après, cette déclaration est remise en cause : la France s’apprête à prolonger les dérogations sur ces pesticides jusqu’en 2023.

C’est en connaissance de cause que le gouvernement fait le choix criminel de mettre en danger notre avenir et notre sécurité alimentaire.

Les militants d’XR France mèneront un rassemblement massif et un happening pour alerter sur la gravité d’une telle décision et sur le danger encouru en cas de revirement par rapport à cet engagement récent. Ils seront accompagnés de la Confédération Paysanne et de Générations Futures ainsi que d’un représentant de « Notre assiette pour tous ».

Tandis qu’une centaine de militant.e.s seront rassemblé.es, brandissant des pancartes sur lesquelles seront inscrites leurs revendications. Une performance sera menée par un groupe de rebelles afin de simuler les dégâts qu’occasionnent ces pesticides. Enfin plusieurs prises de parole auront lieu afin d’appeler au rejet de ces pesticides.

Cet événement renvoie directement aux débats qui ont lieu, visant à réintroduire certains néonicotinoïdes pour la culture de la betterave sucrière.

Un tel fait, comme le rappel les militant.e.s, représente de multiples dangers.

En Europe, on estime à environ 80 % la chute de la population des insectes en moins de trente ans. Il est vital de protéger les pollinisateurs dès aujourd’hui, et notamment les insectes volants comme l’abeille. D’autant plus que les pollinisateurs représentent l’un des socles de la chaîne alimentaire.

Ainsi, ce choix de réintroduire les néonicotinoïdes met dans la balance non seulement la biodiversité, mais aussi notre résilience alimentaire.

Une étude de l’INRA et du CNRS a montré qu’en cas de disparition totale des pollinisateurs, la production mondiale ne suffirait pas à satisfaire les besoins alimentaires actuels. Or, notre système agricole est aujourd’hui fortement ébranlé par les impacts du changement climatique, à l’origine d’une insécurité alimentaire croissante dont les effets dramatiques se font déjà sentir.

Sacrifier la biodiversité sous couvert d’améliorer la souveraineté alimentaire de notre pays est une aberration : en sacrifiant les pollinisateurs, nous sacrifions ainsi notre capacité à nous nourrir ainsi que celle des générations futures !

En outre, ce projet illustre encore la faculté sidérante que ce gouvernement a à mentir et revenir sur ses engagements, notamment ceux tenus devant les membres de la Convention Citoyenne pour le Climat. Nous n’attendrons pas que l’histoire les juge. Plus que jamais, ces choix conscients et irresponsables rendent légitimes et nécessaires l’organisation d’actions de désobéissance civile non violente afin de faire cesser cet écocide dramatique qui menace l’avenir de tous.

Choisir de tuer les abeilles pour satisfaire des lobbies, c’est mettre en danger l’ensemble du vivant pour le profit.

DERNIERE MINUTE

Mardi 6 octobre 2020, l’Assemblée Nationale a adopté l’ensemble du projet de loi visant à ré-autoriser l’usage des néonicotinoïdes dans les cultures de betteraves sucrières. Mais l’issue du vote s’est en fait décidée la veille, où jusque tard dans la nuit ont été examinées les propositions d’amendements au texte initial.
C’est durant cette session préliminaire que tous les débats contradictoires ont eu lieu. Or, seuls 23% des 573 député.es ont effectivement pris part aux votes sur les différents amendements. Ainsi, sur un sujet fondamental ayant des conséquences lourdes sur la sécurité alimentaire et l’approvisionnement en eau potable, seul.e un.e député.e sur 5 a assisté aux débats et a donc pu se forger une opinion documentée.
Lors de l’adoption finale du texte revu à la marge, la participation est montée à 92%.
Chez les marcheurs, majoritairement favorables à la réintroduction des néonicotinoïdes, 9 député.es sur 10 ont voté, dont 7 sans avoir assisté aux débats.
Chez Les Républicains, 93% se sont exprimés, soutenant le texte à une écrasante majorité, alors que seuls 12% avaient pris le temps nécessaire de l’examiner.
Les groupes majoritaires ont largement fondé leur opinion sur l’argumentaire du gouvernement, argumentaire contenant de nombreuses contre-vérités d’après les associations signataires de ce rapport.
Nous donnons des mandats à nos députés pour examiner les projets de loi à l’aune du bien commun avec rigueur :

ce vote est un déni de science et un déni de démocratie.

Vous souhaitez en savoir plus, nous vous invitons à lire les différents articles proposés ci dessous :

(1) cnrs.fr


Article publié le 13 Oct 2020 sur Extinctionrebellion.fr