Avril 26, 2016
Par Collectif Emma Goldman
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Des combattant-e-s kurdes déchirant le portrait de Bachar al-Assad.
 Au Bakûr [1] comme au Rojava, la lutte continue contre l’oppresseur. Le 20 avril dernier, les combats ont repris entre les forces kurdes et les milices pro-Assad à Qamişlo. Les Unités de protection du peuple (Yekîneyên Parastina Gel; YPG) ont confirmé avoir libéré une prison et plusieurs bâtiments publics. Située sur la frontière avec le Bakûr, en face de Nusaybin, Qamişlo est la capitale du Rojava. Elle abrite des Kurdes, des Assyriens et des Arméniens dont les familles ont fui les persécutions de la Turquie et du régime syrien à travers les décennies. Les forces kurdes contrôlent la ville même si les milices du régime ont encore la main mise sur l’aéroport, la frontière et quelques bâtiments publics. Toutefois, un accord de cessez-le-feu a été déclaré le 22 avril après une rencontre entre les représentants de l’administration autonome démocratique et ceux du régime baasiste.
 Au Bakûr/Turquie, la résistance poursuit sa lutte contre le gouvernement d’Erdogan et ses forces armées. Le 22 avril, trois soldats ont perdu la vie et d’autres ont été blessés après une embuscade contre un convoi militaire turc entre Tunceli et Elazig. L’action a été menée par des membres du Parti des travailleurs du Kurdistan (Partiya Karkerên Kurdistan; PKK). Pendant ce temps, les opérations lancées le 14 mars par les forces militaires turques contre les villes de Şirnex et Nusaybin se poursuivent. Ces dernières sont sous couvre-feu [2]. À Şirnex, malgré les bombardements intensifs de l’armée turque, la résistance auto-organisée continue son combat. Dans les derniers jours, ce sont les quartiers d’İsmetpaşa, Bahçelievler, Cumhuriyet et Yenimahalle‎ qui ont été les plus touchés. Les forces turques ont fait détruire des maisons par des bulldozers et ont mis le feu à plusieurs autres. Selon des résidents, la police et les soldats turcs tentent d’avancer dans le quartier Dicle en mettant le feu à toutes les maisons proches du secteur. Aussi, ils utilisent des drones pour faire de la reconnaissance dans les quartiers avant de passer à l’attaque. 
Lieu où le convoi militaire a été attaqué.
 Toutefois, les forces armées turques ne sont pas capable de briser les militant-e-s kurdes qui en sont aujourd’hui à leur 43ème journée de résistance populaire pour l’autonomie [3]. La nuit dernière, l’armée a procédé à des redéploiements. Des blindés, des excavateurs et des armes lourdes provenant en direction de Cizre ont été transportés à Şirnex. Il faut ajouter à cela une douzaine de véhicules blindés qui ont rejoint le commandement de la 23ème division frontalière de la gendarmerie. Aujourd’hui à Nusaybin, la Coordination générale des Unités de protection civiles (Yekîneyên Parastina Sivîl; YPS) a déclaré que les forces de défense auto-organisées kurdes ont tué 22 membres des forces armées turques et détruits 2 chars d’assaut. Plusieurs autres véhicules turcs ont été endommagés après des combats menés dans le quartier d’Alika.
Les forces armées turques à Nusaybin.
Plus tôt cette semaine, au Kurdistan irakien, des avions de chasse de l’armée turque ont bombardé les camps du Parti des travailleurs du Kurdistan de Sinath, Haftanin et Metina. Face aux agressions menées par le gouvernement turc et ses bras armées (la police, les forces spéciales et l’armée), le PKK a affirmé être prêt à intensifier les combats. Selon Cemil Bayik : « Les Kurdes se défendront jusqu’au bout, et tant que ce sera l’approche de la Turquie, alors bien sûr le PKK intensifiera la guerre ». Pour Erdogan et son gouvernement, qui ont fait voler en éclat les pourparlers après une trêve de deux ans, il y a qu’une seule solution : « arracher le PKK de cette terre, jusqu‘à ce qu’il n’en reste plus la moindre trace ».

[1] Nord Kurdistan, situé en soi-disant « Turquie ».
 

[2] C’est sous le couvert de « couvre-feu » que le gouvernement d’Erdgoan impose la loi martiale aux villes kurdes. Dans le district de Lice au Bakûr, c’est 16 villages qui subissent un couvre-feu depuis le 23 avril dernier après des bombardements intensifs menés par l’armée turc dans cette zone rurale kurde.
 
[3] Les résistantes et résistants s’organisent dans les Unités de protection civiles (Yekîneyên Parastina Sivîl; YPS) et les Unités de protection civiles – femmes (Yekîneyên Parastina Sivîl a Jin; YPS-Jin).
Voici quelques photos de la reconstruction de Kobanê:




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