Avril 29, 2016
Par Rebellyon
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Un texte lu à la Nuit Debout du 27 avril, en réaction au compte rendu de nuit debout s’en prenant aux SDF dans l’agora et publié sur le forum de Nuit Debout le 25 avril, propos expurgés depuis…

Lors de la réunion de dimanche, des camarades ont dit des choses qui ont beaucoup touché et choqué. Je cite : « On est pas là pour faire du social », « nuit debout n’est pas une soupe populaire », « les marginaux (les gens comme eux) peuvent venir ici comme monsieur tout le monde » et j’en passe. C’est donc suite à ces informations ignobles à l’encontre de nos frères et sœurs de lutte que je m’exprime ce soir et réponds par la même occasion aux diminués mentaux qui ont proféré ces agressions verbales.

Sachez qu’à partir du moment où on construit une société, on fait du social. Peu importe la mesure à laquelle on l’applique et lorsque l’on se sort l’œil du nombril et d’une société individualiste, on voit la vraie vie, la réalité des choses et les problèmes qu’elle comporte. Nous sommes là pour tous nous sortir de la merde et peu importe encore notre niveau d’enlisement. Être à la rue peut arriver à n’importe qui, et c’est trop facile de leur mettre sur le dos les vols, les débordements de minuit à sept heures ou le fait qu’on avance pas.

Je réponds à ça que la méchanceté, l’agressivité, la haine, l’alcool ou la drogue touchent des personnes et non un groupe. Je peux être bien habillée, propre sur moi comme une poupée et tous vous la mettre à l’envers. Quand on s’ouvre au monde, on fait rentrer le bon et le mauvais, on ne va pas se mettre à trier les personnes selon leur mode de vie. Rejeter la faute sur un autre est un mode de faiblesse, or nous sommes un mouvement fort et solidaire.

Si on n’avance pas c’est parce que nous tournons en rond et qu’on “blablate” beaucoup, et non parce que il y a deux-trois personnes qui partent en vrille pendant la nuit. Que ceux qui se retrouvent à dire des paroles aussi méchantes se retrouvent à la rue histoire de voir comment ils tournent parce que les SDF ont énormément de mérite. De plus, il y en a qui restent toute la nuit à aider pendant que d’autres sont au chaud dans leur plumard. Ils ont déplacé le matos à pied, seuls, car personne ne les a aidés et on ose en plus faire des remarques lorsqu’ils installent leurs tentes alors que ça aurait dû être à nous de leur proposer de le faire en plus de ramener des couvertures car nous sommes, je le rappelle, un mouvement populaire et solidaire.

Il a été aussi proposé d’appeler des travailleurs sociaux pour gérer ces choses là mais ceci n’est ni plus ni moins qu’une fausse solution. Vous croyez premièrement qu’ils vont se laisser comme des cas de la sorte sans rien dire et deuxièmement que ça va changer quelque chose. Les travailleurs sociaux sont moins capables que nous de gérer ça car si une personne ne veut rien entendre, même si son ami lui parle, ce ne sera pas une tierce personne qui pourra faire quelque chose. Ils vous conseilleront tout simplement d’appeler l’hôpital psychiatrique dans lequel ils seront shootés aux anxiolytiques et aux somnifères et pour les plus agités, on les attache au lit sans les écouter, ce qui est minable.

Nous sommes tellement habitués de ce système que nous le recréons sans nous en rendre compte. Brisons nos chaînes et nos barrières mentales, prenons les choses d’un tout nouvel angle, oublions tous les mensonges qui nous ont sali le cerveau et le cœur et construisons ensemble une société, une vie nouvelle. Allez parler à ceux qui paraissent trop différents de vous, faites ce que vous n’avez pas l’habitude de faire avec de nouvelles personnes car c’est le seul moyen de lutter contre les préjugés stupides de notre société actuelle, d’évoluer mentalement et de gagner en sagesse et bienveillance. N’oublions pas notre véritable ennemi, un petit groupe n’a pas à se permettre de prendre des décisions qui, qui plus est, engagent tout le mouvement. Réglons nos problèmes internes ensemble, cessons les divisions inutiles car dans ce combat. L’union fera notre force.

Y. un être humain égal à ses semblables.

extrait du CR original




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