Juillet 7, 2022
Par Partage Noir
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La Lyre des Travailleurs fait imprimer L’Internationale avec le nom Degeyter afin que Pierre ne perde pas son travail. L’Internationale sera vendue au profit du POF. Lorsque Pierre Degeyter quittera le parti, le nouveau maire de Lille Gustave Delory fit reconnaître les droits d’attribution de la musique à son frère Adolphe Degeyter, un employé de la municipalité. L’imprimerie de la section lilloise du POF conservera ainsi le monopole de L’Internationale.

Inscrit sur les listes noires locales du patronat Pierre Degeyter est contraint de déménager avec sa famille pour Saint-Denis près de Paris. Il tentera de récupérer ses droits d’auteur compositeur en 1904 mais perdra son procès.

Avant de se suicider en février 1916 Adolphe Degeyter avouera ne pas être le compositeur de L’Internationale, il avait affirmé le contraire soumis a de fortes pressions. C’est un tribunal parisien qui attribuera les droits de L’Internationale à Pierre Degeyter en 1922. Il est âgé de 76 ans lorsque sa composition est inscrite au Bureau des auteurs. À l’ambassade d’Union soviétique on découvrira que le compositeur de L’Internationale est vivant ! Degeyter sera invité aux cérémonies du dixième anniversaire de la révolution d’Octobre en 1927 à Moscou. L’Union soviétique lui attribuera une pension, et la ville de Saint-Denis un logement. Il meurt le 26 septembre 1932.

La ville de Lille lui a dédié une place et un géant à son effigie. La cession des droits de L’Internationale sera faite au profit de la société Chant du monde avant de tomber dans dans le domaine public en 2017.

Chanson écrite par Louise Michel, publiée en 1897 dans l’Almanach du Père Peinard [1]

I

Debout les damnés de la terre !

Les despotes épouvantés

Sentant sous leurs pas un cratère,

Au passé se sont acculés.

Leur ligue folle et meurtrière

Voudrait à l’horizon vermeil

Éteindre l’ardente lumière

Que verse le nouveau soleil.

Refrain

Debout, debout, les damnés de la terre !

Ceux qu’on écrase en les charniers humains,

Debout, debout, les forçats de misère !

Unissons-nous, Latins, Slaves, Germains.

II

Que la troisième République

Se prostitue au tsar pendeur ;

Qu’une foule extralunatique

Adore l’exterminateur !

Puisqu’il faut que tout disparaisse,

Peu nous importe ! C’est la fin,

Partout les peuples en détresse

S’éveillent se donnant la main.

Au refrain

III

Bons bourgeois que César vous garde,

César aux grands ou petits bras :

Pape, République bâtarde ;

Les tocsins sonnent votre glas

Rois de l’or hideux et féroces.

Les fiancés que vous tuez

Demain auront de rouges noces.

Tocsins, tocsins, sonnez, sonnez.

Au refrain

IV

Les potentats veulent la guerre

Afin d’égorger leurs troupeaux :

Pour cimenter chaque frontière

Comme on consacrait les tombeaux.

Mais il vient le temps d’Anarchie

Où, dans l’immense apaisement,

Loups de France et de Sibérie,

Loups humains jeûneront de sang.

Au refrain

PDF - 1 Mo
L’Internationale – Poème d’Eugène Pottier et musique de Pierre Degeyter [BDPDF]



Source: Partage-noir.fr