Un rapport publié le 7 novembre par l’Observatoire des armements et SumOfUs, en collaboration avec les Amis de la Terre, retrace la militarisation des activités de Total au Yémen depuis les années 1980. Des sources ouvertes et témoignages recueillis font état de la configuration de Balhaf, le site de liquéfaction gazière opéré par Total, comme base militaire (depuis 2009) et prison secrète (en 2017 et 2018). Le rapport interroge aussi le rôle du gouvernement français, acteur de la militarisation du site, et a garanti le projet gazier de la multinationale.

Malgré la mobilisation des ONG et le travail des médias, le gouvernement continue à livrer des armes à la Coalition arabe engagée au Yémen. Après l’échec de la résolution Nadot, les groupes parlementaires s’abstiennent de jouer leur droit de tirage pour lancer une Commission d’enquête. L’Observatoire des armements et SumOfUs, ONG internationale qui agit comme un contre-pouvoir citoyen des multinationales, ont donc cherché à savoir si la présence de Total au Yémen pouvait en partie expliquer ce blocage politique. En collaboration avec les Amis de la Terre sur la partie financements et impacts climatiques, ils ont mené un travail d’investigation pour retracer la mainmise de Total sur les ressources en hydrocarbures du Yémen, soutenue par les gouvernements français successifs.

Le rapport montre l’imbrication entre la stratégie militaire de l’État français et la politique énergétique de Total au Yémen depuis les années 1980 et plus récemment sur l’Est Africain (Kenya, Ethiopie, Mozambique…). Les positionnements de la société, qui se cristallisent sur des zones en conflit, sont toujours appuyés par la mise en place d’une infrastructure militarisée (site gazier aux allures de base militaire, checkpoints…) et la politique militaire de l’État français (formation des forces spéciales et gardes-côtes yéménites, intervention de sociétés militaires privées, investissement par la marine du golfe d’Aden et de l’océan Indien…). Selon les auteurs du rapport, cette « militarisation » ira jusqu’à l’hébergement d’une milice (à partir de 2016) et d’une prison secrète (à partir de 2017).

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Article publié le 16 Nov 2019 sur Rebellyon.info