BAS LES MASQUES arts et culture

Cet appel unitaire de la culture a Ă©tĂ© Ă©crit collectivement par des travailleur·ses des arts, du spectacle vivant et de l’audiovisuel, des artistes-auteur·es, plasticien·nes, des designer·euses, des Ă©tudiant·es et enseignant·es en art, des militant·es…

Nous ne sommes pas les travailleur·ses Ă©thĂ©ré·es et romantiques pour lesquel·les ce prĂ©sident a l’air de nous prendre ou de vouloir nous faire passer, nous sommes des travailleur·ses, des actrices et des acteurs du quotidien.

Nous nous rĂ©unissons depuis le 29 avril via 45 collectifs de lutte, fĂ©dĂ©rations et syndicats de nos secteurs. Nos mĂ©tiers sont diffĂ©rents, nos conditions de travail, nos statuts et rĂ©gimes le sont aussi. C’est cette richesse qui nous permet de formuler nous-mĂȘmes nos besoins.

‹Depuis le dĂ©but de cette crise, le monde culturel et artistique est, comme d’autres secteurs, touchĂ© de plein fouet. Il a Ă©tĂ© l’un des premiers champs professionnels Ă  devoir cesser toute activitĂ© et sera dans les derniers Ă  pouvoir reprendre normalement.

Les rĂ©ponses, apportĂ©es Ă  nos secteurs le 6 mai dernier par le prĂ©sident de la RĂ©publique et le Ministre de la Culture, ressemblent davantage Ă  des effets d’annonce qu’à de rĂ©elles mesures et sont intraduisibles dans les rĂ©alitĂ©s que nous connaissons quotidiennement.

Comme les animateur·rices et les travailleur·ses sociaux·ales le dĂ©noncent elleux-mĂȘmes, nous refusons d’ĂȘtre les agent·es du maintien de l’ordre social et culturel que le gouvernement nous impose. Si certain·es d’entre nous interviennent dĂ©jĂ  dans les milieux scolaires mais aussi dans les milieux hospitaliers, carcĂ©raux ou en Ehpad, il ne s’agit pas de remplacer les travailleur·ses sociaux·ales et culturel·les. Ce sont d’autres mĂ©tiers. Par ailleurs, nous n’avons pas attendu le gĂ©nie Macron pour sortir des thĂ©Ăątres, musĂ©es ou conservatoires et interroger nos pratiques.

‹‹Nous n’avons pas « de la chance que la France ait l’intermittence Â». Nous avons des conquĂȘtes sociales, rĂ©sultats de nos luttes rĂ©pĂ©tĂ©es et nous voulons non seulement les garder mais les faire croĂźtre et les Ă©tendre Ă  tous les secteurs de la culture. Cette crise ne doit pas ĂȘtre le prĂ©texte au dĂ©mantĂšlement des services publics de la culture.

Les capitalistes et l’État ont dĂ©montrĂ© leur incompĂ©tence Ă  gĂ©rer les secteurs essentiels de notre sociĂ©tĂ©. C’est donc aux travailleur·ses, aux usager·es, Ă  nous, les premier·es concerné·es, de dĂ©cider de quel hĂŽpital, de quel systĂšme de santĂ©, de quelle Ă©ducation ou culture nous avons besoin, et d’en reprendre le contrĂŽle, avec les moyens nĂ©cessaires pour les faire fonctionner correctement. Ce principe doit s’appliquer Ă  l’ensemble des services publics. Nous affirmons aujourd’hui notre solidaritĂ© totale avec les travailleur·ses de la santĂ©, de l’éducation, du travail social qui se battent pour la survie de leur secteur dans des conditions de travail dĂ©centes.

Nous faisons partie des intermittent·es de l’emploi, des plus prĂ©caires de notre sociĂ©tĂ©, de toutes les personnes que cette crise jette plus violemment encore au cƓur des inĂ©galitĂ©s structurelles de notre sociĂ©tĂ© (femmes, minoritĂ©s de genre, personnes racisé·es, exilé·es, sans-papiers…), et c’est toutes et tous ensemble que nous pouvons porter haut cette parole et nos revendications.

C’est dans ce contexte que nous exigeons

Pour les intermittent·es du spectacle :

  • Le respect par toutes les structures des engagements passĂ©s avec les salarié·es, contrats de travail signĂ©s ou non.
  • La prolongation des droits de l’intermittence et du chĂŽmage jusqu’à un an aprĂšs la reprise dĂ©finitive et sans restrictions des activitĂ©s du secteur.
  • L’abaissement du seuil d’ouverture de droit Ă  250 heures pour les nouveaux et les nouvelles entrant·es.
  • La prolongation automatique des droits des personnes en congĂ© maternitĂ© ou en arrĂȘt maladie, dĂšs la fin de leur congĂ© et sans condition de reprise de travail.
  • La prise en compte de toutes les heures d’Action d’Education Artistique et Culturelle dans les heures permettant d’accĂ©der au rĂ©gime spĂ©cifique des annexes 8 et 10 et ce de façon pĂ©renne.

Pour les Ă©tudiant·es :

  • Étudier c’est travailler : nous voulons un salaire Ă©tudiant pour toutes et tous ainsi que la suppression de l’augmentation des frais d’inscriptions des Ă©tudiant·es Ă©tranger·es.
  • La validation de l’annĂ©e universitaire 2019-2020, la rĂ©inscription automatique Ă  l’annĂ©e suivante, la prolongation des bourses et de l’attribution des logements, le report sans condition des Ă©chĂ©ances propres Ă  Parcoursup et de toutes les Ă©chĂ©ances de candidatures et d’inscriptions pour 2020-2021.

Pour les artistes-auteur·es, les travailleur·ses indĂ©pendant·es des arts visuels (commissaires d’exposition, critiques, installateur·rices, designer·euses, mĂ©diateur·rices, confĂ©rencier·es, curateur·ices etc.) :

  • Une rĂ©munĂ©ration systĂ©matique pour tout travail fourni et la suppression du mĂ©cĂ©nat de compĂ©tences : la visibilitĂ© n’est pas un revenu.
  • Le versement urgent d’une indemnitĂ© mensuelle de compensation sur la base des derniers revenus connus.
  • Une protection sociale pour tous·tes avec l’ouverture de la totalitĂ© des droits du rĂ©gime gĂ©nĂ©ral de la SĂ©curitĂ© sociale.

Par ailleurs, nous rappelons que de nombreux travailleur·euses des arts et de la culture cumulent plusieurs emplois prĂ©caires pour boucler les fins de mois et qu’il y a Ă©galement parmi nous des personnes sans papier·es, des travailleur·ses migrant·es et des travailleur·ses du sexe. Nous exigeons que toutes et tous aient accĂšs Ă  la totalitĂ© des droits du rĂ©gime gĂ©nĂ©ral de la SĂ©curitĂ© sociale.

Plus largement, nous exigeons le retrait dĂ©finitif de la rĂ©forme des retraites et l’abrogation de la rĂ©forme de l’Assurance chĂŽmage, du dĂ©cret d’application qui renforce le contrĂŽle des chĂŽmeurs et chĂŽmeuses et la garantie d’un salaire (minimum SMIC) pour tou·tes les travailleur·ses jusqu’à la possibilitĂ© de retrouver un travail dans des conditions dĂ©centes.

‹Ce texte est un appel Ă  la mobilisation massive de nos secteurs de la culture et des arts dans la bataille gĂ©nĂ©rale : c’est grĂące Ă  cette solidaritĂ© que nous pourrons crĂ©er un rapport de force avec le gouvernement et le patronat et imposer une sociĂ©tĂ© plus juste. Nous soutenons et reprenons l’appel lancĂ© par les soignant·es Bas les Masques : organisons-nous pour construire un grand mouvement populaire, en lutte pour une rĂ©elle dĂ©mocratie et une vĂ©ritable justice sociale, Ă©conomique et Ă©cologique. Dans ce vaste chantier, les travailleuses et travailleurs de la culture et des arts ont leur rĂŽle Ă  jouer.

C’est dans cet esprit que nous tiendrons un meeting unitaire en ligne le 9 juin prochain. D’ores et dĂ©jĂ  les dates des 16 (Ă  l’appel du collectif inter-urgences) et 17 juin (un ensemble de collectifs et syndicats appelle Ă  agir contre la rĂ©intoxication du monde) apparaissent comme des rendez-vous importants.

Il y a aujourd’hui l’avenir qui recule, nous sommes le prĂ©sent qui s’élance.

Contact : blm-artsetculture@tutamail.com

http://www.blm-artsetculture.fr/

343 racisé.es

AG interpro Interlutte 54

Art en Gouine

Art en grĂšve – Lyon

Art En GrĂšve – Paris Banlieues

Art en grĂšve – Rouen

Art en GrĂšve – Valence

Arts en Lutte

ASSO Solidaires

CICP 72 (Collectifs des intermittent.es chÎmeur.euses et précaires de la Sarthe)

CIP CA (Coordination des intermittent.es et prĂ©caire CĂŽte d’Azur)

Cip Franche Comté (Coordination des intermittent.es et précaire Franche Comté)

CLAQ – comitĂ© de libĂ©ration et d’autonomie queer

CNTPEPCGT (ComitĂ© National CGT des Travailleurs PrivĂ©s d’Emploi et PrĂ©caires)

Collectif des syndicats du Spectacle et de la Culture CGT IsĂšre

Convergence des Luths

Coordination des interluttant.e.s 59 62

Culture en Lutte – Grenoble

DĂ©coloniser les arts

Fédération des Arts de la Rue Paris

Fédération des Pirates du Spectacle Vivant

FGIPACA (FĂ©dĂ©ration des guides interprĂštes Provence Alpes CĂŽte d’Azur)

FMITEC (fĂ©dĂ©ration des mĂ©tiers intermittents du Tourisme de l’évĂ©nementiel et de la culture )

Formes des luttes

Front Social 54

Gilets Jaunes Intermittent.es ChÎmeur.euses Précaires

La Buse

La permanence

Les danseur.euses du CCN Ballet de Lorraine

Les Sentinelles – Avignon Off

MIKS – Mouvman Inter KiltirĂšl SolidĂšr

SFA CGT (Syndicat Français des Artistes InterprÚtes)

SNAP CGT (Syndicat national des artistes plasticien.nes)

SNEADCGT (Syndicat National des Ă©coles d’Art et de Design)

Strass – Syndicat du Travail Sexuel

SUD Culture

Sud Spectacle – OpĂ©ra de Paris

CommuniquĂ© de presse en pdf :




Article publié le 03 Juin 2020 sur Paris-luttes.info